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Des contrats de ville durables, mais pas pérennes

Les contrats de ville et de logement deviennent des contrats de « ville durable » en 2009, mais le spectre de la régionalisation plane toujours. « Pas sans les moyens», affirme Marie Arena.

27-02-2009 Alter Échos n° 268

Les contrats de ville et de logement deviennent des contrats de « ville durable » en 2009, mais le spectre de la régionalisation plane toujours. « Pas sans les moyens», affirme Marie Arena.

Ce 23 février, Marie Arena (PS), ministre fédérale des grandes villes1, était présente à la Maison des cultures de Saint-Gilles pourprésenter les contrats 2009 de « ville durable ». Elle a profité de l’occasion pour faire le bilan de la politique des grandes villes et évoquer son aveniren compagnie du ministre-président bruxellois, Charles Picqué (PS) – par ailleurs père spirituel de cette politique – et de la bourgmestre saint-gilloise faisantfonction, Martine Wille (PS).

La politique des grandes villes vise 17 villes et communes. « Depuis 10 ans, quelques 528 millions d’euros – dont 67 pour 2009 – ont permis aux communes de développerdes projets d’insertion sociale, d’amélioration du cadre de vie et de la qualité de la vie en ville », a rappelé Marie Arena. Pour 2009, des contrats seront conclussur base annuelle – et non plus pluriannuelle. On notera aussi que l’appellation « contrats de ville et de logement » a laissé la place à celle de« contrats de ville durable ».

Ville durable et participation

Ce libellé s’inspire directement du rapport d’évaluation commandité par le SPP Intégration, en charge de Politique fédérale des grandes villes :« Une politique pour une ville durable. 25 recommandations »2. Les nouveaux contrats se donnent donc trois nouveaux objectifs à partir de 2009 : lerenforcement de la cohésion sociale en vue de favoriser la mixité sociale et culturelle, la réduction de l’empreinte écologique des villes (performanceénergétique des bâtiments publics, bilan carbone…) et le renforcement de l’attractivité et du rayonnement des villes pour contrer l’exode urbain. On noteraégalement que les évaluateurs ont mis l’accent sur la participation à plusieurs reprises. Bernard Francq, sociologue (UCL), déclare dans l’avant-propos : « Laparticipation des populations à la coproduction des actions urbaines reste un enjeu majeur et doit faire l’objet d’une attention soutenue de la part des autorités locales,régionales, communautaires et fédérales. » Dans la revue Vue sur ville de janvier 2009, il insiste encore sur la nécessité de mener uneenquête sur cette participation.

Marie Arena reconnaît que la participation est un véritable enjeu, difficile à mettre en œuvre, et qu’il ne concerne pas seulement la politique des grandes villes :« Cela doit se faire du terrain vers le fédéral. Il faut aider les communes à mettre en place cette participation. » On notera que cela a étéfait pour la réalisation de la Maison des cultures. Et Martine Wille d’ajouter : « Cela se fait journellement. Et parfois, c’est décevant car les citoyens sont souvent peuprésents. On essaie alors de les associer sur des petits projets, plus porteurs. » Cette participation pourrait-elle être intégrée dans le cadre de« l’observation urbaine » lancée par la Région bruxelloise ? Cela semble aller de soi pour Charles Picqué : « L’observation urbaine permanentedoit nous permettre d’identifier les zones où mettre en œuvre des politiques de discrimination positive qui s’appliquent aussi aux populations. Pour cela, les donnéesquantitatives ne suffisent pas. Les aspects qualitatifs doivent également être pris en compte. Et cela doit se faire par la consultation de la population pour identifier les attentes desgens. »

Régionalisation ?

La politique des grandes villes s’inscrit donc dans la durabilité mais sera-t-elle pérenne… ? On est en droit de se poser la question compte tenu des risques derégionalisation qui pèsent sur son avenir. Et Marie Arena ne s’est pas privée de le souligner : « On a sauvé la politique des grandes villes en 2009. En 2010,on verra quel sera son avenir à travers le dialogue institutionnel. Mais quoi qu’il arrive, les moyens vont continuer. S’il y a une régionalisation de la politique des grandes villes,nous prenons l’engagement que cela ne se fera pas sans régionaliser les moyens. »

1. Cabinet de Marie Arena :
– adresse : rue Ernest Blérot, 1 à 1070 Bruxelles
– tél. : 02 238 28 11.
2. www.politiquedesgrandesvilles.be. L’évaluation est téléchargeable à la rubrique« publications ».

Baudouin Massart

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