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Edito
CC- Joe Goldberg

Tous télégalitaires!

Alter Échos n° 459 7 février 2018 Sandrine Warsztacki

Bonne nouvelle pour les téléspectateurs wallons, la redevance de 100 euros imposée à chaque ménage, quel que soit son revenu, est supprimée depuis ce 1er janvier à l’issue d’un de ces rocambolesques feuilletons politiques dont la Belgique a le secret. Dans le premier épisode, le PS, en froid avec le cdH – son partenaire de gouvernement qui ne veut plus gouverner avec lui – souhaite supprimer la taxe (c’est toujours bon pour les sondages). Le cdH bloque sur le financement de la mesure. Dans le deuxième épisode, le cdH et le MR, qui forment un nouveau gouvernement, abandonnent la taxe. Ne zappons pas trop vite l’enjeu de ce débat. Dans le très sérieux indice de déprivation matérielle utilisé par Eurostat, pouvoir couvrir les dépenses liées à la télévision fait partie des neuf critères pris en compte pour calculer le seuil de pauvreté d’une population, au même titre que l’accès au téléphone ou la consommation de protéines en suffisance.

«Chaque fois que l’on prend une décision (augmentation de la TVA, réforme fiscale, etc.), on devrait pouvoir disposer d’études qui permettent de quantifier son incidence.», Anne-Catherine Guio, chercheuse

Avec l’assurance autonomie, le parlement se prépare à tourner la saison 2 (lire «Une assurance autonomie pas très rassurante»). Dans le teaser, le gouvernement MR-cdH, tout heureux d’annoncer la disparition de la taxe télé que le même cdH avait refusée au PS (vous suivez?), présente dans la foulée la nouvelle formule de l’assurance autonomie. En janvier 2020, la Wallonie doit disposer d’une assurance destinée à financer les coûts du vieillissement. Pour pouvoir bénéficier de ce système, chaque Wallon de plus de 26 ans devra payer 50 euros par an (seuls les bénéficiaires de l’intervention majorée bénéficieront d’une réduction). L’opposition PS bondit: une redevance télé jugée inéquitable, car ne tenant aucun compte des revenus des ménages, est remplacée par le même type de taxe-cotisation forfaitaire.

Cette question de l’égalité des mesures, on peut se la poser dans d’autres dossiers. Dans nos colonnes, Anne-Catherine Guio revient sur les 10 dernières années de politiques de lutte contre la pauvreté (lire «La réforme des allocations familiales, une occasion manquée pour lutter contre la pauvreté infantile»). «Chaque fois que l’on prend une décision (augmentation de la TVA pour certains biens, réforme fiscale, etc.), on devrait pouvoir disposer d’études, et les diffuser, qui permettent de quantifier son incidence sur les plus vulnérables, sur les personnes en situation de pauvreté, sur les enfants qui vivent dans des familles qui risquent l’exclusion sociale», défend la chercheuse. Dans une étude qu’elle nous dévoile en primeur sur les conséquences de la réforme des allocations familiales en Wallonie en matière de lutte contre la pauvreté, l’experte estime que seulement 56% des familles wallonnes vont voir leur situation améliorée. «Derrière ce chiffre, la vraie question n’est pas tant de savoir combien de personnes y gagnent ou y perdent, mais bien d’identifier qui va gagner ou perdre de l’argent, qui sera plus fragilisé avec cette nouvelle politique, qui aurait pu bénéficier d’une politique plus ciblée.» À suivre sur la chaîne Alter Échos, l’Actualité sociale avec le décodeur.

 

 

 

 

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A propos de l'auteur

Sandrine Warsztacki

Sandrine rêvait de devenir glaciologue. Ou marchand de glaces. Elle a fini par vendre des articles sur papier glacé. Parce qu’elle a plus la bosse des lettres que des maths, Sandrine a étudié le journalisme et l’anthropologie à l'ULB. Aujourd’hui, Sandrine est rédactrice en chef d'Alter Échos. Pour elle, le social, c’est «un ensemble de travailleurs bien plus courageux qu’elle qui se battent au quotidien pour un monde plus juste». Et l’info, ce sont «des lignes qui peuvent parfois changer le cours des événements». Son héros : Jack London. sandrine [dot] warsztacki [at] alter [dot] be

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