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Les migrants âgés ont des projets d'avenir

Les grandes lignes d’un colloque sur les migrants âgés.

03-04-2011 Alter Échos n° 313

L’asbl Convivial1 et l’Agence Alter ont organisé un colloque intitulé « Migrant(e)s âgé(e)s  : bien vieillir et mourir ici ».Où l’on constate que, si peu de choses ont été anticipées pour ces populations, diverses initiatives locales bourgeonnent çà et là.

Deux comédiennes dos à dos, liées l’une à l’autre, tentent d’illustrer le grand écart entre des générations de migrants. Les anciens,taiseux, qui sont nés là-bas et vieillissent ici, se sentent encore « invités » en Belgique, pas vraiment chez eux. Les plus jeunes, nés ici, plusvindicatifs, désirent s’affirmer.

La première comédienne scande, l’air grave, « moi je suis les racines ». Sa comparse, très agitée, lui rétorque, du tac au tac,« les racines je les ai bouffées en salade ». Rires dans la salle qui accueille avec bienveillance cette troupe d’improvisation. Malgré une prestation un brinconvenue et premier degré de la troupe « Sapristi », le théâtre permet d’ouvrir les vannes. Le public, composé de travailleursspécialisés dans l’accompagnement des étrangers ou des personnes âgées, alimente l’improvisation et propose des thèmes qui seront au cœur desdébats de la journée. Une spectatrice, visiblement émue, évoque aux acteurs ce travail souterrain des associations, dont on connaît peu l’œuvre quotidienneauprès des personnes âgées migrantes. Inspirée, elle les compare à des taupes, qui travaillent à l’abri des regards, et qui « aèrent laterre ». L’audience approuve. Il faut faire connaître ce travail, le sortir de l’ombre. Et, au-delà, faire connaître les problématiques propres aux personnesâgées issues de l’immigration.

Car tel était bien le thème du colloque organisé par Convivial et l’Agence Alter le 22 mars dernier et dont l’intitulé exact était « Migrant(e)sâgé(e)s  : bien vieillir et mourir ici ». Pendant une journée, les participants se sont attelés à décrire les difficultés que rencontrece public mais aussi à échanger des pratiques, à recenser des pistes de solution.

Des problématiques propres aux migrants âgés

Vieillir et migrer ne sont pas des pathologies. Plusieurs intervenants ont mis en garde contre une problématisation excessive de ces deux phénomènes. Ce sont bien lesconditions sociales du vieillissement ou de l’immigration qui peuvent poser problème. Il s’agit donc de bien identifier ces conditions et de distinguer les enjeux qui concernent toutes lespersonnes âgées de ceux propres aux migrants, même s’ils sont intimement liés.

L’étiquette « migrants âgés » couvre des réalités très différentes. Le migrant italien venu dans les années soixantepour travailler, traverse la vieillesse par d’autres chemins que le réfugié qui a fui la guerre et dont les enfants sont éparpillés de par le monde. Sylvie Carbonelle,socio-anthropologue à l’Université Libre de Bruxelles a synthétisé en quelques mots les propos de la journée. De ce colloque, elle retient notamment ce clivageentre ceux qui ont subi l’exil et ceux qui l’ont choisi. La façon de vieillir en Belgique – et de rêver le retour – étant fortement liée à cedistinguo.

Pour les réfugiés, on constate un cumul de difficultés. Enfants aux quatre coins du monde, traumatismes subis dans le pays d’origine qui accélèrent lavieillesse, qui dégradent la condition mentale et physique. Quant à l’impossibilité de rentrer, liée à la perspective de funérailles en Belgique, elle estparfois difficile à accepter. Cet ensemble de facteurs peut générer des troubles, des dépressions. Pour ces réfugiés, peut-être plus encore que pourd’autres migrants âgés, la solitude et l’isolement sont des cercles vicieux difficiles à rompre.

Les personnes âgées qui ont l’opportunité de rentrer dans leur pays d’origine sont confrontées à des vicissitudes différentes. Certes, techniquement, illeur est possible de rentrer au pays pour y vieillir. Mais leurs enfants sont installés en Belgique et ont parfois construit une famille, ils sont donc « retenus » ici.Nathalie Thomas, du service de santé mentale « Méridien », qui anime des groupes de parole de personnes âgées immigrées, évoque cesanciens qui n’hésitent pas à faire des allers-retours entre la Belgique et leur pays d’origine. Cette possibilité permet de mieux négocier sa vieillesse.

