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Logement

Droit au logement : « Bruxelles ignore tout de ‘ses’ locataires »

Trouver un logement abordable et décent à Bruxelles, les plus pauvres peuvent oublier. De plus,la Région ne dispose pas d’une connaissance globale et précise pour mettre en place une politique efficace à leur égard. Ce que dénonce le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat dans un plaidoyer paru ce lundi : « Bruxelles ignore tout de ‘ses’ locataires… Et surtout des plus pauvres ».

01-04-2015
Bruxelles ignore tout de ses locataires... et surtout des plus pauvres! (c) Titom pour RBDH (Printscreen Youtube)

Trouver un logement abordable et décent à Bruxelles, les plus pauvres peuvent oublier. De plus, la Région ne dispose pas d’une connaissance globale et précise pour mettre en place un politique efficace à leur égard. C’est la situation que dénonce le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat* dans un plaidoyer paru ce lundi :« Bruxelles ignore tout de ‘ses’ locataires… Et surtout des plus pauvres ».

La crise du logement n’est pas un phénomène nouveau à Bruxelles. La situation ne risque pas de s’améliorer rapidement quand on sait que la demande de logements sociaux augmente tandis que la production stagne (il y a plus de 44.000 candidats locataires sur les listes du logement social), forçant les plus précaires à se tourner vers le parc locatif privé où les loyers sont en constante augmentation. Et il serait fort optimiste d’espérer que la création de 6.500 logements publics d’ici à 2019 (dont 60 % de logements sociaux) règle le problème (lire à ce sujet AE n°399, PRDD et pauvreté sont-ils des mots qui vont très bien ensemble ?, 19 mars 2015, publié aussi sur cbcs.be).

Des données manquantes

Pour mener une politique de logement efficace, encore faut-il avoir une connaissance précise des problématiques de pauvreté et de mal-logement. Or, le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat fait ce constat : Bruxelles ne dispose pas d’une connaissance globale et précise ; ni sur les revenus des Bruxellois, ni sur leurs loyers, ni enfin sur les situations de pauvreté générées ou renforcées par le logement.

Si cette connaissance fait défaut, ce sont notamment la qualitié et la fiabilité des enquêtes et des données administratives (notamment les déclaration d’impôts) qui sont en cause. Elles ont en commun le fait de ne pas suffisamment tenir compte des ménages plus précaires. Exemple : par données administratives, on entend les déclarations d’impôts. Or, celles des bénéficiaires du revenu d’intégration – parce qu’elles renseignent un revenu fiscal à zéro – ne sont pas prises en compte. Plusieurs milliers de ménages pauvres à Bruxelles sont ainsi oubliés.

Quant aux enquêtes (sur le budget des ménages par exemple), elles manquent de représentativité, selon le Rassemblement. Se basant sur les données du Registre national, elles excluent de fait les sans-papiers et les sans-abri. A cela s’ajoute un manque d’accès à ces enquêtes par le public précarisé.

Le Rassemblement exige du gouvernement :

« D’exploiter les données des baux enregistrés pour affiner la connaissance des loyers », en tenant compte des offres les plus récentes, qui peuvent représenter une différence significative ;

« De mettre en relation les statistiques fiscales et la Banque Carrefour de la sécurité sociale pour élargir la connaissance des revenus ;

D’augmenter la taille et la représentativité des échantillons mobilisés. »

Le Rassemblement appelle aussi à « réaliser une enquête qualitative, en s’appuyant sur l’expertise des travailleurs sociaux et des ménages les plus précarisés, pour améliorer la connaissance des dynamiques de pauvreté et examiner la pertinence des politiques publiques. »

En savoir plus : 

L’étude complète est à télécharger ici 

Le RBDH a également réalisé une vidéo

 

Lire aussi : Pauvres locataires, carte blanche d’Anne Bauwelinckx et Carole Dumont du Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat, dans La Libre Belgique, 30 mars 2015

PRDD et pauvreté sont-ils des mots qui vont très bien ensemble ?, AE n°399, 19 mars 2015, publié aussi sur cbcs.be

Bruxelles, à qui profiteront les nouveaux quartiers ?, AE, n°389, 30 septembre 2014

 

*Le Rassemblement bruxellois pour le droit à l’habitat est un regroupement bilingue d’une cinquantaine d’associations qui, chacune sur leurs terrains, défendent le droit à l’habitat et œuvrent pour un accès à un logement de qualité à prix abordable.

Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

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