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À Laeken, un contrat de quartier fait pousser un jardin pédagogique

Rue Albert, à Laeken, un jardin pédagogique sera bientôt inauguré. Créé dans le cadre du contrat de quartier Palais Outre Ponts (2002-2006), il prend placesur le site d’une ancienne usine. Porté par l’asbl Albert Street1, il sera accessible aux écoles alentours, aux associations et aux habitants du quartier Outre-Ponts. Leprojet a reçu le soutien de l’asbl Bruxelles, Ville-Région en santé2.

20-04-2007 Alter Échos n° 227

Rue Albert, à Laeken, un jardin pédagogique sera bientôt inauguré. Créé dans le cadre du contrat de quartier Palais Outre Ponts (2002-2006), il prend placesur le site d’une ancienne usine. Porté par l’asbl Albert Street1, il sera accessible aux écoles alentours, aux associations et aux habitants du quartier Outre-Ponts. Leprojet a reçu le soutien de l’asbl Bruxelles, Ville-Région en santé2.

L’entrée du jardin pédagogique se situe au coin de la rue Albert et de la rue des Palais Outre Ponts. Un chemin campagnard se faufile entre la ligne de chemin de fer Bruxelles-Alostet l’arrière des maisons de la rue Albert. Les premiers panneaux pédagogiques apparaissent. Plus loin, plusieurs bacs sont destinés à accueillir un jardin potager. Encorequelques pas et vous pénétrez au cœur d’un petit parc naturel (2 000 m2) où l’on peut trouver une mare – où nage parfois un canard col-vert – etquantité d’arbres et de végétaux de toutes sortes.

Du site pollué…

“Au début du XXe siècle, l’usine Bouhon fabriquait tout d’abord des encres, nous raconte Jean-Louis Smeyers de l’asbl Albert street. Puis, elle a fabriqué descrayons gras, mais aussi des crayons à mine de plomb. Ensuite, l’usine a fermé. Il y a 35 ans, la Ville de Bruxelles a acheté le terrain. Dix ans plus tard, suite à lapression des habitants, les autorités communales ont démoli l’usine qui menaçait de s’effondrer. Et le terrain est devenu vague…”

Arriva alors le contrat de quartier Palais Outre Ponts (POP) couvrant la période 2002-2006. La Ville décide de faire du terrain des jardins-potagers. Des carottages sontpratiqués dans le sol et démontrent que le site est lourdement pollué au plomb. “Bien sûr, il y en a moins là où l’usine se trouvait, expliqueJean-Louis Smeyers. Il était de coutume pour les usines de déverser leurs déchets à la limite du site, soit là où passe la servitude qui longe la voie dechemin de fer. Il y a deux fois le taux admis pour cultiver. Cependant, le niveau de pollution est inférieur à celui qui interdirait d’en faire un parc public.”

… au jardin pédagogique

L’asbl Bruxelles, Ville-Région en santé a proposé d’en faire quelque chose et d’appuyer les habitants dans leurs contacts auprès des administrations. «L’idée d’un parc est apparue rapidement, poursuit notre interlocuteur. Mais quel genre de parc ? Il existe déjà de nombreux parcs à Laeken, même s’ils sontexcentrés. Aussi, avons-nous proposé d’en faire un parc naturel que l’on pourrait visiter… d’où l’idée d’un jardin pédagogique. »

Le but était donc de créer un coin de nature qui permette une gestion légère en « site naturel » – et non en « réserve naturelle »,compte tenu du taux de pollution.

« On laisse pousser les choses, commente notre guide. De temps en temps, on introduira des plantes locales qui pourront pousser naturellement. Nous voulons permettre aux écoles, auxassociations et aux habitants de venir voir ce qu’est la nature. Nous nous sommes associés avec Jardins solidaires, une association qui fait des potagers en bac sur pilotis. Ainsi nouspourrons aussi montrer ce qu’est un jardin potager et montrer la différence avec la nature. On a ajouté une mare avec l’aide de Vivaqua pour favoriser la biodiversité…L’inventaire biologique du parc recense 40 sortes de plantes. Cela va des ronces aux arbres. La faune n’est pas oubliée. On a vu un trou de renard. Il est prévu d’installer des nichoirspour oiseaux, ainsi que des nichoirs pour chauves-souris. Le projet est riche en idées et en ressources. »

Financement

Le projet a été accepté en 2005 par la CLDI (Commission locale de développement intégré) du contrat de quartier. Le projet est étrangementpassé du volet 4 (réaménagement espaces publics) au volet 5.1 (création ou le renforcement d’infrastructures et d’équipements de quartier). « Après unan et de demi de discussions administratives, commente Jean-Louis Smeyers, un bail emphytéotique a été conclu avec la Ville, en mars 2006,, pour la location du lieu. Une demandede permis a dû être introduite pour pouvoir abattre certains arbres et le permis a été obtenu en juin. La ferme Nos Pilifs – entreprise de travail adapté – a obtenule contrat comme maître d’œuvre du projet, parce qu’ils avaient bien compris l’essence du projet. Une convention a été passée avec la SNCB pour l’utilisation de laservitude et l’établissement de clôtures, le long de la voie ferrée, pour prévenir tout accident. Le budget (95 000 euros) a été bouclé endécembre 2006. Pour la suite, on recherche des sponsors. »

Le parc est géré par une asbl. Les habitants sont prépondérants au sein du CA : six habitants, deux représentants de la Ville et un représentant desécoles. L’asbl peut aussi compter sur un noyau dur d’une vingtaine d’habitants (40 avec les sympathisants).

Un intérêt certain

Les quatorze écoles du quartier, contactées, ont toutes fait part de leur intérêt pour le projet (« On s’était d’abord renseigné auprèsd’elles avant même de lancer le projet », précise notre guide). D’autres associations travaillant sur la nature (Natagora, etc.) sont également preneuses. L’inaugurationofficielle est prévue le 5 mai, et l’ouverture aux habitants le 27 mai.

1. Albert Street, rue Jan Bollen, 26 à 1020 Bruxelles – tél. : 02 428 75 27 – courriel : albertstreet@skynet.be
2. Bruxelles, Ville-Région en santé, quai du Commerce, 7 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 219 84 44 – courriel : ville.sante@oms.irisnet.be

Baudouin Massart

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