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Grez-Doiceau, une ville en transition vers… l'après-pétrole.

Le XXIe siècle sera le siècle de l’après-pétrole. Plutôt que de subir de plein fouet les bouleversements qui nous attendent, un groupe d’habitants deGrez-Doiceau a décidé de réagir.

12-06-2011 Alter Échos n° 317

Le XXIe siècle sera le siècle de l’après-pétrole. Plutôt que de subir de plein fouet les bouleversements qui nous attendent, un grouped’habitants de Grez-Doiceau a décidé de réagir.

Ils se préparent à vivre, dès aujourd’hui, sans pétrole. Pour ce faire, ils se sont inscrits dans la démarche des « villes entransition ». Une « transition » qui pousse les habitants d’une même commune à repenser leurs modes de vie pour vivre et consommer plus localement,à renouer des liens entre eux, à recréer une solidarité entre les gens d’une même localité. Et si le manque de pétrole nous menait à(re)créer une société plus solidaire  ?

Alors que les crises (financières, climatiques, énergétiques, sociales, etc.) se multiplient, pour les habitants de Grez-Doiceau, il n’est pas question de se laisserdémoraliser. « Grez en transition »1 ou GET, pour les intimes, est composé d’un comité de huit personnes dont deux agriculteurs. « Un”premier cercle” qui peut compter sur un deuxième d’une vingtaine de citoyens actifs et d’un troisième constitué de plus de cinq cents contacts sensibles à ladémarche », a expliqué Eric Luyckx, un des membres fondateurs de GET, lors de l’atelier-conférence organisé le 24 mai dernier à Louvain-La-Neuvepar l’asbl Habitat et Participation. Et bien que GET n’existe que depuis un an et demi, le mouvement compte déjà plusieurs événements et activitésà son actif.

Un mouvement fédérateur

« L’important, c’est d’agir dès aujourd’hui », poursuit Eric Luyckx. Agir donc, en soutenant différentes initiatives : des promenades decueillette de plantes sauvages comestibles, un festival de permaculture, un atelier de conservation des aliments, la création d’une bibliothèque locale, un systèmed’échange de services locaux (SEL). Et les projets en cours d’élaboration sont encore plus ambitieux  : création d’une monnaie locale, d’une banque locale,d’un incubateur d’entreprises socialement responsables. Mais aussi un inventaire des acteurs économiques locaux avec leur géolocalisation sur Google maps. Rien queça…

Le comité GET ne cherche pas à tout organiser lui-même. C’est plutôt une organisation fédératrice de toutes les initiatives locales favorisant une viesans pétrole. « La seule chose concrète est notre site web. Nous ne voulions pas créer une association supplémentaire », précise Eric Luycx.C’est vrai que Grez-Doiceau compte déjà plus de deux cents associations…

Et la politique dans tout cela ? Pour Eric Luyckx, l’appareil politique est trop lent et le consensus encore insuffisant pour avancer rapidement. Mais il ne veut pas se passer du levier d’actionque représente la politique non plus. Le but est d’influencer la politique communale et de soumettre des propositions aux élus dès que possible. D’ailleurs, pour le moment,« plusieurs élus locaux viennent participer à nos réunions. Ce que nous acceptons, tant qu’ils viennent en qualité de citoyens et non dereprésentants d’un parti politique », ajoute-t-il.

Le mouvement des « villes en transition » est né en Angleterre en 2006. En Belgique, une dizaine de villes sont entrées dans la démarche et desinitiatives se multiplient un peu partout dans le pays comme à Bruxelles, Ottignies-Louvain-La-Neuve, Ath, Orp-Jauche, Amay, Floreffe, Nivelles et, bien sûr, Grez-Doiceau. Des communesà l’avant-garde de la « transition » vers un monde sans pétrole où une nouvelle génération de personnes, appelées parfois les« transitioneurs », ne manquent pas d’idées, de volonté et d’énergie. Une énergie décuplée par la force du collectif et de lacommunauté. Des « villes en transition » où l’énergie du collectif se prépare à remplacer les énergies fossiles…

1. Grez en transition :
– site : www.grezentransition.be

Philippe Laperche

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