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L'artisanat de commerce équitable en péril en Belgique

L’équitable alimentaire est devenu un business profitable. À l’inverse, l’artisanat ne parvient pas à décoller. Un nombre significatif d’acteurséquitables européens se trouvent dans une situation économique et financière critique, quand ce n’est pas au bord de la faillite. Par exemple, FTO Hollande, Guepa enAllemagne, Citizen Dream ou Oxfam en Belgique ont pour leur activité craft, sur leur dernier exercice comptable, des déficits de plusieurs centaines de milliers d’euros.Cette crise est le point de départ de l’étude sur le commerce équitable d’artisanat commanditée par Jean-Claude Marcourt, ministre wallon del’Économie et de l’Emploi. L’étude a été conçue et réalisée par des acteurs de terrain issus de Citizen Dream, de lacoopérative Émile et de la fédération d’entreprises d’économie sociale SAW-B1.

06-11-2007 Alter Échos n° 239

L’équitable alimentaire est devenu un business profitable. À l’inverse, l’artisanat ne parvient pas à décoller. Un nombre significatif d’acteurséquitables européens se trouvent dans une situation économique et financière critique, quand ce n’est pas au bord de la faillite. Par exemple, FTO Hollande, Guepa enAllemagne, Citizen Dream ou Oxfam en Belgique ont pour leur activité craft, sur leur dernier exercice comptable, des déficits de plusieurs centaines de milliers d’euros.Cette crise est le point de départ de l’étude sur le commerce équitable d’artisanat commanditée par Jean-Claude Marcourt, ministre wallon del’Économie et de l’Emploi. L’étude a été conçue et réalisée par des acteurs de terrain issus de Citizen Dream, de lacoopérative Émile et de la fédération d’entreprises d’économie sociale SAW-B1.

Dans sa production artisanale, les principaux acteurs belges et européens du commerce équitable menacent tous de déposer le bilan à court terme. Il y a mêmeurgence, à entendre les opérateurs de terrain à l’origine de cette recherche-action encore en cours, qui prennent donc le risque de déjà dévoiler les enjeuxdécelés, sans attendre la validation des conclusions. Car à ce stade, les rencontres confirment l’essentiel des analyses et projets, justifient-ils.

Comparativement à d’autres secteurs économiques et à son propre potentiel, le secteur de l’artisanat équitable est mal outillé etsous-exploité. Pourquoi la situation est-elle aujourd’hui ce qu’elle est, si tant de lacunes apparaissent comme contingentes plutôt que consubstantielles à ladémarche équitable ? Face à cette question, les auteurs de l’étude ont formulé différentes hypothèses. La validation, critique ou infirmation deces constats et hypothèses se fait par une étude de terrain auprès d’environs 60 acteurs du commerce équitable répartis dans une douzaine de pays (ex : Taraen Inde, Undugu au Kenya, Craftlink au Vietnam ; FTO en Hollande, Guepa en Allemagne, Traidcraft en Grande-Bretagne, Bouticethic en France, …), ainsi qu’auprès d’entreprisesde la distribution classique en Belgique (ex : Galeria Inno, Colruyt, Delhaize, Casa, etc.).

Les lacunes

Il apparaît clairement déjà que les lacunes du secteur ne découlent pas de ses prétentions « équitables ». Aux produits par contre, on peutreprocher cinq choses :

• faute de labellisation indépendante, ils ne sont pas forcément meilleurs que d’autres ;

• leur coût paraît prohibitif. Bien sûr, cela tient pour partie aux conditions de travail et de rémunération. Mais on parle ici d’élémentscompressibles dans l’organisation de travail et les économies d’échelle. À qualité identique, le produit équitable d’artisanat coûte de 15 à 50 % deplus ; on estime qu’il pourrait baisser de moitié sans toucher aux niveaux de rétroactivité ;

• le marché a une taille réduite, tant au niveau de la production que de la distribution ;

• la fiabilité de la chaîne de production est très relative dans le contrôle de qualité, l’instabilité de l’approvisionnement, le respect desdélais. Cas classique : des boules de Noël qui arrivent à Pâques !

• l’approche marketing est dictée par la production plutôt que par l’acheteur.

Les pistes

Les premières pistes de travail empruntent donc à une logique économique générale. Les opérateurs parient sur un développement concertéNord-Sud de la production, selon le design souhaité au Nord, avec des contrôles de qualité et de délais… Les importateurs, en Europe, n’éviteront pas, eux, lessynergies d’entreposage, livraison, gestion informatique, etc.

Mais outre ces pistes, l’étude vise à déboucher sur des résultats concrets et utilisables par les acteurs du commerce équitable d’artisanat,privés ou publics : outils commerciaux, financiers, logistiques, méthodologiques, etc. Par ailleurs, des actions précises se mettent déjà en place dans la dynamiquede l’étude et de ses rencontres. Par exemple, un projet de Fair Trade Facilitation Center est défini avec le Fair Trade Forum – India et sera débattu dans sesinstances en novembre. Chez nous, un premier regroupement opérationnel s’opère dès à présent entre Citizen Dream, FTO Belgique et l’importateurnéerlandais De Evenaar. L’étude devrait s’achever fin décembre.

1. Commerce équitable d’artisanat : quels outils pour développer le secteur ? – Contacts : Eric Dewaele – courriel : e.dewaele@saw-b.be et Joël Van Cauter – courriel : jo@citizendream.com

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