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Citoyenneté

Le désarroi de l’homme blanc

Le combat antiraciste doit-il être porté par ses seules victimes, les personnes «racisées»? Les Blancs doivent-ils se tenir en retrait de ce combat parce que Blancs? Ces questions agitent les militants tandis que les grandes plateformes de lutte contre le racisme qui rassemblaient syndicats et associations culturelles sont aujourd’hui totalement disqualifiées.

© Julie Joseph

«Blanchité», «privilège blanc», ces mots apparaissent de plus en plus souvent dans le langage sociologique et militant. Ils font référence, en principe, moins à une caractéristique biologique qu’à une hégémonie sociale, culturelle, politique qui serait celle des seuls Blancs. Mais on voit vite poindre le problème. Le terme blanchité enferme en effet une identité sur un seul critère (la couleur de la peau) dont on ne peut se défaire contrairement à d’autres comme la nationalité, la religion. Elle réduit de facto l’homme blanc à l’oppresseur à l’exclusion de toutes autres qualités et de tous autres oppresseurs. Le concept de blanchité ou de privilège blanc déboussole le mouvement antiraciste, «historique» et la conception d’un antiracisme «universaliste», très présent en France et en Belgique francophone. Comme celle du MRAX, snobé par des mouvements comme BePax et tous ceux qui sont à l’origine du déboulonnage des statues de Léopold II et de la manifestation du 7 juin.

Ce n’est évidemment pas la première crise qui secoue le MRAX, mais Vincent Lurquin, avocat spécialisé en droit des étrangers et vice-président du mouvement, perçoit bien cette remise en cause d’un certain idéal antiraciste. «Il y a 40 ans, le combat antiraciste travaillait sur le problème de l’égalité, contre les discriminations. Nous avons obtenu la loi Moureaux. À la fin des années 90 (avec la question du fou...

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Martine Vandemeulebroucke

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