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L’économie sociale met les services de proximité en chantier

Le 8 novembre dernier se tenait à Sambreville un colloque sur le thème « Les services de proximité : des pratiques et une place dans l’économie sociale». Il s’agissait d’une initiative de la toute jeune Fédération des services de proximité à finalité sociale (FSPFS1).

14-11-2005 Alter Échos n° 197

Le 8 novembre dernier se tenait à Sambreville un colloque sur le thème « Les services de proximité : des pratiques et une place dans l’économie sociale». Il s’agissait d’une initiative de la toute jeune Fédération des services de proximité à finalité sociale (FSPFS1).

L’angle d’attaque de ce colloque était intéressant : services de proximité, économie sociale, deux concepts abondamment étudiés sousl’angle théorique mais dont les pratiques, les logiques entrepreneuriales et les valeurs demeurent à préciser.

Cinq groupes de travail étaient proposés aux 150 participants. Ils visaient des enjeux forts des services de proximité. Pour chacun de ces ateliers, à partir del’exposé de deux expériences de terrain, les groupes de travail se donnaient pour objectif de déboucher sur des propositions concrètes quant à lamanière de s’organiser pour asseoir le développement des services de proximité dans le cadre de l’économie sociale. C’était làl’originalité de ce colloque, loin des approches uniquement académiques, la parole était donnée aux porteurs de projet. Ces ateliers ont été mis enœuvre de la manière suivante :
• Mobilité, expériences de terrain : Age d’Or Services et Le Trusquin
• Petite enfance, expériences de terrain : Bébébus et Tof-Services
• Environnement, expériences de terrain : L’Essor et Defits
• Services aux ménages, expériences de terrain : Sinet2 et Caddiligence
• Services aux personnes , expériences de terrain : Gammes et Solidarité Alternatives Nouvelles

Difficile de résumer la teneur des échanges tant la réalité des services de proximité est plurielle2. Notons d’abord la mise en perspective destitres-services. Ceux-ci sont de très bons leviers pour des entreprises telles que Sinet à Charleroi, qui a dépassé récemment les 160 créationsd’emploi ou encore pour Age d’Or Services, pionnier en matière de services de proximité et qui poursuit son développement sur la Belgique francophone. Dans lemême temps, l’outil titre-services est peu adapté pour une série de services comme ceux liés à la petite enfance.

Proximité et durabilité

Ce colloque a permis de préciser les spécificités d’entreprendre les services de proximité dans un cadre d’économie sociale. Deux dimensions ontparticulièrement été mises en exergue :
• la proximité : celle-ci peut être géographique, relationnelle (créer du lien social). À chaque fois, la construction d’une relation de confiance entreles prestataires et les usagers est au centre même du service. C’est là la force et la spécificité de l’économie sociale, elle s’assigned’autres objectifs que la recherche du profit.
• la durabilité des emplois : constat a été fait de l’importance des sous-statuts (PTP, Maribel, Sine, APE, Activa, Article 60…). En l’absence de mesuresde soutien dédicacées, lancer un nouveau service de proximité implique bien souvent de développer des trésors d’inventivité pour bouclerl’équation budgétaire des projets. Cela peut conduire dans les faits à une certaine instabilité au niveau des contrats de travail. C’est une limite actuelle dudéveloppement des services de proximité. Néanmoins, la durabilité des emplois passe également par un investissement dans la formation des travailleurs. Etlà, l’économie sociale répond présente. Pour ces initiatives d’économie sociale, il ne s’agit pas de faire de l’emploi pour l’emploi,mais comme le précise la charte de la FSPFS : « Les emplois ainsi générés répondent à des critères de professionnalisation : formation,valorisation des compétences, reconnaissance des qualifications. »

Plus fondamentalement, les participants au colloque soulignent que c’est d’abord le souci de servir la collectivité qui doit faire l’objet de l’attention et dusoutien des pouvoirs publics. Dans une société où tout en même temps les besoins de services de proximité vont croissant et où l’Étatréduit la voilure en termes d’interventions en déléguant de plus en plus au privé, les entreprises d’économie sociale qui mettent en place des servicesde proximité méritent l’attention et le soutien. Ce constat semble partagé par la Région wallonne. Dimitri Coutiez du cabinet Marcourt a levé un – petit– coin du voile sur le soutien que compte apporter la Région aux services de proximité : elle entend soutenir son développement par une triple action :
• le financement d’un encadrement qualifié ;
• le financement d’une partie des frais de fonctionnement,
• la facilitation de l’accès aux emplois Sine aujourd’hui peu utilisés en Région wallonne.
Les moyens sont potentiellement là : le plan Marshall prévoit d’affecter un nombre encore à préciser d’APE pour le soutien aux services de proximité. LePST3 inclusion sociale prévoit lui 1 million d’euros par an pour les services de proximité.

Un test pour le Plan Marshall

En matière de services de proximité, les acteurs de terrain sont mobilisés, le monde politique semble conscientisé. Ils constituent en fait un bel indicateur pour leplan Marshall. Dans les visées de ce plan, y a-t-il une place pour construire du développement économique sur la base de deux grandes caractéristiques des services deproximité, à savoir l’hybridation des ressources et le remaillage de l’activité économique locale ?

1. FSPFS, rue Grégoire Soupart, 15 à 6200 Châtelet – tél. : 071 30 80 11- fax 071 70 10 05 – courriel : fspfs@skynet.be – Contact Amélie Dellafaille.

2. Les actes de ce colloque seront disponibles prochainement auprès de la FSPFS.

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