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Pénurie de familles d'accueil en Flandre

Il y a pourtant de plus en plus de familles d’accueil en Flandre, mais la demande augmente plus vite que l’offre. Le secteur s’inquiète et publie un mémorandum.

24-04-2009 Alter Échos n° 271

Il y a pourtant de plus en plus de familles d’accueil en Flandre, mais la demande augmente plus vite que l’offre, si bien que l’accueil de nombreux enfants ou jeunes pose problème. Lesecteur s’inquiète et publie un mémorandum.

Selon la plate-forme Pleegzorg Vlaanderen, le nombre de familles d’accueil en Flandre est passé de 1 521 à 1 702 entre 1998 et 2007, soit une augmentation de 11 %mais dans le même temps, le nombre de dossiers à traiter est passé de 2 424 à 2 953 (+ 22 %). De plus en plus de jeunes ou d’enfants en situation dedétresse ne trouvent donc plus de famille pour les accueillir. Et les perspectives ne sont pas bonnes. Ainsi, sur les 118 demandes reçues au premier trimestre 2009 en Flandre orientalepar Jeugdzorg in Gezin, l’une des principales structures flamandes du secteur, seules 5 avaient pu être satisfaites début avril. « Pour 68 d’entre elles, nous savionsd’entrée de jeu que n’aurions pas de famille à proposer, du fait de l’âge du jeune, du nombre de ses frères et sœurs ou de la zone géographiquesouhaitée », ajoute le responsable d’équipe local, Helmut De Graeve.

Exemple : le cas de Zoé (prénom d’emprunt). Dès sa naissance, les services de néonatalogie de l’hôpital où elle est née se sont renduscompte qu’il y avait de gros problèmes avec les parents. Tous deux ont de fortes dépendances aux drogues dures et, après un incident à l’hôpitalmême, un juge de la Jeunesse a pris le dossier en main. Il a décidé de placer l’enfant dans une institution, une sorte de crèche qui fonctionne 24 heures sur 24. Lamère a immédiatement accepté d’entreprendre une cure de désintoxication et rend visite toutes les semaines à sa fille. Vu l’évolution positive dela situation, le juge souhaiterait trouver une famille qui accepte de laisser progressivement la mère reprendre de plus en plus son enfant mais cela s’avère impossible : aucunefamille ne semble prête à s’occuper d’un enfant de moins d’un an. Autre cas, celui de Shana, 10 ans. Sa mère ne se remet pas de son divorce. Elle est en pleinedépression et les disputes avec sa fille prennent un tour de plus en plus violent. Mais la seule famille d’accueil – en fait, une mère élevant seule ses enfants– qui avait accepté d’accueillir Shana a finalement renoncé, les problèmes d’agressivité entre Shana et sa mère étant trop lourds àsupporter.

Trop lourd

Selon Helmut De Graeve, la situation est partout comparable « parce que d’une part, les institutions résidentielles sont plus que saturées et que, d’autre part, de plus en plusde gens sont convaincus que l’accueil dans une famille apporte aux enfants des solutions qu’ils ne trouveront pas en institution. »
Mais si ce constat lui semble vrai en théorie, il estime également qu’il est de plus en plus difficile de trouver des familles d’accueil adaptées aux besoins des enfants :« Dans notre société, il est de plus en plus difficile de combiner travail et vie de famille et ceci vaut également pour les familles d’accueil. Dans la plupart desfamilles d’accueil potentielles, les deux conjoints travaillent. Or les enfants du juge traînent tous un lourd bagage et, comme parent accueillant, cela requiert encore un investissementsupplémentaire. Il faut adapter les besoins de l’enfant à la capacité de famille d’accueil, un exercice d’équilibre très délicat », ajoute-t-il.

Parfois, il est important que la famille d’accueil habite à proximité immédiate des parents pour garder un contact étroit. Enfin, les tout jeunes enfants – demoins de trois ans – trouvent difficilement une famille. « Dans ces cas-là, il vaut mieux que l’un des deux accueillants reste au foyer », estime M. De Graeve. « Pourun enfant de cet âge dans une situation difficile, il n’est pas bon d’encore devoir aller à la crèche ou chez une gardienne », ajoute-t-il. C’est aussi en partie pour cesraisons que, de plus en plus souvent, des solutions d’accueil sont cherchées au sein de la famille de l’enfant ou dans le réseau de relations de celle-ci : cet accueil « deréseau » concerne plus de la moitié des cas.

Mais cette évolution-là n’est pas suffisante pour empêcher le secteur de s’inquiéter, et celui-ci publie ces jours-ci un mémorandum à l’attention dufutur gouvernement flamand. Le texte comporte dix points : meilleur arbitrage entre les différentes administrations affectant le secteur (certaines régionales et d’autresfédérales, en matière de psychiatrie résidentielle, par exemple) avec création d’une structure permanente de collaboration ; développement du conceptd’accueil, y compris pour d’autres populations (les plus âgés, les personnes souffrant de troubles psychiques) ; instauration de systèmes de crédit-temps pour inciter lesmoins de 40 ans (jusqu’ici peu représentés) à se proposer comme familles d’accueil…

D’après De Morgen et De Standaard

Pierre Gilissen

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