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513 m2 de mixité pour sortir de la précarité

Depuis début avril, une maison atypique accueille une quinzaine d’habitants fragilisés au cœur du quartier Nord de la capitale. Fruit de solidaritéstrans-associatives, la maison-relais La Fraternité propose quatre logements à vocation sociale.

27-04-2010 Alter Échos n° 293

Depuis début avril, une maison atypique accueille une quinzaine d’habitants fragilisés au cœur du quartier Nord de la capitale. Fruit de solidaritéstrans-associatives, la maison-relais La Fraternité propose quatre logements à vocation sociale. Et ouvre ses portes à deux associations du quartier.

Si, aux numéros 32-34 de la chaussée d’Anvers, des ouvriers s’attellent encore aux derniers travaux d’aménagement, la maison-relais La Fraternité vitdéjà de l’intérieur. Car c’est là que quatre sans-abri et trois femmes seules avec enfants ont trouvé provisoirement un toit pour se reconstruire,quitter la rue ou la précarité.

Financée par la Foncière d’Habitat & humanisme, La Fraternité est le fruit de la collaboration de cinq associations : la Fondation Habitat &humanisme1, le Fonds Henri Servais2, Fami-Home3 – service d’habitat accompagné –, l’AIS (agence immobilière sociale) Logement pourtous4 et la Maison rue Verte5 – maison d’accueil pour des femmes seules avec enfants.

Laboratoire social et hybride, qui s’inscrit comme une alternative aux maisons d’accueil classiques, la maison-relais est destinée aux personnes en grandedifficulté, qu’elles aient connu la rue, les hébergements d’urgence ou se trouvent dans des situations critiques. « Sa vocation est de servir de tremplin pour uneréinsertion, mais elle représente également un pari de cohabitation, car on mélange différents types de populations qui y vivent en toute autonomie, selon leprincipe de l’habitat solidaire », explique Julie Rondier, coordinatrice d’Habitat & humanisme.

D’une superficie de 513 m2., la maison-relais se décline sur quatre niveaux : le rez-de-chaussée abritera dès le 1[sup]er[/sup] mai deux associations –« Soup & information for asylumseekers » et « Petits boulots du quartier Nord » ; le premier étage comprend deux logements de transit pour desfemmes seules avec enfants, accompagnées par La Maison rue Verte ; quatre sans-abri, accompagnés par Fami-Home, cohabitent au deuxième étage tandis qu’une famille,candidat locataire chez Logement pour tous occupe un duplex au troisième étage.

C’est quoi un maison relais  ?

Une maison-relais, c’est un projet de vie à long terme. « Les personnes choisissent de vivre ensemble à un moment donné pour construire un lien social. Entreelles, avec les associations qui occupent le rez-de-chaussée, mais aussi avec le quartier », explique Mallorie Van den Nyden, directrice de Fami-Home. Outre le logement, les occupants dela maison-relais bénéficient d’un suivi à domicile de manière hebdomadaire ou mensuelle avec un travailleur social qui s’occupe de leurs problèmes desanté, la gestion de leur budget, la recherche d’emploi, en fonction de leur situation personnelle et de leurs besoins.

Souvent, les sans-abri sont amenés à voguer de logement en logement, pris dans la spirale du provisoire, de la précarité et de la solitude. À travers ce projetnovateur de maison-relais, les associations ont décidé d’encourager l’engagement sur le long terme d’un public précarisé – quitter la rue pour debon, pour une vie stable dans un chez-soi durable. « On fournit plusieurs contrats de bail différents, de 160 à 200 euros par mois. Pour le moment, les quatrecohabitants sont en logement de transit, mais après dix-huit mois, ils ont la possibilité d’avoir un bail classique et de rester dans un logement s’ils lesouhaitent », indique Pierre Denis, coordinateur de Logement pour tous. Et d’insister  : « À la différence des maisons d’accueil classiques,dans lesquelles la durée de séjour est limitée, la maison-relais offre aux résidents le temps nécessaire pour se relever. On n’est pas dans del’hébergement mais dans du logement intermédiaire. »

Pour Julie Rondier, « face à la situation critique du logement à Bruxelles, l’habitat groupé apparaît de plus en plus comme une alternative aulogement individuel, que certaines personnes ne peuvent plus se permettre aujourd’hui. Or, à Bruxelles, il existe de nombreux bâtiments susceptibles de créer ce typed’initiatives. Mais on manque encore de partenariats entre le privé et le public et de soutiens concrets du politique. »

1. Habitat & humanisme :
– adresse : bd Émile Bockstael, 160 à 1020 Bruxelles
– tél.  : 02 427 26 87
– courriel : office@habitat-humanisme.be
2. Fonds Henri Servais :
(hébergé au sein de la Fondation Roi Baudouin)
– contacts : Marie Carton (02 549 02 60) ou Catherine Adant (02 549 61 51)
3. Logement pour tous :
– adresse : rue du Chimiste, 34-36 / bte 10 à 1070 Anderlecht
– tél. : 02 524 54 30
– courriel : lpt.izw@misc.irisnet.be
4. Fami-Home
– adresse : quai du Hainaut, 29 à 1080 Bruxelles
– tél.  : 02 512 06 73
– courriel  : fami_home@yahoo.fr
5. Maison rue Verte :
– adresse : rue Verte, 42 à 1210 Bruxelles
– tél.  : 02 223 56 47

Rafal Naczyk

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