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L’aide à la jeunesse au cœur des débats de société

L’Interfédérations de l’aide à la jeunesse1 a voulu se pencher un moment sur les convictions, les combats communs, partagés par les onzefédérations qui la compose. Un document publié ce mois d’avril donne à lire ses positions quant aux débats qui traversent le secteur.
Mais il dépasse aussi les frontières de l’aide à la jeunesse. Pour aborder ce qu’elle nomme des « défis sociaux » en matière d’emploi,de logement, d’enseignement ; pour parler de « commande sociale », d’ « activation »… L’Interfédérations e(a)ncre ainsi ce qui faitconsensus en son sein. Alors que, depuis quelques mois déjà, elle investit dans un travail de concertation conséquent, autour des mesures proposées au printemps 2006, parla ministre de tutelle, Catherine Fonck. Et ce à l’heure où le regroupement a sollicité des rencontres avec chacun des présidents de parti.

04-05-2007 Alter Échos n° 228

L’Interfédérations de l’aide à la jeunesse1 a voulu se pencher un moment sur les convictions, les combats communs, partagés par les onzefédérations qui la compose. Un document publié ce mois d’avril donne à lire ses positions quant aux débats qui traversent le secteur.
Mais il dépasse aussi les frontières de l’aide à la jeunesse. Pour aborder ce qu’elle nomme des « défis sociaux » en matière d’emploi,de logement, d’enseignement ; pour parler de « commande sociale », d’ « activation »… L’Interfédérations e(a)ncre ainsi ce qui faitconsensus en son sein. Alors que, depuis quelques mois déjà, elle investit dans un travail de concertation conséquent, autour des mesures proposées au printemps 2006, parla ministre de tutelle, Catherine Fonck. Et ce à l’heure où le regroupement a sollicité des rencontres avec chacun des présidents de parti.

Devoir d’interpeller

« Si nous nous référons aux textes légaux, explique l’Interfédérations, le terme de « commande sociale » recouvre les missions pour lesquelles lesservices privés de l’Interfédérations de l’aide à la jeunesse sont subsidiés. En clair, et de façon brutale, c’est la raison pour laquellele législateur, le politique rémunère les institutions à sa disposition. Le terme de « commande » est sans équivoque. » La commande se doit pourtantd’être questionnée par les travailleurs sociaux, poursuit l’Interfédérations. C’est le « devoir d’interpellation » que cettedernière rappelle alors ; se refusant à devenir des « agences de sous-traitance, équipées d’exécutants sociaux ». « La commande sociale estle fruit d’une réflexion du monde politique, à laquelle nous devons être associés, elle n’est en rien une fatalité. »

Parmi les champs que l’Interfédérations traverse dans son document, il y a l’enseignement, bien entendu. Les collaborations avec le monde scolaire sont en effetlégion. Tant les acteurs de l’enseignement que les « réseaux parascolaires » sont à renforcer, de manière « simultanée et coordonnée», précise l’Interfédérations. Un chantier cité : celui du décrochage scolaire. Il « n’est, ni plus ni moins, qu’un décrochagesocial. Ici, la précocité est un axe de travail fondamental comme l’enseignement du même nom. Renforcer à la fois le monde scolaire, inciter à plus demulticulturalité et de mixité sociale et retisser des réseaux de services sociaux avec l’enseignement est la seule voie salutaire et non bricolée qui sera un levierde changement ».

Plus loin dans son texte, l’Interfédérations évoque l’emploi, à la fois pour les jeunes qu’elle accompagne et pour les travailleurs qui la composent.Elle constate que « en termes d’égalité des chances, les jeunes qui cumulent les difficultés sociales sont en large déficit par rapport au marché del’emploi ». Elle pointe le nombre important d’emplois précaires dont les services bénéficient. « Comme si les travailleurs sociaux précairesdevaient trouver les ressources de motiver des familles dans la précarité. Il y a une forme de cynisme social à revisiter. »

L’Interfédérations balaie aussi d’autres thématiques, plus inattendues peut-être. Comme le logement. Elle parle du résultat catastrophique de lararéfaction d’un habitat correct et accessible : la ghettoïsation. Un phénomène qui a lui-même des conséquences négatives telles que les «déficits de formation, d’investissement familial, de respect du bien public, de déni de la démocratie ».

Des points « chauds » pour le secteur

Parmi d’autres sujets, citons deux positionnements politiques forts de l’Interfédérations. Quant à la fédéralisation du secteur d’une part ;quant à la délégation aux pouvoirs locaux de l’autre.

« Le positionnement politique de la Communauté française comme pouvoir subsidiant des services privés, est la seule articulation qui garantit aux services privésune orientation spécifiquement sociale, ainsi qu’une autonomie suffisante et nécessaire à l’interpellation des pouvoirs fédéraux et locaux »,estime l’Interfédérations. Préférant les objectifs d’ « émancipation sociale » de la Communauté française, à ceux de« quiétude sociale » du fédéral. Et l’Interfédérations de « mettre en garde » également contre la « concentrationmunicipaliste des pouvoirs ». Des actions extraterritoriales sont indispensables, et une vision globale des questions sociales est fondamentale à l’actionsocio-économique.

Petit détour par le stage parental. Il est vu comme le symbole du « simplisme des réponses politiques et de la stigmatisation médiatique des familles ». «Dubitative » face à ces formations théoriques, l’Interfédérations pense toutefois « qu’un soutien parental à des familles engluéesdans les difficultés est indispensable, même sous forme de contrainte. Une action éducative orientée vers les parents, dont les attitudes dénotent de grandesdifficultés doit être mise en œuvre sur la base de projets pédagogiques volontaristes et mobilisateurs pour les familles ». Fin de citation.

1. Interfédérations, chaussée de Boondael, 6 à 1050 Bruxelles –
courriel : interaaj@scarlet.be

Catherine Daloze

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