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Les pistes de Philippeville pour reloger ses résidents permanents en camping

À Philippeville, l’administration communale a décidé de prendre sérieusement en mains la problématique des résidents permanents en camping. Elle necompte pas d’équipements touristiques en zones inondables, mais deux campings sont concernés par la phase1 du plan HP (Habitat permanent) : le camping de La Forêt (àNeuville) et celui du Moulin (à Romedenne). Ils hébergent 17 résidents permanents répartis dans 11 ménages. Pour la phase 2, trois domaines sont visés : lebois de Roly, la forêt à Neuville et les Valisettes. Près de 680 personnes y vivent, mais tous ne sont pas précarisés. Il y a aussi des pensionnés et desrevenus moyens.

27-07-2005 Alter Échos n° 154

À Philippeville, l’administration communale a décidé de prendre sérieusement en mains la problématique des résidents permanents en camping. Elle necompte pas d’équipements touristiques en zones inondables, mais deux campings sont concernés par la phase1 du plan HP (Habitat permanent) : le camping de La Forêt (àNeuville) et celui du Moulin (à Romedenne). Ils hébergent 17 résidents permanents répartis dans 11 ménages. Pour la phase 2, trois domaines sont visés : lebois de Roly, la forêt à Neuville et les Valisettes. Près de 680 personnes y vivent, mais tous ne sont pas précarisés. Il y a aussi des pensionnés et desrevenus moyens.

Philippeville a décidé de mettre l’accent sur la concertation des habitants dans le cadre du plan HP. Cette action est menée en partenariat avec l’asblSolidarités nouvelles1, qui apprécie l’attitude de la commune. Les membres du Service urbanisme de la commune s’impliquent également dans cette phase de concertation.« Nous avons assisté à une formation donnée par RTA (Réalisation-Téléformation-Animation)2 à cette fin, explique Ann Hancart, du Serviceurbanisme3. Deux autres formations sont prévues en décembre. Avant l’été, nous avions déjà invité les habitants des campings pour discuter duplan HP. Sur 17 personnes, seules 2 sont venues. Les autres ont peur d’être expulsées, elles n’ont donc pas répondu à l’invitation. Pourtant, cen’est pas la volonté de la commune d’expulser. »

La commune travaille effectivement à préparer le relogement des personnes. Mais il y a une véritable pénurie de logements dans l’entité et la pressionimmobilière est très forte, en particulier dans le centre-ville. Philippeville s’est donc lancé dans la construction de logements. « Nous avons décidéde créer douze logements sociaux – actuellement presque terminés –, qui seront en partie destinés aux résidents en camping, déclare notreinterlocutrice. Dans la partie arrière de l’école de Surice, il est également prévu de créer cinq logements pour des familles nombreuses et des isolés,en partenariat avec le Fonds du logement. » Parallèlement, la commune doit veiller à éviter que d’autres personnes ne s’installent dans les caravanes vides.« Le bourgmestre est toujours tenu de domicilier les gens, rappelle Ann Hancart. Il n’a pas le pouvoir de refuser. Aussi, dès qu’on apprend qu’une caravane est vide. Unarrêté est pris pour la déclaré inhabitable en tant que résidence principale. Depuis septembre-octobre, une vingtaine d’arrêtés ontété pris. »

Peut-on reconvertir tous les domaines ?

Concernant les domaines, le dossier s’annonce plus complexe. Des permis de lotir ont été délivrés dans les années 80, en demandant de respecter desprescriptions urbanistiques de 60 m2 au sol. Or, dans la réalité, certaines maisons s’étendent sur une superficie de 150 m2 au sol. « Il y a de tout, nous dit-on auService urbanisme. Des grandes maisons, des annexes, des caravanes. Mais, ici, les habitants sont propriétaires de leurs parcelles et refusent de partir. Actuellement, nous avons comme projetde créer de l’habitat-bois, des chalets, pour reloger les gens vivant dans des caravanes ou des annexes, mais il n’y a encore rien de concret. Il est, en tout cas, impossible derevenir en arrière. » La commune envisage dès lors une modification du plan de secteur de ces zones de loisirs en zones d’habitat. La DGATLP n’est pas trèschaude, car elle estime que ces domaines sont trop décentrés. De plus, cette opération engendrerait un coût important pour Philippeville. « Si les domaines deviennentdes zones d’habitat, les voiries – actuellement en terre battue – reviendront alors à charge de la commune, qui devra les aménager. Idem pour la créationd’un réseau d’égouts », conclut Ann Hancart.

L’intervention provinciale

Pour mener à bien le plan HP, Philippeville, comme toutes les autres communes namuroises, peut compter sur une intervention de la Province de Namur4. Cette aide financière fonctionnesuivant le principe de 1 franc investi par la commune donne droit à 1 franc de la Province. « La contribution du fonds provincial est plafonnée à 250.000 euros par projetet par triennat couvert par le fonds », précise le règlement provincial.

Le projet devra viser à :
> inciter les acteurs du logement à accueillir prioritairement des résidents permanents ;

> aménager localement les aménagements touristiques touchés par l’habitat permanent afin de leur rendre leur vocation première ;

> favoriser un accès normal des services environnants des zones de loisirs aux résidents permanents ;

> garantir aux services de secours la bonne accessibilité aux campings et parcs résidentiels ;

> doter ces mêmes lieux « d’infrastructures socio-sanitaires autorisant leurs occupants permanents à mener une vie conforme à la dignité humaine».

1. Solidarités nouvelles, rue Léopold 36A à 6000 Charleroi, tél. : 071/30 36 77.

2. RTA, rue Rélis Namurwès 1 à 5000 Namur,
tél. : 081/74 67 48, e-mail : info@rta.be, http://www.rtb.be.
3. Service urbanisme – administration communale de Philippeville, pl. d’Armes 12 à 5600 Philippeville,
tél. : 071/66 00 67, fax : 071/66 94 57,
site : http://www.philippeville.be.
4. Service d’études et de documentation sociales (SEDS), Palais provincial, pl. Saint Aubain 2 à 5000 Namur, tél. : tél. : 081/72 95 22.

Baudouin Massart

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