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Regard critique · Justice sociale

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Aînés et logement : une histoire à rallonge

Ce 27 mars, un colloque était consacré aux formes de « logements » des aînés, véritable défi à relever avant 2050.

24-04-2009 Alter Échos n° 271

Ce 27 mars, un colloque était consacré aux formes de « logements » des aînés, véritable défi à relever avant 2050.

« D’ici 2050, le nombre de seniors de plus de 60 ans va doubler, les aînés de plus de 75 ans vont eux presque tripler et les plus de 85 ans seront quatre fois plusnombreux », annonce l’invitation au colloque « Aînés et logements : lieux de vie, lieux de ville  ? », organisé par le département duLogement (DGO4)1, le Réseau logement et le département des Aînés et de la Famille (DGO5) de la Région wallonne. Pour Bernard Monnier, directeur faisantfonction du département Logement, il est temps aussi de réaffirmer que la politique du logement est une politique sociale, il faut créer du logement décent etadapté tout en valorisant les liens sociaux. « Le but est que l’espérance de vie en bonne santé évolue, ce qui implique que les logements adaptés et lesinfrastructures aussi », explique-t-il. D’ici la moitié du siècle, les plus de 65 ans représenteront en effet 25,9 % des Belges contre 17,2  % aujourd’hui.

Quelques chiffres

L’élément phare du colloque fut la présentation des résultats d’une étude consacrée au « parcours résidentiel des personnesâgées de plus de 55 ans en Wallonie ». Confiée par la Région wallonne à la société Dedicated research, elle a étémenée auprès de 1 000 personnes. Et ses résultats dénotent.
Il apparaît que 29 % des sondés ont déménagé après 50 ans et que 11 % prévoient de le faire dans les années à venir. De plus, il n’yaurait pas de retour à la ville et à ses facilités, contrairement à ce que l’on pourrait croire.

« Toutefois, la volonté de rester dans un lieu ancré domine, observe Bernard Monnier, car il y a souvent un manque d’anticipation d’une perte d’autonomie ou d’un handicap.Souvent, l’entrée en maison de repos et de soins se fait dans l’urgence à la sortie de l’hôpital à la suite d’une chute. »

L’étude montre encore qu’il est difficile d’envisager des projets de logement intergénérationnel ou d’habitat groupé. Suivant les régions, entre 7 et 16 %des personnes âgées sont prêtes à louer une partie de leur logement devenu trop grand pour elles. Concernant l’habitat groupé – choix de vie à plusieursavec un projet commun – seuls 3  % des sondés sont convaincus. Toutefois, cette proportion grimpe à 19  % d’intéressés, une fois qu’on leur a expliquéle concept.

Évolution sociétale

Tout au long de la journée, différents projets de lieux de vie ont été présentés et l’étude a été abondamment commentée. On selimitera à quelques éléments. Ainsi, Philippe Defeyt, président du CPAS de Namur, signale que le retour ou non à la ville se fait dans un contexte où lesconstructions évoluent aussi en milieu rural et semi-rural et sont plus adaptées que par le passé. Marie-Claire Sépulchre, administratrice déléguée del’Aide à domicile en milieu rural, pointe le fait que la sous-location est difficile dans des maisons qui n’ont pas été structurées en vue d’une cohabitation. Et si celase fait, il faudrait prévoir une médiation pour rassurer les personnes âgées, estiment plusieurs. Un rôle où se retrouverait facilement une AIS, proposeÉric Damanet, gestionnaire de l’agence immobilière sociale de Gembloux-Fosses.

Chargé de synthétiser la journée, Nicolas Bernard, professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis, constate que le senior reste attaché à sonhabitat mais qu’il ne prévoit souvent rien pour s’y maintenir, puisqu’il ne planifie aucune adaptation du bâti en cas de perte d’autonomie. Deuxièmement, il note que le logementsocial, presque pas évoqué durant cette journée, est pourtant frappé de plein fouet par la problématique du vieillissement, car les seniors représentententre 30 % (en Région wallonne) et 40 % (à Bruxelles) des locataires sociaux. Or, la nouvelle réglementation locative sociale a ménagé, en Région wallonne,la possibilité dans le chef de la société de logement social d’une résiliation triennale pour cause d’inadaptation du logement. Certaines personnes âgéesrisquent potentiellement de se retrouver dans des logements de petite taille, ce qui pourrait compromettre leur capacité à accueillir leurs petits-enfants, par exemple. Un légerassouplissement de la notion d’adaptation du logement pourrait être la solution à ce problème.

1. DG04 :
– adresse : rue des Brigades d’Irlande, 1 à 5100 Jambes
– tél. : 081 33 21 11
– site : http://mrw.wallonie.be/dgatlp

Baudouin Massart

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