Les maisons de repos  : entre la peur et l’espoir

Les maisons de repos. La crainte de la relégation. La fin de vie. Des thèmes qui ont traversé les ateliers du colloque. Selon Dominique Decoux, présidente du CPAS deSchaerbeek, « Pour toute personne âgée, l’entrée en maison de repos est une sorte d’exil, mais encore plus pour les personnes issues de l’immigration. Dès lors,comment profiter de l’arrivée des migrants pour questionner les maisons de repos en général  ? »

Marie-Pierre Delcourt dirige le service Infor-homes2 – information et orientation des personnes âgées quant à leur lieu de vie. Elle estime qu’il estnécessaire « de sortir de la tendance à diaboliser les institutions et angéliser le domicile. »

Les maisons de repos ne sont pas assaillies de demandes de personnes âgées immigrées. Manque d’information, solidarité familiale, peur ou manque d’argent font partie deshypothèses qui peuvent expliquer cette faible présence.

Des pistes sont proposées. Une meilleure transition entre services d’aide à domicile des CPAS et maisons de repos. La diffusion d’une information plus précise etdétaillée sur les institutions existantes.

Thierry Verhelst, consultant en relations interculturelles rappelle sur quels thèmes les différences culturelles se jouent  : la nourriture, l’hygiène, l’accompagnementà la mort, la religion et même les odeurs en cuisine. Ces différences sont plus difficiles à gérer en maison de repos qu’à domicile. Selon lui, des solutionsexistent  : la solidarité interne (entre les personnes âgées dans les maisons de repos), les aménagements de codes culturels (qui finalement ne sont pas légion,les points communs entre personnes âgées sont plus nombreux que les différences), l’investissement dans de petites structures qui facilitent la connaissance de l’autre, lapromotion d’un personnel multiculturel.

« Pas grand-chose de prévu pour ces populations vieillissantes »

Les participants au colloque sont tombés d’accord sur un constat  : peu de choses ont &eacu
te;té prévues pour ces populations vieillissantes et discrètes. Dans lesservices aux personnes âgées, qu’il s’agisse de l’aide à domicile, de l’hébergement ou des centres de santé mentale, on compte bien peu d’initiatives.

La première difficulté à laquelle ces « vieux » doivent se coltiner, c’est la langue. Malgré des années passées en Belgique, lavieillesse a souvent pour effet de leur faire perdre leur latin, ou plutôt leur français, au profit de la langue maternelle. La solitude n’en est que plus accrue. Puis il y a le respectdes rites, de la nourriture, des relations particulières au corps, toutes ces petites choses essentielles trop peu prises en compte.

Enfin, ceux qui ont la chance d’avoir une famille à leurs côtés ne sont pas épargnés par les tiraillements internes. Les générations se confrontentet l’aïeul se demande comment retrouver cette dignité perdue, cette place de « sage », comment transmettre une mémoire, des valeurs à despetits-enfants qui « tirent » vers la société d’accueil.

Les personnes âgées immigrées réinterrogent le rapport de notre société aux personnes âgées en général. « Ladépression, la solitude, la difficulté à communiquer, les enfants éparpillés sont des problèmes que l’on retrouve chez les personnes âgées dechez nous mais sous d’autres formes. » « Il faut profiter des atouts de l’immigration pour imaginer de nouvelles formes de prise en charge de la vieillesse enBelgique », furent des opinions régulièrement entendues dans les travées de la salle de spectacle de l’abbaye de Forest.

Logements, lieux de vie (atelier 2)

Face à la solitude des migrants âgés, quelles sont les initiatives de logements susceptibles de les accueillir avec toutes leurs spécificités  ?

Des projets tels que Abbeyfield3 ou encore le Jardin du Béguinage pourraient-ils constituer des modèles de référence  ? Projets d’habitatscommunautaires autonomes, ils reposent sur une sélection des participants qui aboutit à une cooptation relativement homogène sur le plan socioculturel. Même si, dans lamaison Abbeyfield de Watermael-Boitsfort, quatre nationalités différentes cohabitent, « il y a aussi des candidats nord-africains qui ne sont pas restés, expliqueXavier Leroy, résident du site etterbeekois. A une candidate qui souhaitait de la nourriture macrobiotique nous avons répondu que ce n’était paspossible… » Gisèle Vandercamen, du Jardin du Béguinage, a quant à elle rédigé un vade-mecum « Habiter à Bruxelles pour lesmigrants » suite à des conseils que sollicitaient d’elle des femmes immigrées  ; mais aucune des huit maisons de la communauté n’accueille à cestade de personne issue de l’immigration.

