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Jeunesse (Aide à la)

Mobilité des jeunes ruraux : ça bouge !

Alter Échos n° 382-383 16 mai 2014 Cédric Vallet

La mobilité des jeunes en milieu rural est un problème bien connu. Des maisons de jeunes organisées en collectif le dénoncent depuis longtemps. Une recherche-action vient confirmer le diagnostic et liste des initiatives simples et concrètes pour y remédier.

Samedi soir, c’est PlayStation. Voilà la seule perspective qu’ont bon nombre de jeunes vivant à la campagne. Ils aimeraient rejoindre leurs amis à la maison de jeunes. Mais pour ça, il faut se déplacer. Les parents rechignent à jouer au taxi et craignent que les déplacements en vélo ne soient trop dangereux, la nuit, sur des routes mal éclairées. Quant aux transports en commun, c’est bien simple, en dehors des horaires scolaires ils sont presque inexistants.

Le problème de la mobilité des jeunes en milieu rural est bien connu. Il sera désormais un peu mieux documenté. La Fondation rurale de Wallonie est sur le point de publier une recherche-action intitulée «Se déplacer à la campagne : les maisons de jeunes cherchent des solutions».

Cette recherche est la résultante de la mobilisation d’un collectif de maisons de jeunes du sud-est de la province de Liège. «Cose toujours» réunit 18 maisons et centres de jeunes. Constitué pour trouver des solutions aux problèmes des maisons de jeunes, le collectif attire l’attention sur les difficultés de mobilité depuis bientôt 10 ans.

Alors que «Cose toujours» réclamait aux pouvoirs publics de nouveaux minibus, l’idée d’une recherche-action a germé du côté de l’administration et du cabinet de la ministre.

Et les résultats sont là, confirmant l’évidence : «Lorsque les maisons de jeunes (MJ) proposent le plus d’activités, pendant les vacances ou en soirée, c’est là que les transports en commun sont les moins nombreux, confirme Katty De Groote, de la Fondation rurale de Wallonie. De plus, beaucoup considèrent à partir d’un certain âge que le vélo est ringard.» Selon elle, il est important que les maisons de jeunes «aient les moyens d’organiser leurs activités. Pour remplir au mieux leurs missions d’éducation permanente». En facilitant la mobilité, la participation aux activités de la MJ, on favorise l’ouverture d’esprit, la rencontre, le mélange et la découverte.

Des solutions concrètes

Au-delà du constat, désormais bien connu, la Fondation rurale de Wallonie propose une série de solutions très concrètes via des «fiches techniques». Certaines impliquant des surcoûts budgétaires, d’autres pas. La piste des «minibus» est évidemment reprise. «Dans certains villages il serait possible de mutualiser un véhicule entre plusieurs partenaires associatifs», explique Jessica Binot, coordinatrice de la maison de jeunes Le Grenier, de Stavelot, parlant au nom du collectif.

Autre piste, et pas des moindres : pousser les TEC à moduler leurs horaires et leurs prix. «Cose toujours» a déjà fait des appels du pied à la Société régionale wallonne du transport. «La réponse des TEC était de développer le réseau proxibus. De plus petits bus, avec des déplacements plus réguliers», nous apprend Jessica Binot.

Les choses avancent. Et cet outil n’y est pas pour rien, comme l’explique la coordinatrice du Grenier : «Certes, les constats sont connus, mais la recherche-action donne plus de poids à ces constats. Elle permet d’avoir plus d’impact. Nous avons l’impression d’être davantage écoutés.»

Quant aux solutions de terrain, elles sont nombreuses, et directement inspirées de l’expérience des maisons de jeunes. Développer des plates-formes locales de covoiturage parental, mettre à disposition des vélos électriques tout en imaginant des actions pour redorer l’image du deux-roues. D’autres bonnes pratiques sont mises en avant, comme les «taxis juniors» mis en place par la commune de Hannut, ou encore le «guichet unique mobilité» imaginé dans la Botte du Hainaut pour informer de toutes les initiatives visant à faciliter les déplacements.

Finalement, les citoyens sont encouragés à titiller leurs élus locaux pour qu’ils mettent en place des «plans communaux de mobilité» ou des «programmes communaux de développement rural ‘jeunes inclus’».

Aller plus loin

Alter Échos n°326-327 du 11.11.11 : Remettre la MJ au milieu du village

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A propos de l'auteur

Cédric Vallet

Cédric nous vient tout droit du Sud… de la France, de Montpellier précisément. D’ailleurs, s’il ne devait pas travailler, il passerait son temps à jouer à la pétanque. Avec son collègue Julien Winkel, il forme le « pôle excellence » de la rédaction d’Alter Échos. Ce qui explique que son héros, c’est ledit Julien Winkel, dans ses grands jours. Doté d’un sens de l’humour bien aiguisé dont il fait souvent montre dans ses papiers, Cédric nous définit le social comme un bolo au Verschueren ; « ça n’existe plus mais c’était « social ». Il pratique le journalisme pour contredire tout le monde, tout le temps, à commencer par lui-même. cedric [dot] vallet [at] alter [dot] be

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