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Ceci n'est pas un double woofer... © Orange sky laundry

À Brisbane, les sans-abri lavent leur linge sale en combi

12 août 2015 Julien Winkel

La chronique Social Décalé de Julien Winkel.

L’arrière de leur camionnette a des allures de combi « tunné » à coup de doubles woofers monstrueux. Pourtant, Lucas Patchett et Nicholas Marchesi, deux jeunes types originaires de Brisbane, en Australie, ne sont pas du genre à faire « claquer les watts ». Voir la carrosserie de leur véhicule trembler sous l’effet de basses à faire vomir Mister-T en personne, très peu pour eux. Leur trip, ce serait plutôt de faire claquer le linge. Et de maltraiter leur Volkswagen à l’aide de vibrations produites par deux machines à laver de 10 kg de capacité.

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© Orange sky laundry

Voilà un an que ces deux jeunes âgés de 20 ans arpentent les rues de leur ville au volant de ce qu’il présentent comme « la première wasserette mobile au monde pour sans-abri ». Le nom du projet : Orange sky laundry. L’histoire ne dit pas s’ils l’écoutent au volant, mais ce patronyme provient d’une chanson d’Alexi Murdoch, nommée… « Orange Sky ». Deux couplets de la chanson, à défaut de faire claquer les watts, auront au moins réussi à faire tilter les méninges des deux compères : « In your love, my salvation lies » – Mon salut dépend de ton amour – et « I had a dream I stood beneath an orange sky, with my brother standing by » – J’ai rêvé que je me tenais sous un ciel orangé, mon frère à mes côtés -. « Le message de ce morceau concerne le fait d’aider ses frères et soeurs. Ces valeurs sont impératives pour nous et au centre de notre projet », peut-on lire sur le site internet d’Orange sky laundry.

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© Orange sky laundry

Grâce à des rendez-vous réguliers toutes les semaines en certains points de la ville, les deux jeunes hommes aident ainsi chaque semaine une cinquantaine de « frères et soeurs » SDF de Brisbane à nettoyer leur linge gratuitement. Une autre camionnette écume aussi les routes de Gold Coast, offrant ses services à une trentaine de personnes. Un troisième van vient quant à lui de sortir du garage, à Melbourne cette fois-ci. Détail qui a son importance : Lucas et Nicholas sont bénévoles tout comme les 350 autres personnes engagées dans le projet. « Cela dit, nous avons 100 bénévoles impliqués de manière régulière », tempère Nicholas. Avant de préciser que le projet ne bénéficie pas de financements publics. « Nous sommes entièrement financés par le biais de dons », explique le jeune homme. Sur le site, on peut d’ailleurs voir que quelques marques bien connues soutiennent l’initiative. L’Australie, c’est loin, mais si vous voulez faire un don, c’est ici. Et on vous le jure, ce n’est pas pour financer des doubles woofers.

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A propos de l'auteur

Julien Winkel

Dans ses rêves d’enfance, Julien se voyait astronaute. À tel point qu’il imaginait qu’une fusée l’attendrait à la sortie de l’école pour l’emporter dans les étoiles, loin de ce monde de brutes. Lorsqu’on l’interroge sur ses héros, Julien affiche une belle cohérence puisqu’il cite Ian Solo et Marty Mac Fly. Pourtant, quelques années plus tard, c’est avec un diplôme de journaliste et un master européen en étude du spectacle vivant qu’il se retrouve. En tandem avec Cédric Vallet, Julien forme ainsi le pôle excellence de la rédaction. Il entretient en parallèle une passion extrême pour la musique : « surtout la musique noire américaine des 50’/60’s/70’s : soul, blues, funk. Il y a tellement d’émotion, de beauté, de drames, de rêves de rédemption et de vie dans cette musique qu’elle permet de ne pas finir racorni par les aléas de la vie et de ne pas totalement désespérer de l’espèce humaine. » Une envolée lyrique digne de la plume qu’il manie au service d’une « information jugée plus importante que jamais bien que vraiment galvaudée en de trop nombreuses occasions ». julien [dot] winkel [at] alter [dot] be

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