Si ces deux exemples pourraient théoriquement servir de modèle à des communautés d’habitat homogènes de migrants âgés, pour autantl’interculturalité est-elle d’autant plus improbable qu’on entre dans les grands âges  ? « Dans les structures d’accueil, la nourriture, lareligion et l’hygiène sont les principales différences à prendre en charge, explique Martine de Gerlache de la Maison Biloba (quartier Nord, Schaerbeek). Nous essayons demettre en place un lieu neutre utilisable par toutes les religions, au sein de la future maison Biloba. Nous acceptons aussi les aidants proches toute la journée dans la maison. »Rien d’absolument insurmontable, semble-t-elle dire.

Au risque de paraître paradoxal, des grosses structures semblent plus aptes, si la volonté existe, d’offrir une plus grande variété de services en fonction desaspirations des résidents. Même s’il ne faut pas confondre logement (dont relèvent les initiatives Abbeyfield et Jardin du Béguinage) et maisons de repos et de soinsqui ne s’adressent pas aux mêmes publics, aux mêmes moments de la vie, rappelle Xavier Leroy. « Et si l’enjeu fondamental était de veiller à concevoirdes logements adaptés à tous les âges de la vie plutôt que de multiplier des structures censées répondre chacune à un besoinspécifique  ? », s’est demandé Stéphane Roberti, président du CPAS de Forest. Un défi que semble relever le CPAS de Woluwe-Saint-Lambertà travers le projet Andromède  : une trentaine de résidents en logement communautaire bénéficient d’une diversité de services jusqu’àl’accompagnement de la dépendance, tout en développant un projet de vie le plus autonome possible et inscrit dans la vie du quartier.

Emmanuel De Loeul

Adapter les institutions existantes

La balance entre le général et le particulier, entre l’universel et le culturel était résumée en fin de journée par Thierry Verhelst, consultant enrelations interculturelles qui introduisit sa réflexion par une citation d’Aragon, « Vieillir c’est aborder une terre étrangère ». Il nous rappelait ainsil’universalité de la vieillesse… qui ne doit pas faire oublier les spécificités culturelles. « Si l’on est migrant, la vieillesse, c’est aborder deux terresétrangères », asséna-t-il, avant d’ajouter, « les acteurs de l’innovation sociale sont devant un choix non résolu. Soit on crée desinstitutions spécialisées pour les populations âgées immigrées soit on adapte les institutions existantes. Le danger étant que si l’on insiste trop sur leculturel, on contribue à la ghettoïsation et si on fait trop dans l’universel, alors on verse dans l’ethnocentrisme. »

Créer de nouveaux services ou adapter les services existants, voilà bien une alternative « classique » à laquelle les intervenants du colloque ontsemblé préférer la seconde solution  : intégrer du culturel dans les services.

Une multiplicité d’initiatives… trop peu connues

Premier acte de la prise en compte de ces personnes âgées immigrées  : l’écoute et la reconnaissance. A Convivial, on a monté depuis belle lurette des groupesde parole de mamies et de papis d’Afrique centrale. Sosthène Rukundo se souvient : « Dans nos groupes, on s’intéresse à ces gens et à leur façon devivre. Nous essayons de ne pas être les professeurs. » En toute logique, pour bien manier la parole, faciliter l’expression et l’autonomie, Convivial propose des coursd’alphabétisation à destination des personnes âgées immigrées. Une embellie dans un ciel morne où l’apprentissage de la langue est généralementconditionné à l’insertion socioprofessionnelle.

Dans les groupes de Convivial, ça n’a pas été simple, mais on a parl&
eacute ; de tout, sans tabou, de la mort et des funérailles et même des maisons de repos. Cesdernières ont fait l’objet de visites. De ces groupes, plusieurs réflexions sont nées  : les aînés belges et étrangers partagent cet idéal devieillir chez eux. Mais lorsque les enfants travaillent et qu’ils deviennent dépendants, il faut s’y faire, c’est en maison de repos qu’ils passeront leurs vieux jours. Ils ont doncémis quelques recommandations  : il faut pouvoir prendre la décision d’aller en maison de repos avant d’être placé, l’Etat devrait prendre des mesures pour aiderà choisir et payer la maison de repos. Enfin, il serait intéressant d’adapter les structures à la diversité culturelle et de favoriser l’accueil de plusieurs personnesd’une même culture.

L’écoute est l’une des clés qu’agitent les participants au colloque. Nathalie Thomas, du service de santé mentale Méridien4, qui anime des groupes de paroleà la Maison Biloba, insiste sur l’importance du travail dit « communautaire ». Elle rassemble dans des groupes de parole des personnes au vécu similaire. Lespersonnes âgées peuvent y puiser des solutions. Des rituels collectifs sont imaginés, le groupe devient une « famille symbolique », nous dit Nathalie Thomas.L’idée étant de travailler en réseau en s’appuyant sur les ressources disponibles ici, en Belgique. Dans ce même ordre d’idée, on découvre le projet deservice « Sémaphore » à Namur. Il s’agira d’une clinique interculturelle qui travaillera avec ceux qui ne peuvent retourner. Le travail tournera aussi autour desrites, pour « mourir ici tout en étant soi-même ».

