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"Les nouvelles orientations de la Fondation Roi Baudouin"

18-03-2002 Alter Échos n° 116

En 1974, dans le cadre de la préparation des festivités liées au 25e anniversaire de son accession au trône, le roi Baudouin a souhaité la créationd’une fondation chargée d’améliorer les conditions de vie de la population. Présentée officiellement en mars 1976, cornaquée par André Molitor etMichel Didisheim1, la Fondation Roi Baudouin2 a développé en 28 années d’existence, une multitude de programmes et d’axes d’activités. Trèsschématiquement, elle a concentré son activité sur la création de fonds autonomes3, le patrimoine – de l’opération Villages 80 à l’achatd’œuvres d’art ou, plus récemment encore, la prise en charge du Musée de la Dynastie –, et l’action sociale (le Rapport sur la pauvreté, en1995).
À côté d’interventions sur le territoire belge (financements de recherches, bourses, appels à projets, colloques etc.), la Fondation a également menédes programmes sur le plan international. Dès 1980, par le Prix international Roi Baudouin, mais de façon plus systématique à partir de 1995, par des programmesd’échange et d’intervention dans les pays de l’Est.
D’un point de vue financier, la Fondation connaît essentiellement trois sources de financement : les revenus de son capital (7.932.000 euros), la dotation par la Loterie Nationale(12.250.000 euros par an) et la gestion des fonds (3.346.562 euros). Son staff compte plus ou moins 70 équivalents temps plein (5.700.000 euros de masse salariale). Ce qui donne une marge demanœuvre de 15 millions d’euros pour les programmes4.
Institutionnellement, on peut dire que pendant une vingtaine d’années, la Fondation a épousé l’évolution de la Belgique, en aménageant un organigrammeet un programme d’activités lisibles tant par l’Etat fédéral que par les autorités fédérées (communautés française etflamande)5.
Une “Fondation européenne située en Belgique”
Depuis deux ans, la FRB préparait de manière intensive ses orientations stratégiques pour les années 2002-2005 : deux missions de consultance, “grands” entretiens avec destémoins privilégiés, implication du Conseil d’administration et de l’ensemble du personnel. En définitive, il semblerait que le “patron” (Luc Tayart de Borms)ait tranché tout seul pour un recentrage à l’extrême de l’ensemble des activités :
> Justice sociale : accès au travail, mobilité, accès à la justice, santé, protection contre la criminalité, sécurité du milieu de vie,etc. ;
> Société civile : professionnalisation du secteur associatif, développement du “capital social”, promotion de la participation citoyenne au développement local,pluralisme culturel,
> Gouvernance globale : deux thématiques privilégiées, à savoir l’essor des sciences et de la technologie et la recherche du développement durable dans lesdomaines de la production et de la consommation ;
> ‚hilanthropie et fonds : la recherche de fonds acquiert ses lettres de noblesse et devient donc le quatrième pilier de la maison.
A priori, qu’est-ce qui différencie ce plan quadriennal des 5 ou 6 qui l’ont précédé ? En termes de thématiques, si l’on note la disparition dupatrimoine, de la justice et de l’environnement, ce qui est remarquable, c’est la révolution quelque peu copernicienne de l’approche institutionnelle belge à laquellela Fondation semblait viscéralement liée6. Alors que les plans précédents (en particulier depuis la moitié des années 80) s’organisaient autour desentités fédérées et des compétences y attachées, les trois programmes “thématiques” s’efforceront désormais d’intégrer defront les dimensions locale, régionale, fédérale et (surtout) européenne. Tout en réaffirmant vouloir répondre à de nouveaux besoins structurels ouurgents dans la société, la FRB veut se positionner comme une “Fondation européenne située en Belgique” et profiter de la situation stratégique de Bruxelles, de sonexpérience dans les dynamiques pluri-culturelles et de l’entregent de Tayart de Borms au sein de l’European Foundation Center7.
1 André Molitor, Président de la FRB de 1978 à 1986, est l’ancien chef de cabinet de Baudouin Ier. Michel Didisheim (ancien chef de Cabinet du prince Albert) aété successivement administrateur délégué (1976-1995), puis Président de la Fondation (1996-1999). En 1996, Luc Tayart de Borms est devenuadministrateur-délégué et depuis 1999, Herman Vanden Berghe (KUL) en assure la présidence.
2 Fondation Roi Baudouin, rue Bréderode 21 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 511 18 40, fax : 02 511 52 21. e-mail : info@kbs-frb.be, site web : http://www.kbs-frb.be
3 Cette activité a commencé en 1984 par un premier legs (Anne Rutten) puis un premier fonds (Fonds Prince Albert pour les jeunes entrepreneurs). Aujourd’hui, la FRB gèreune soixantaine de fonds. En lien avec la famille royale (Philippe, Mathilde…) ou avec des entreprises (La Wartoise, La Poste, Cera…).
4 Après quelques années d’utilisation intensive des capitaux propres, la Fondation a changé de cap en n’affectant plus que 5 % des revenus de son capital à laréalisation de l’objet social, en insistant fortement auprès du gouvernement pour être solidement dotée par la Loterie Nationale… au détrimentd’autres opérateurs.
5 De même, la Région bruxelloise a toujours été le parent pauvre de la rue Bréderode, y trouvant rarement une place véritable. En 28 ans, l’action laplus remarquée aura été le soutien de la FRB au “Tracé royal”, autrement dit l’amélioration du chemin maison-bureau de nos souverains et de ses abords.
6 L’équilibre linguistique dans le comité de direction reste tout de même conservé. Dans l’ordre énoncé des programmes, nous trouveronsdésormais au pilotage Françoise Pissart, Guido Knops, Gerrit Rauws et Dominique Allard
7 EFC, rue de la Concorde 51 à 1050 Bruxelles, tél. : 02 512. 89 38, fax : 02 512 32 65, site web : http://www.efc.be

Agence Alter

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