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Les habitants du domaine de Pincemaille sont sans eau depuis six mois

Depuis le 23 mars 2003, les 400 habitants du domaine de Pincemaille, à Estinnes, sont sans eau potable. La Société wallonne de distribution d’eau avait coupél’eau, suite au non-payement répété des factures d’eau par le propriétaire des parcelles. Quelques années plus tôt, ce dernier avait fabriqué unsystème de distribution d’eau privée, interne au domaine. Peu fiable, ce système a entraîné de grandes déperditions d’eau et des facturesélevées. Consciente des répercussions sociales d’une coupure, la Société wallonne de distribution d’eau avait longtemps hésité à fermerles vannes, jusqu’au jour où la déglingue du système de distribution interne ne lui laissa plus le choix. Depuis ce jour, l’alimentation en eau des habitants repose en grandepartie sur l’intervention de la protection civile et la solidarité.

28-07-2005 Alter Échos n° 148

Depuis le 23 mars 2003, les 400 habitants du domaine de Pincemaille, à Estinnes, sont sans eau potable. La Société wallonne de distribution d’eau avait coupél’eau, suite au non-payement répété des factures d’eau par le propriétaire des parcelles. Quelques années plus tôt, ce dernier avait fabriqué unsystème de distribution d’eau privée, interne au domaine. Peu fiable, ce système a entraîné de grandes déperditions d’eau et des facturesélevées. Consciente des répercussions sociales d’une coupure, la Société wallonne de distribution d’eau avait longtemps hésité à fermerles vannes, jusqu’au jour où la déglingue du système de distribution interne ne lui laissa plus le choix. Depuis ce jour, l’alimentation en eau des habitants repose en grandepartie sur l’intervention de la protection civile et la solidarité.

Etienne Quenon, le bourgmestre d’Estinnes1 a alors mis en demeure le propriétaire de prendre les dispositions nécessaires. Les habitants, après deux mois sans eaupotable, ont intenté une action en justice contre le propriétaire, la société de distribution d’eau, la commune d’Estinnes et la Région wallonne. Le 12 mai, le jugea ordonné la réouverture des vannes à raison de deux fois par jour : le matin de 10 heures à 12 heures et le soir entre 18 heures et 20 heures Seules six famillesétaient encore mesure de recevoir de l’eau, vu l’état lamentable du système construit par le propriétaire. À la suite du procès, ce dernier s’estengagé « à faire les travaux de pose d’une conduite d’alimentation en eau enterrée », explique Fabien Lardinois de LST Ciney-Marche2. La commune a alors levél’arrêté d’insalubrité qu’elle avait pris à l’égard du domaine. Le 26 mai, les travaux commençaient. « Aujourd’hui, nous n’avons plus deréclamations au niveau de l’eau du côté des habitants », signale le bourgmestre d’Estinnes. « Mais tout n’est pas réglé pour autant. Cela évoluelentement. »

Après six mois, l’eau n’est toujours pas rétablie…

Paul Trigalet, de Solidarités nouvelles3, lui, est déçu du jugement. « Il semble que les habitants devront payer une partie des raccordements chez eux. De plus,plusieurs choses ne sont pas claires. Le jugement ne fait aucune allusion au droit fondamental des gens d’avoir de l’eau. Ce n’est pas normal. En plus, avec les chaleurs de cet été,cela n’a pas dû être évident pour les habitants. »

Une des habitantes du domaine, Mme Vanherck4, a également des raisons d’être déçue : « ça fait six mois que nous sommes sans eau potable. Les travauxtraînent. Il n’y a que deux ouvriers pour installer les conduites sur 8 km, à 80 cm de profondeur, et raccorder tous les chalets. Nous n’avons droit à de l’eau que deux fois parjour. Et encore, tous les chalets n’ont pas droit à ces deux périodes d’ouverture des vannes. Les autres doivent aller à la protection civile. Imaginez les ménages avecdeux-trois enfants qui doivent s’y rendre journellement pour pouvoir se laver et se préparer à manger. Et si vous recevez des soins à domicile, vous êtes obligé defaire chauffer de l’eau à la bouilloire pour que l’infirmière puisse se laver les mains. En plus de cela, l’hiver approche et on ne voit pas avancer les travaux. On ne voit pas vraimentpas ce qu’on pourrait faire. Cela devient dramatique. »

Mais les déboires de Mme Vanherck et des autres habitants du domaine ne s’arrêtent pas là. « Le propriétaire du domaine veut nous faire signer un nouveau contratau 1er octobre, raconte-t-elle. Dans celui-ci, il veut nous faire payer, s’il y a des fuites d’eau qui surviennent entre la route principale (extérieure au domaine) et les chalets. Nous, onveut bien payer pour les fuites entre la drève et le chalet, mais pas depuis la route principale. À 80 cm sous terre, cela ne serait pas visible tout de suite et nous n’avons aucunepossibilité de contrôler. »

Et déplorer que rien ne bouge au niveau de la commune et de la Région wallonne.

1. Maison communale d’Estinnes, chaussée Brunehault, 232 à 7120 Estinnes, tél. : 064 31 13 27,
fax : 064 34 14 90, e-mail : estinnes@skynet.be, site internet : http://www.estinnes.be
2. LST Ciney-Marche, rue de Monin 96 à 5362 Achet, tél./fax : 083 61 10 85, e-mail : ciney-marche@mouvement-LST.org
3. Solidarités nouvelles, rue Léopold, 36A à 6000 Charleroi, tél. : 071 30 36 77.
4. Mme Vanherck, drève du Sanglier, 301 à 7120 Estinnes, tél. : 064 36 95 51.

Baudouin Massart

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