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Migrations

Asile en Europe : une situation absurde

L’ONG ECRE vient du publier une étude comparative et critique qui se penche sur le régime européen d’asile.

12-09-2014
Camp de réfugiés en Grèce. © Sara Prestianni

L’ONG ECRE vient du publier une étude comparative et critique qui se penche sur le régime européen d’asile. 

Suite au naufrage de Lampedusa, il y eut bien des larmes – « de crocodiles » ajoutèrent certains.

Puis vint le temps des promesses et de certains engagements : l’Union européenne aida l’Italie à monter son opération « Mare Nostrum » dont le but officiel était de sauver les vies de ces migrants perdus en mer. Ceux qui tentent de rejoindre l’Europe.

Puis les mois passent et il semblerait malgré tout que l’on n’ait pas perdu les mauvaises habitudes. Les derniers conseils des ministres de l’Union européenne ont mis à nouveau l’accent sur le « contrôle aux frontières » et la « coopération avec les pays tiers » (imputant à ces États limitrophes de l’UE une responsabilité dans le contrôle de nos frontières). C’est l’une des conclusions de l’ONG Ecre (European council on refugees and exiles) qui vient de publier une étude fouillée sur le régime d’asile européen commun.

On y aborde deux dimensions. Tout d’abord les possibilités d’accès au territoire européen. Il est toujours très périlleux pour un migrant (et donc pour un réfugié ou un demandeur d’asile, le public « cible » d’Ecre) de franchir les frontières, par voie maritime ou, plus rarement, aérienne.

On peut d’ailleurs lire dans le communiqué de l’ONG : « Il est absurde que des réfugiés soient forcés de dépenser des milliers d’euros afin de se payer un voyage vers l’Europe qui pourrait leur coûter la vie, et ce à cause de sanctions aux transporteurs, de restrictions de visas ou de contrôles aux frontières. Autant d’obstacles semés pour les empêcher de voyager légalement alors que beaucoup d’entre eux, Syriens ou Érythréens, pourraient se voir reconnaître le statut de réfugié et le droit de reconstruire leur vie en Europe, s’ils survivaient à leur voyage. » (librement traduit de l’anglais NDLR).

Car c’est bien le sens de cette alerte lancée par Ecre. Le nombre de réfugiés n’a jamais été aussi important depuis la seconde guerre mondiale. Les situations de crise, de guerres, de violences se multiplient. Et malgré cela, les barrières ont toujours tendance à se fermer.

Une fois arrivés en Europe, les demandeurs d’asile débarquent dans des mondes extrêmement différents. Dans certains pays ils seront détenus, dans un autre pas. Ici, ils auront droit à un accueil, ailleurs cela sera beaucoup plus compliqué. Pareil pour l’obtention du statut de réfugié ou le droit à un recours contre une décision. Bref, c’est la théorie du régime d’asile européen commun qui est relativisée. Rappelons que l’Union européenne s’est donné pour but d’harmoniser les procédures d’asile, mais aussi les conditions d’accueil ou l’accès à certains droits (par exemple concernant l’aide juridique).

Avec cette étude – ou projet Aida (asylum information database) – on réalise que cet objectif est encore très loin d’être atteint. Ecre, avec l’aide de l’association française Forum réfugiés – cosi, du Hungarian Helsinki committe et du Irish refugee council, compare la situation dans 15 pays de l’Union européenne, dont la Belgique. De quoi rappeler que la situation des demandeurs d’asile, par exemple au regard du recours à leur détention, reste extrêmement variable d’un pays à l’autre de l’Union européenne.

Pour des infos détaillées, consulter le site du projet : http://www.asylumineurope.org/

 

 

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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