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Enseignement

Tous genres bienvenus à l’école ?

PointCulture s’attaque au sexisme. Pour rendre visible l’impact des stéréotypes de genre, elle lance la campagne « Tous Genre Bienvenus ». Au menu jusqu’au 31 décembre : expos, conférences et ateliers dans les PointCulture de la Fédération Wallonie Bruxelles. Quelle est le rôle de l’école pour remettre en question ces stéréotypes inconsciemment ancrés dés le plus jeune âge ? La question était à l’honneur du colloque : « l’école des filles et des garçons ».

©tamibest

PointCulture s’attaque au sexisme. Pour rendre visible l’impact des stéréotypes de genre, elle lance la campagne « Tous Genres Bienvenus ». Au menu jusqu’au 31 décembre : expos, conférences et ateliers dans les PointCulture de la Fédération Wallonie Bruxelles. Quel est le rôle de l’école pour remettre en question ces stéréotypes inconsciemment ancrés dés le plus jeune âge ? La question était à l’honneur du colloque : « l’école des filles et des garçons ».

Si en apparence, l’école ne fait pas de différences, les chiffres parlent d’eux-mêmes. On constate un nombre proportionnellement plus élevé de filles dans l’enseignement général. Celles-ci ont un meilleur taux de réussite que leurs congénères. Paradoxalement pourtant, elles s’orientent vers des filières moins porteuses et valorisées. Même brillantes, peu choisissent des créneaux scientifiques ou techniques.

Un même constat s’impose du côté de leurs enseignants, parmi lesquels on compte une majorité de femmes (67,3 %). Un nombre qui diminue fortement lorsqu’on arrive aux postes de direction (47 %). Malgré une volonté de faire preuve de neutralité, on observe aussi des différences dans la façon dont les enseignants traitent leurs élèves. Par exemple, les garçons sont beaucoup plus interrogés que les filles ; à qui on demande de rappeler les enseignements de la leçon précédente, tandis que les garçons sont sollicités au moment de la production de savoir.

Lorsque l’égalité entre les sexes est abordée comme matière, elle est souvent détachée des rapports sociaux de sexe qui se jouent dans l’enceinte de l’école. Les inégalités sont rarement remises en cause dans la manière même d’enseigner. Les manuels scolaires sont d’ailleurs eux-mêmes truffés de représentations stéréotypées. L’exemple le plus flagrant étant celui de la femme qui, reléguée à la vie privée, a recourt aux fractions pour cuisiner ou faire du shopping durant les soldes. Tandis que son homme, le cerveau en ébullition, se penche sur l’exploitation des données dans le cadre du travail.

La conséquence malheureuse de ces stéréotypes véhiculés dans l’enseignement est qu’inconsciemment, les élèves finissent par s’y conformer ! Intégrer les dimensions de genre dans les pratiques d’enseignement est donc essentiel. Plusieurs choses sont mises en œuvre à cette fin par la direction de l’égalité des chances et la Fédération Wallonie Bruxelles.

Depuis 2006, les manuels scolaires doivent être agréés par la Commission de pilotage de la Communauté française sur la base des critères d’égalité et de non-discrimination. Ainsi, la brochure « Sexe & manuels »  permet aux inspecteurs, enseignants, formateurs de futurs enseignants et acteurs de la chaîne du manuel scolaire de détecter les représentations sexistes.

« On se soucie de l’orthographe des enseignants mais pas du fait qu’ils ne parlent que des grands ‘H’ommes de l’histoire » témoignait Marie-Colline Leroy, maître assistante à la Haute École en Hainaut, lors de son intervention au colloque. Une formation à la diversité culturelle et à la dimension de genre a été introduite dans le cursus des futurs enseignants. Le module « filles-garçons : une même école » cherche à développer une réflexion critique sur les démarches mises en œuvre dans le cadre scolaire et ainsi promouvoir une pédagogie de l’égalité.

En parallèle a été créé un site internet mettant à disposition des enseignants les outils nécessaires à la construction d’une relation égalitaire entre filles et garçons.

Plus concrètement encore, « Girls day, Boys day » interpelle les jeunes sur les représentations traditionnelles véhiculées sur les sexes et les métiers en présentant aux élèves des métiers et professions atypiques pour leur sexe. On peut y voir le témoignage de Mégane, étudiante en menuiserie. Ou de Adil, auxiliaire familiale de qui certains ont dit recevoir plus de tendresse que de la part d’une fille.

 

Aller plus loin

Tous genre bienvenu : consultez le programme

Lara Leroy (stagiaire)

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