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Economie
© Flickrcc Thien

Les mesures d’austérité précarisent les femmes en particulier

8 mars 2016 Marie Jauquet

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour le droit des femmes, le 8 mars, des associations comme Vie Féminine tiennent à rappeler l’importance de l’égalité hommes-femmes, effective en théorie mais pas toujours respectée dans la pratique.

Ce mardi, pour soutenir les femmes du monde entier, des associations seront présentes à Bruxelles pour la Marche mondiale des femmes. Vie Féminine y sera et souligne une réalité parfois peu connue: les mesures d’austérité et donc la diminution des dépenses publiques, décidées par nos gouvernements impactent particulièrement les femmes.

«Toutes les coupes budgétaires dans le domaine social touchent les femmes en majorité. Par exemple, les services publics comme les gardes d’enfants sont en manque d’effectifs. Suite à cela, les femmes sont souvent obligées de mettre de côté leurs carrières afin de s’occuper des enfants pour pallier ce manque de structure. Et le fait de moins travailler, ça a des conséquences importantes sur leur future pension. Les femmes qui n’ont pas su travailler à temps plein, reçoivent une pension plus petite» explique Charlotte Chatelle, de Vie Féminine.

«Parmi les gens qui ont une pension en dessous du seuil de pauvreté, deux tiers sont des femmes» ajoute Ariane Estenne, secrétaire générale adjointe de Vie Féminine.

Outre les services publics et la pension, deux autres domaines sont affectés par les mesures d’austérité et entraînent des conséquences pour les femmes. D’abord le chômage, puisque avec la limitation à trois ans du droit aux allocations d’insertion, 25.040 personnes ont perdu leurs allocations d’insertion sur les premiers mois de l’année 2015 dont 61% sont des femmes. Cette situation s’explique par le fait que les femmes sont davantage concernées par les contrats à temps partiel. Ensuite, on constate que les emplois pour lesquels les conditions de travail sont particulièrement mauvaises sont des secteurs très féminisés. Ariane Estenne cite en exemple les secteurs de la vente et du nettoyage avec les titres-services, entre autres.

Ce que reprochent au gouvernement les associations en faveur de l’égalité hommes-femmes, c’est de ne pas tenir compte de la dimension du genre sur le marché du travail et lors de décisions politiques et économiques, contrairement à ce que lui impose le gender mainstreaming.

Le gender mainstreaming est une loi adoptée par la Belgique en 2007, qui vise à intégrer la considération du genre à tous les niveaux de prise de décision politique en évaluant les différences d’impact que ces décisions peuvent avoir sur les femmes et les hommes. «À chaque fois, on sonne l’alarme mais c’est toujours après que les dirigeants se rendent compte des conséquences plus graves pour les femmes. En réalité le gender mainstreaming n’est pas appliqué», déclare Arianne Estenne.

Pour rendre visible le résultat des mesures d’austérité sur les femmes, le comité «V’la la facture» sera présent, à Bruxelles, lors de la Marche mondiale des femmes. Le principe? Un formulaire qui ressemble à celui des impôts où les femmes peuvent évaluer le temps qu’elles passent à s’occuper d’autrui (enfants, etc.) et à le transformer en horaire de travail tarifé. Dans une deuxième partie, les femmes sont invitées à indiquer leur revenu et à le comparer au seuil de pauvreté (de 1.085euros par mois). «On est une plateforme de plusieurs associations féministes. Notre but est de porter la parole des femmes dans l’espace public. L’idée c’est de se servir d’un outil pour renverser le discours dominant qui prétend que ce sont les dépenses sociales qui ont créé la dette et dire aux femmes en situation précaire qu’elles ont le droit de trouver ça injuste. En cela, c’est une action de sensibilisation mais en 2018, nous enverrons toutes ces factures au gouvernement et là, ce sera aussi une action politique» explique Charlotte Chatelle.

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