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Les supermarchés Bioplanet se sont ouverts à l’économie sociale

Y a-t-il un marché pour les produits biologiques issus de l’économie sociale ? Les supermarchés Bioplanet1 du groupe Colruyt en ont en tout cas fait le paripuisqu’ils proposent parmi leurs produits des produits alimentaires fabriqués par des entreprises dont les travailleurs présentent un léger handicap ou sontdéfavorisés sur le marché du travail en raison de leur faible scolarisation.

24-03-2006 Alter Échos n° 205

Y a-t-il un marché pour les produits biologiques issus de l’économie sociale ? Les supermarchés Bioplanet1 du groupe Colruyt en ont en tout cas fait le paripuisqu’ils proposent parmi leurs produits des produits alimentaires fabriqués par des entreprises dont les travailleurs présentent un léger handicap ou sontdéfavorisés sur le marché du travail en raison de leur faible scolarisation.

Manger sain et consommer “social”, la combinaison semble idéale mais sa concrétisation n’est pas toujours aisée, en raison notamment des particularités propres ausecteur de l’économie sociale. Travailler avec des personnes fragilisées signifie souvent ne pas pouvoir soutenir les mêmes rythmes de production que dansl’économie traditionnelle. ” La demande existe, souligne Tony De Bock, responsable de la chaîne de supermarchés biologiques, et connaît un boom depuis 2004 mais nousdevons pouvoir compter sur un certain volume de marchandises livrables toute l’année. Il nous est parfois arrivé d’être freinés par des limitationsd’ordre logistique. Cela nous a même, dans des rares cas, conduits à devoir suspendre l’une ou l’autre collaboration. Mais dans l’ensemble, il faut tout demême souligner que notre entreprise peut plus facilement s’adapter à cette réalité que d’autres chaînes de supermarchés qui ont besoin de grandesquantités de produits. “

Sans parler que ces marchandises doivent être biologiques. Autant de conditions difficiles à réunir. ” Le secteur propose relativement peu de produits alimentaires, remarqueTony De Bock, mais propose plutôt des services comme l’entretien des jardins par exemple ou la vente de meubles. Autre problème auquel nous sommes confrontés : nos produitsdoivent porter un code barre, faute de quoi ils ne pourront pas être commercialisés. ” Cette exigence a notamment conduit l’équipe de Bioplanet à accompagner sous laforme de conseils leurs fournisseurs de l’économie sociale.

Au rang des aliments biologiques issus de l’économie sociale (surtout flamande), Bioplanet propose principalement des pizzas, des quiches et des légumes frais. Pourtantmême avec la meilleure volonté du monde, le consommateur serait bien en peine de repérer ces produits dans les rayons ou sur le site internet de Bioplanet. Aucune étiquettespécifique ni de rayonnage particulier. ” Nous envisageons dans le courant de cette année d’améliorer la visibilité de ces produits, précise Tony De Bock.Nous démarrerons tout d’abord par une information générale sur le secteur à destination de nos clients, ensuite nous afficherons les liens internet de nosfournisseurs et réfléchirons à un étiquetage spécifique “.

De Brabander : fournisseur de Bioplanet

Créée en 1988, la ferme De Brabander2 s’est lancée dans l’économie sociale en travaillant dans un premier temps avec des personneslégèrement handicapées. À la demande du CPAS, l’entreprise a rapidement élargi son approche aux personnes faiblement scolarisées, aux chômeurs delongue durée, aux minimexés ou aux personnes invalides. Aujourd’hui, la ferme livre ses quiches, tartes et pizzas à Bioplanet.

Responsable de la boulangerie, Riet Benoit explique que les exigences sont élevées. ” Nous livrons nos produits chaque semaine mais le volume varie selon les commandes que nous faitparvenir Bioplanet. Nos tartes et pizzas doivent conserver leur fraîcheur pendant trois semaines. Nous avons donc décidé de recourir aux emballages sous vide. Mais dansl’ensemble, nous sommes contents de cette collaboration. Une évaluation récente a montré que Bioplanet était également satisfait de nos produits. On envisagedonc très bientôt d’inclure dans notre offre nos pâtisseries. “

L’adaptation n’a pas été facile et a nécessité des investissements spécifiques. De Brabander a notamment dû créer des étiquettesspéciales pour Bioplanet qui devaient être bilingues, mentionner les critères biologiques ainsi que les codes barres. Les emballages ont également dû êtrerevus. ” Mais cela en valait le coup, affirme Riet Benoit. Il est vrai que la culture biologique est très exigeante et que notre marge de profit est donc moindre qu’avec des produitstraditionnels. Mais nos travailleurs sont fiers de savoir que leur production trouve des débouchés sur le marché traditionnel. Et ça, ça n’a pas de prix. ” Laferme De Brabander procède d’ailleurs pour l’instant à l’installation d’une boulangerie entièrement biologique.

Officiellement reconnue comme lieu de travail social par les pouvoirs publics flamands dont elle reçoit ses subsides, De Brabander fait l’objet de contrôles réguliersplusieurs fois par an afin de garder son statut d’entreprise à vocation sociale mais également de structure répondant aux normes biologiques. L’expérience decette collaboration entre Bioplanet et De Brabander démontre que s’il y a un marché pour l’alimentation biologique issue de l’économie sociale et plus largementpour les produits de ce secteur, il sera le résultat d’un dialogue concret permettant des passerelles entre les deux mondes.

1. Les supermarchés Bioplanet sont aujourd’hui au nombre de 3 en Belgique (tous en Flandre) – tél : 02/363 52 52 –help.bio-planet@bio-planet.be

2. Boerderij De Brabander, Leedse Vroente 6 à 3472 Kersbeek – Miskom – tél. : 016 77 14 80 – fax : 01648 74 46 – contact : Gard Bemelmans, coordinateur – courriel : info@boerderijdebrabander.be

nathalieD

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