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Le local : la bonne échelle pour rendre possible un autre monde ?

Le mouvement altermondialiste ne se (dé)structure pas qu’à l’échelle nationale. Des initiatives en sens divers se déploient ou, au contraire, se contractent, au niveaulocal.

27-02-2009 Alter Échos n° 268

Le mouvement altermondialiste ne se (dé)structure pas qu’à l’échelle nationale. Des initiatives en sens divers se déploient ou, au contraire, se contractent, au niveaulocal.

Le mouvement altermondialiste belge est en crise d’identité. La tension entre, d’une part, des organisations visant avant tout l’efficacité et, d’autre part, celles qui misent plussur la dynamique du groupe et la réflexion en commun, semble tétaniser le mouvement. La crise que traverse le Forum social de Belgique en est la parfaite illustration1. Lesmêmes questionnements existent également au sein des forums sociaux locaux et ces derniers ne sont pas insensibles aux divers soubresauts de l’« étageau-dessus ». Néanmoins, ils offrent des exemples de dynamiques persistantes, dont les modalités peuvent être fort diverses.

« Au départ du Forum social du Brabant wallon (FSBW), il y a tout simplement cinq personnes qui se sont rencontrées lors d’une activité du Forum social de Belgique,explique Anne Theisen2, qui assure aujourd’hui l’animation de la liste de diffusion du FSBW. En fait, lors de cette activité, il y avait des groupes de travail par zonesgéographiques ; nous nous sommes donc naturellement retrouvés entre brabançons. De là, on s’est dit qu’il y avait moyen de développer des choses ensemble, àl’échelle de notre province. »

Un hub plus qu’un réel forum

Ce forum mis sur pied, il commence rapidement à prendre sa place dans le paysage social du Brabant wallon et à être actif sur différents terrains : desproblématiques nationales comme internationales. Ainsi le FSBW va rassembler des acteurs d’horizons divers (syndicalistes, membres d’associations d’éducation permanente, simplesparticuliers, etc.) autour d’actions qui concernent la guerre au Moyen Orient, les sans-papiers ou encore le développement durable. Comme un « festival desrésistances » au printemps 2008. La dernière action en date est le soutien à l’occupation de locaux de l’UCL par des sans-papiers, via une plate-forme desolidarité avec les sans-papiers du Brabant wallon.

« Au début de l’existence du forum, les réunions étaient mensuelles ; après une période d’essoufflement, nous avons trouvé un mode defonctionnement plus souple, confie Anne Theisen. Le FSBW est maintenant surtout une liste de diffusion par courriel, qui assure une circulation de l’info et une certaine connexion entre les membres.Vu que ces membres se connaissent, la mobilisation sur une actualité se fait ensuite d’elle même, par des contacts directs ». Le « forum » semble doncplus être un hub de communications qu’un réel espace de débats et d’actions.

À Liège, les choses sont plus structurées. Le « forum social à la liégeoise »3 existe depuis 2001 et rassemble des syndicalisteset bon nombre d’associations locales. Emilien Baglio, coordinateur du forum, explique : « à la grande époque, entre 2001 et 2003, il y a eu jusqu’à 100 organisationsactives au sein du forum. Ensuite, jusqu’en 2006, on peut vraiment parler d’un creux de la vague. Depuis lors, le mouvement se relance. Nous organisons ainsi tous les ans la « semaine dela solidarité internationale » ; la prochaine édition se tiendra tout prochainement, fin mars, et aura pour thème « les crises ici et au sud ».Au programme : conférences et débats, théâtre, cinéma, etc. »

Fin décembre 2008, le forum a également été à la base d’une action originale, le lancement d’un fausse banque, la « BPR – banque publiquerégionale ». Celle-ci a fait l’objet d’une vraie inauguration, dans de vrais locaux, en présence de vrais journalistes. L’idée : sensibiliser auxproblématiques de l’accès aux services bancaires et aux dérives du système financier.

Outre le Brabant et Liège, les initiatives « altermondialistes » locales se multiplient. Un forum social bruxellois semble ainsi pointer le bout du nez. En communentre toutes ces démarches : agir pour une transformation radicale de la société, par la mise en œuvre de projets transversaux, participatifs et conviviaux ; le toutà l’échelle locale ou supra-locale4.

1. Ces éléments ont largement été explicités dans le dernier numéro d’Alter Échos (n° 267).
2. Anne Theisen :
– adresse : rue de la Neuville, 54a à 1348 Louvain-la-Neuve
– tél. : 0479 377 684
– courriel : dornican@yahoo.fr.
Pour s’inscrire à la liste de diffusion du FSBW :
http://listes.agora.eu.org/listinfo/fsbw
3. Coordination « d’Autres Mondes » – forum social à la liégeoise :
– adresse : rue du Beau Mur, 48 à 4030 Liège
– tél. : 04 349 01 44
– courriel : emilien.baglio@autresmondes.be
– site: www.autresmondes.be
4. Voir à ce propos l’article de Geoffrey Pleyers, chercheur : « Forum social mondial 2009 :
Quelle unité de l’altermondialisme après l’opposition au néolibéralisme ? », téléchargeable à l’adresse :
www.far.be/far/publications2009/20090202.pdf

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