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"Exclusion bancaire : la FGTB accuse les grandes banques belges"

18-06-2001 Alter Échos n° 100

ýelon certains témoignages recueillis par la FGTB, les grandes banques belges chercheraient par différents moyens à se débarrasser des clients les plusdémunis qui sont aussi les moins « rentables ». Citant notamment des sources syndicales, Anne-Marie Appelmans, secrétaire générale de la FGTB-Bruxelles1, relève :
> qu’au sein du groupe Fortis, une cellule spéciale (composée d’emplois Rosetta) examine un à un les comptes des clients « pauvres » dans les agences des quartiers »défavorisés » afin de virer d’office, et sans consultation, ceux-ci vers la Banque de la Poste ;
> que dans certaines agences de la BBL, si l’on est chômeur, il y a obligation de laisser en permanence son compte courant en positif de minimum 5.000 FB. Ce règlementétant laissé à l’appréciation du responsable d’agence ;
> que la Banque de la Poste a institué récemment un nouveau préfixe (en lieu et place du triple zéro) pour les numéros de compte des mauvais payeurs.Créant par là même un fichier signalétique ;
> que le système d’agence filialisée dans le groupe Dexia entraîne des frais supplémentaires pour les consommateurs y compris pour des opérations internesau même groupe.
On s’en doute, la version des banques est bien plus nuancée. Ainsi Fortis nie formellement la création d’une telle cellule même si la première banque du pays aen effet lancé une expérience pilote dans dix agences. « L’objectif étant de réorienter vers la Banque de la Poste un certain type de clientèle se contentantuniquement de quelques types d’opérations (virements, dépôts, etc.).2 »
La BBL rappelle, quant à elle, qu’elle fut parmi les premières institutions à avoir signé la charte sur le service de base. « De plus, faire un screening de tous lescomptes chômeurs relèverait quasi de l’impossible », oppose-t-elle. Ce qui n’empêche pas, reconnaît le porte-parole, que certaines dispositionsparticulières aient été prises par l’une ou l’autre agence3.
Anne-Marie Appelmans se défend de tenir des propos mensongers et s’interroge sur le fait que les banques ne l’attaquent pas en diffamation. Elle se dit prête à fournirles preuves de ses allégations. « Le véritable problème souligne-t-elle, c’est que les clôtures de compte (il y en aurait une vingtaine dans le cas destémoignages recueillis chez Fortis) visent souvent des gens peu scolarisés, parfois d’origine immigrée, et peu à même de se défendre et de remplir lestâches administratives. Le compte est alors clôturé sans que ces personnes s’en rendent compte et qu’elles aient pu prendre d’autres dispositions. » Ce qui peutposer problème, par exemple, au moment de la perception des allocations de chômage… Et la secrétaire générale de la FGTB Bruxelles de pointer les actuels axesstratégiques des banques où, explique-t-elle, chaque segment d’activité est passé à la loupe pour saper ce qui n’est pas suffisamment lucratif. Uneexplication aussi peut être à chercher dans les déclarations d’Anton Van Rossum, « Chief Executive Officer » de chez Fortis, lors d’un discours de find’année en décembre 2000 : « Les clients les moins fortunés peuvent aller chercher leur paradis ailleurs. »
1 FGTB Bruxelles, bd de l’Empereur, 34 à 1000 Bruxelles, tél. : 02 512 66 66, fax : 02 511 48 82, e-mail : IRB@interbru.org
2 Dans La Libre Entreprise du 2 juin 2001.
3 Idem.

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