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"Élargissement à l'Est : la cohésion européenne en péril ?"

12-02-2001 Alter Échos n° 91

Le paysage économique et social risque de changer fortement avec l’élargissement de l’Union aux 12 États candidats de l’Est et du Sud. C’est l’un des messages principaux dudeuxième rapport sur la politique de cohésion économique et sociale de la Commission européenne1. L’exécutif européen met clairement les États membresdevant leurs responsabilités face au défi de l’élargissement en la matière. La solidarité entre les pays et les régions de l’Union, mais aussi et surtoutentre l’Union et les nouveaux adhérents, sera mise à rude épreuve, notamment lors de la prochaine période de programmation qui s’engagera en 2007.
Nous sommes encore au stade du débat mais il est d’ores et déjà lancé. En fait, le système des politiques européennes d’aide aux régions et pays lesplus pauvres de l’Union devra être revu pour permettre aux nouveaux adhérents de profiter des avantages de l’intégration économique. Le défi est de taille. Il faudraà la fois recentrer massivement les efforts pour obtenir un rattrapage significatif des nouveaux États membres tout en répondant aux besoins des régions les moinsdéveloppées des Quinze. Et tout cela avec des ressources limitées. Le ciblage des moyens dans une Union élargie risque donc de faire grincer les dents des Étatsmoins prospères de l’Union actuelle qui devraient bénéficier d’aides moins importantes à l’avenir.
En attendant cette période cruciale de négociation, il apparaît que la politique de cohésion menée entre 1994 et 2000 a débouché sur desrésultats encourageants. Les disparités entre États se réduisent progressivement. Dans les trois pays les moins prospères (Grèce, Espagne et Portugal), lerevenu moyen par habitant est passé de 68 % de la moyenne européenne en 1988 à 79 % en 19992.
Les disparités entre régions s’accentuent
Dans 50 des 211 régions de l’Union, le PIB par habitant est inférieur à 75 % de la moyenne de l’Union. Malgré les progrès entre États membres, on assisteà une augmentation des écarts régionaux au sein même de ceux-ci. Ainsi, en Belgique, le PIB par habitant de Bruxelles, 170 % de la moyenne communautaire était ledouble de celui du Hainaut, 80 % en 1997. Et si une Union à 27 existait demain, dans les conditions actuelles, l’écart entre les régions les plus prospères et les pluspauvres ne ferait que s’agrandir. Un fossé que l’Union se devra de combler dans la période de transition qui s’ouvre, sous peine de mettre sérieusement en péril sacohésion économique et sociale.
1 Deuxième rapport sur la cohésion économique et sociale, adopté par la Commission le 31 janvier 2001. On peut consulter le rapport à l’adresse suivante : http://www.inforegio.cec.eu.int. Pour rappel, le premier rapport date de 1996 et a servi notamment à préparer l’agenda 2000.
2 En 1997, le niveau le moins élevé au niveau du PIB moyen par habitant se situait dans la région d’Ipeiros en Grèce, soit 43 % de la moyenne communautaire, et le plusélevé dans la région d’Inner London, au Royaume-Uni, soit 229 % de la moyenne communautaire. Le PIB moyen par habitant est exprimé en standards de pouvoir d’achat qui estbasé sur le nouveau Système européen des Comptes économiques (SEC95). Repris à Eurostat, Statistiques en bref, thème 1/2000.

Catherine Daloze

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