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À l’heure de la crise économique et des politiques d’activation, la fédération wallonne des secrétaires de CPAS veut remettre l’humain au cœur del’économie.

10-05-2010 Alter Échos n° 294

À l’heure de la crise économique et des politiques d’activation, la fédération wallonne des secrétaires de CPAS veut remettre l’humain au cœur del’économie et du débat.

La croissance économique ne fait pas le bonheur. Certes, elle comble un certain nombre de besoins matériels. Mais la croissance n’a de sens que si elle permet d’accéderà d’autres aspirations légitimes que sont la santé, la quiétude, la vie familiale, etc.

Comment concevoir des politiques sociales qui, au-delà de la lutte contre la pauvreté financière, prennent en considération le bien-être plus globalement ?La fédération wallonne des secrétaires de CPAS s’est penchée sur la question durant son congrès annuel. « Il faut sortir de la fonction Bancontact, lanceBernard Antoine, secrétaire général du CPAS de Montigny-le-Tilleul1 et organisateur de l’événement. On peut aider des personnes à apurer leursdettes, seront-elles heureuses pour autant ? »

Durant ces deux jours de réflexion soutenue, les gestionnaires wallons des CPAS ont parlé de capabilité, d’État-réseau, de droits-autonomie, et autres conceptsalternatifs. Ces questions n’ont pas été mises à l’agenda complètement par hasard. La crise économique a redonné du poids aux théories que l’onregroupe parfois sous le terme d’économie du bonheur. Par ailleurs, les secrétaires de CPAS entendaient aussi réfléchir à des réponses alternatives auxpolitiques d’activation.

« Les politiques d’activation sont de la poudre aux yeux. Il faut prendre en compte les ressources et la liberté des individus. La mission des CPAS devrait d’abord être devaloriser les capacités des gens », insiste Bernard Antoine. Pour lui, la solution pourrait venir du côté du prix Nobel d’économie Amatrya Sen, quidéfinit le développement humain comme l’amélioration des libertés et capacités de chacun.

Indicateurs alternatifs

Réfléchir à un modèle de société qui prenne davantage en considération le bien-être, implique avant tout de définir ce bien-êtreet de pouvoir le mesurer.

Le PIB, principal indicateur utilisé pour mesurer le niveau de vie dans nos sociétés, fait l’objet de vives critiques. Chaque fois qu’un accident endeuille nos routes, lasérie d’activités économiques qui en découlent (honoraire du médecin, achat d’une nouvelle voiture…) contribue à accroître le PIB.

Indicateur de développement humain, de progrès véritable, de bien-être économique soutenable… ONG et institutions internationales y vont chacune de leur mesurealternative. En Région wallonne, l’Iweps2 a construit un indicateur qui situe chaque commune par rapport à l’accès aux droits fondamentaux de ses habitants. Untravail salué au niveau européen. L’étape suivante vise à associer les citoyens à la réflexion. Ainsi, l’institut entame, dans 18 communes wallonnes, unerecherche avec des groupes de citoyens qui exprimeront leur vision du bien-être.

Sur le terrain

« Nous assistons aujourd’hui à un changement de paradigme », constate l’organisateur du colloque. Mais concrètement, comment la prise en compte dubien-être se traduit-elle dans le travail quotidien d’un CPAS  ? Les idées ne manquent pas. Au centre de ressources individuelles et collectives du CPAS de Soignies3, pour citer unexemple, on organise aussi bien des ateliers vidéo que des cours de cuisine. Le bar à soupe et le potager communautaire sont l’occasion de s’initier aux plaisirs d’une cuisineéquilibrée sans se ruiner. « De façon ponctuelle, certains CPAS mettent en place des projets qui s’inscrivent dans cette logique de bien-être. Je connais un CPASqui a proposé à une artiste de réaliser une sculpture pour l’institution. Un autre a revu l’accueil du public pour fonctionner davantage sur rendez-vous. De cette façon,les usagers se sentent attendus. Mais à ce stade cela reste encore des projets ponctuels », admet Bernard Antoine. Les plans de cohésion sociale mis en place en Régionwallonne vont aussi dans ce sens. « Mais à l’heure actuelle, les CPAS n’y jouent pas un rôle clé. »

1. CPAS de Montigny-le-Tilleul :
– adresse : rue Wilmet, 6 à 6110 Montigny-le-Tilleul
– tél. 071 51 04 15
– courriel : bernard.antoine@cpas-mlt.be
2. Institut wallon de l´évaluation, de la prospective et de la statistique :
– adresse : rue du Fort de Suarlée, 1 à 5001 Namur
– tél. : 081 46 84 11
– courriel : info@iweps.be
– site : http://statistiques.wallonie.be
2. Cric :
– adresse : chée de Braine, 51 à 7060 Soignies
– tél. : 067 34 81 76
– site : www.elgazette.be
– Pour en savoir plus consulter notre cahier Labiso nº 9 (« LeCric du CPAS de Soignies. Projets collectifs dans un espace transitionnel ») sur le site : www.labiso.be

Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

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