Des services qui tentent de proposer des solutions appropriées au public des personnes âgées migrantes, il en existe. Mais ceux-ci sont trop peu connus. Pour pallier cettesous-information, Corinne Malchair du Centre de documentation et de coordination sociale5, attire notre attention sur l’existence du site« bruxellessocial6 » qui répertorie toutes les associations psycho-médico-sociales.

Certains intervenants veulent construire ces solutions avec les personnes âgées. Cette démarche de « co-construction » permettra au moins de leur offrirun peu de reconnaissance sociale. Sylvie Carbonelle résumait le propos ainsi  : « La question est de pouvoir construire un vivre ensemble et un vieillirensemble. »

Citoyenneté, égalité, immigré (atelier 4)

En matière de lien social, y a-t-il lieu de s’adresser aux migrants âgés de façon spécifique ou les enjeux sont-ils communs aux différents publicsâgés  ?

« L’isolement de nombreux migrants âgés ne leur est pas propre », affirme Marie-Pierre Parsy, de l’asbl Vacances à domicile, jeune projet deséjours intergénérationnels entre adolescents et personnes âgées. La meilleure réponse à cette situation reste la mise en réseau d’unmaillage étroit de services susceptibles de venir en aide aux personnes âgées.

Ce qui serait spécifique relèverait plutôt de certains codes culturels et de la langue. C’est le sens de la démarche initiée à Mons.« Face à la nécessité d’établir un relais avec les migrants âgés et de réaliser un accueil dans leur culture d’abord, expliqueYvonne Simeone du CPAS de Mons, nous réalisons une sensibilisation aux différentes cultures de tous les professionnels en contact avec ces publics. Le personnel d’origineimmigrée est particulièrement demandeur de formations à l’interculturalité  ! » En outre, un projet pilote est en préparation, qui seconcrétisera par une convention entre les maisons médicales et le CPAS de Mons visant à assurer l’interprétariat entre résidents de maisons de repos etprofessionnels.

Autre spécificité  : être la première génération confrontée au vieillissement hors du pays d’origine. « Nous n’avons pasde modèles, nous sommes les premières à faire face à cette situation », ont ainsi constaté des femmes participant à un groupe de parole, au milieudes années 2000, à l’initiative du Service de santé mentale Anaïs, à Saint-Gilles (Bruxelles). Dans la foulée, des travailleurs sociaux ontcréé Seniors sans frontières5 afin d’animer des groupes de parole dans lesquels sont abordés des sujets aussi délicats que, par exemple, le sentimentd’échec social du projet d’immigration pour les enfants.

La nouvelle asbl apporte également une aide juridique et administrative à ces personnes à 98 % analphabètes et vivant pour la plupart de la Grapa7.« En matière d’alphabétisation, ces femmes immigrées âgées constituent un public que ne rencontre pas l’offre existante, explique Rachida ElIdrissi, responsable de Seniors sans frontières  : elles ne sont pas en insertion socioprofessionnelle et ont de grandes difficultés d’apprentissage. » Unedifficulté qui se double la plupart du temps d’une « fracture numérique » qu’un manque d’information et de moyens empêche deréduire.

Finalement, la question de l’égalité d’accès aux droits sociaux élémentaires est renouvelée par la situation des migrants âgésbien plus qu’elle ne serait complétée par une nouvelle question de société.

Emmanuel De Loeul

1 Convivial :
– adresse : rue du charroi, 33-35 à 1190 Bruxelles
– tél.  : 02 503 43 46
– site  : www.convivial.be
– courriel  : info@convivial.be

1. Infor-homes :
– adresse : boulevard Anspach, 59 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 219 56 88
– courriel  : inforhomes@misc.irisnet.be
– site  : www.inforhomes-asbl.be
2. Service de santé mentale « Méridien » :
– adresse : rue du méridien, 68 à 1210 Bruxelles
– tél.  : 02 218 56 08
– courriel  : meridien@apsy.ucl.ac.be
3. Centre de documentation et de coordination sociales :
– adresse : avenue Louise, 183 à 1050 Bruxelles
– tél.  : 02 511 08 00
– courriel  : info@cdcs-cmdc.be
– site  : www.cdcs-cmdc.be
4. www.bruxellessocial.irisnet.be
5. Seniors sans frontières :
– adresse : rue de l’Eglise, 59 à 1060 Bruxelles
– tél.  : 02 544 01 19
– courriel : rachidaelidriss@skynet.be
6. Garantie de revenu pour personnes âgées

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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