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Regard critique · Justice sociale

Migrations

Mena : la course contre le temps

Dès leur arrivée sur le territoire, les mineurs étrangers non accompagnés ont droit à un accueil et un accompagnement adaptés à leur jeune âge. Une fois la majorité atteinte, cette protection de l’enfance s’interrompt. Une rupture abrupte qui influe sur tous les domaines de la vie de ces jeunes particulièrement vulnérables.

© Bertrand Dubois

En 2021, 4.881 personnes déclarant être mineurs étrangers non accompagnés ont été signalées au service des tutelles, chargé de les identifier et d’enclencher leur prise en charge. Des garçons dans leur immense majorité (92%). Des Afghans pour la plupart (2.468), mais aussi des Marocains, des Algériens, des Érythréens, des Somaliens ou encore des Syriens, pour ne citer que les nationalités les plus représentées1. Pour ces jeunes, fragilisés par un vécu ponctué de guerres, de violences familiales ou des errances d’une vie en rue, puis par de longs parcours d’exil, souffler ses dix-huit bougies n’a rien de bien réjouissant. Ces petits adultes avant l’heure – on les dit souvent «fragiles» et «vulnérables» mais aussi «résilients» et «responsables» – ne sont pas forcément prêts, passé le cap des 18 ans, à être traités comme des adultes autonomes. Droit de séjour: «Le temps n’est jamais suffisant» Pour les Mena, le passage à la majorité est synonyme de multiples ruptures (lire aussi dans ce dossier: «Ce passage d’un monde à l’autre peut être très abrupt, mal vécu»). En matière de procédures pour un droit de séjour tout d’abord. Les raisons en sont multiples. Primo, le jeune bénéficie jusqu’à sa majorité d’une attention particulière, son dossier étant traité par un agent spécialisé. Secundo, un jeune qui a été reconnu réfugié et qui souhaite faire venir ses parents via une procédure de...

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En 2021, 4.881 personnes déclarant être mineurs étrangers non accompagnés ont été signalées au service des tutelles, chargé de les identifier et d’enclencher leur prise en charge. Des garçons dans leur immense majorité (92%). Des Afghans pour la plupart (2.468), mais aussi des Marocains, des Algériens, des Érythréens, des Somaliens ou encore des Syriens, pour ne citer que les nationalités les plus représentées1. Pour ces jeunes, fragilisés par un vécu ponctué de guerres, de violences familiales ou des errances d’une vie en rue, puis par de longs parcours d’exil, souffler ses dix-huit bougies n’a rien de bien réjouissant. Ces petits adultes avant l’heure – on les dit souvent «fragiles» et «vulnérables» mais aussi «résilients» et «responsables» – ne sont pas forcément prêts, passé le cap des 18 ans, à être traités comme des adultes autonomes. Droit de séjour: «Le temps n’est jamais suffisant» Pour les Mena, le passage à la majorité est synonyme de multiples ruptures (lire aussi dans ce dossier: «Ce passage d’un monde à l’autre peut être très abrupt, mal vécu»). En matière de procédures pour un droit de séjour tout d’abord. Les raisons en sont multiples. Primo, le jeune bénéficie jusqu’à sa majorité d’une attention particulière, son dossier étant traité par un agent spécialisé. Secundo, un jeune qui a été reconnu réfugié et qui souhaite faire venir ses parents via une procédure de...

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Marinette Mormont

Marinette Mormont

Journaliste (social, santé, logement)

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