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De l’habitat alternatif pour reloger les résidents permanents en camping

L’habitat permanent dans les campings n’est pas qu’un phénomène wallon. Il concerne également le nord du pays, où, au 1er janvier 2004, 1.776personnes habitaient officiellement dans des campings. De manière indirecte, la Région bruxelloise participe aussi du phénomène, puisqu’on retrouve une bonne part deBruxellois dans les campings. N’ayant pu trouver de logement adéquat à un prix abordable, ces derniers n’ont eu d’autre choix que de quitterl’agglomération.

29-08-2004 Alter Échos n° 169

L’habitat permanent dans les campings n’est pas qu’un phénomène wallon. Il concerne également le nord du pays, où, au 1er janvier 2004, 1.776personnes habitaient officiellement dans des campings. De manière indirecte, la Région bruxelloise participe aussi du phénomène, puisqu’on retrouve une bonne part deBruxellois dans les campings. N’ayant pu trouver de logement adéquat à un prix abordable, ces derniers n’ont eu d’autre choix que de quitterl’agglomération.

Depuis quelques mois, cette problématique fait l’objet d’un atelier de réflexion au sein du Service de lutte contre la pauvreté du Centre pourl’égalité des chances et la lutte contre le racisme1. Il rassemble des associations et des institutions du nord et du sud du pays, auxquelles les conclusions de l’atelierdevraient être communiquées en septembre. Néanmoins, il est déjà possible de présenter les grandes tendances qui se sont dégagées au cours desdiscussions.

« Tout d’abord, déclare Thierry Martin, du Service de lutte contre la pauvreté, les participants estiment qu’il faut casser le mythe selon lequel il existe deuxgroupes de résidents permanents : les alternatifs et les naufragés. Les réalités sont nettement plus nombreuses et diverses. » Deuxième constat : « Onne peut simplement dire que pour garantir un logement décent, on va évacuer les campings pour reloger des gens dans les logements sociaux. Il y a un refus d’une partie despersonnes de se retrouver dans les hautes tours du logement social. Certains revendiquent le droit d’être proches de la nature. Il faut donc trouver de vraies solutions d’habitatalternatif dans notre société. »

Et de citer les projets pilotes de Brugelette, dans le Hainaut, et de Zemst, en Brabant flamand. Le premier consiste en la construction de six logements sociaux groupés, en milieu rural. Lechantier a débuté en mars 2004. L’objectif est de permettre de maintenir les liens sociaux noués entre les habitants, qui bénéficient d’unaccompagnement social collectif. Le projet réunit divers partenaires comme l’asbl Solidarités nouvelles, le CPAS, la société de logement social «L’Habitat du pays vert », etc. À Zemst, le projet pilote consiste en la création d’une nouvelle catégorie d’affectation du sol en matièred’aménagement du territoire : les « zones d’habitat à caractère récréatif ». Ce dernier devra répondre aux prescriptions suivantes :combinaison d’emplacements sur un même terrain d’un habitat à caractère récréatif et d’un habitat permanent, sur des parcelles de trois aresmaximum, avec une superficie au sol de 60m2 avec une hauteur de faîte de 5 m. Les habitants ont été impliqués avec le soutien du RISO (Regionaal instituut voorsamenlevingsopbouw). Concrètement, deux terrains voisins seront consacrés l’un aux séjours récréatifs (90 logements) et l’autre à l’habitatpermanent (33 logements). Les deux entités seront reliées par un sas.

Pour Thierry Martin, ces expériences démontrent qu’il est possible de mettre en œuvre des solutions alternatives de relogement. Celles-ci nécessitent bien sûrd’impliquer les gens dans le processus. Il reconnaît que certaines personnes ne veulent plus vivre dans les campings. Bien sûr, pour cela, il faut davantage de logements sociaux etd’AIS (agences immobilières sociales), mais il ne faut pas négliger la piste de l’habitat alternatif.

Et de conclure : « Il ne faut pas perdre de vue que si l’habitat permanent dans les campings existe, c’est parce que la société ne leur a rien offert d’autre.Les résidents permanents méritent le respect parce qu’ils se sont réapproprié leur droit au logement. »

1. Le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale fait partie du CELCR (Centre pour l’égalité des chances et la luttecontre le racisme), rue Royale 138 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 212 31 66 – fax : 02 212 30 30 – site : www.luttepauvrete.be

Baudouin Massart

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