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Rencontre du ministre Hazette et des coordonnateurs autour de l’évaluation du décret CEFA

La mise en œuvre de la réforme des CEFA a fait l’objet d’une première évaluation approfondie menée par le service de pédagogie de l’ULgdirigé par le professeur M. Crahay1. Le ministre Pierre Hazette2, commanditaire de l’étude, en a organisé la présentation des résultatsaux coordonnateurs des CEFA, le 10 juin dernier, au CEFA de la Communauté française de Suarlée.

28-07-2005 Alter Échos n° 145
© Shutterstock

La mise en œuvre de la réforme des CEFA a fait l’objet d’une première évaluation approfondie menée par le service de pédagogie de l’ULg dirigé par le professeur M. Crahay1. Le ministre Pierre Hazette2, commanditaire de l’étude, en a organisé la présentation des résultats aux coordonnateurs des CEFA, le 10 juin dernier, au CEFA de la Communauté française de Suarlée.

Après une présentation de l’étude par les chercheurs, le ministre Pierre Hazette s’est surtout attaché à répondre aux questions « à régler d’urgence » que pointe l’étude. Tout d’abord, le fait que tout un pan des profils de formation permettant d’organiser toutes les filières des CEFA n’ait pas encore été finalisé par la CCPQ : les « articles 45 » (formations spécifiques au CEFA à visée exclusivement professionnelle). « Ces profils seront disponibles à la rentrée », assure le ministre Hazette, « en toute sécurité juridique, même si leur adoption définitive est prévue pour la fin de cette année civile ». Et pour les CEFA qui s’étaient déjà lancés dans ce type de formation en tablant sur l’arrivée promise des profils ? « Je n’exclus pas une reconnaissance a posteriori. »

Second problème à régler de manière urgente : l’homologation des parcours organisés en « articles 49 » (filières qui débouchent sur des certifications équivalentes à celles délivrées dans l’enseignement technique et professionnel « classique », dit « de plein exercice »). L’évaluation de l’ULg explique en effet que les services d’homologation ont signalé « avoir refusé l’ensemble des dossiers “articles49” transmis et qu’il les refuserait tant que ces derniers ne répondent pas aux exigences imposées à l’enseignement de plein exercice ». Les coordonnateurs disent ne pas « avoir de directives claires quant aux dispositifs à mettre en place », notamment en ce qui concerne « la reconnaissance par l’homologation des acquis réalisés en entreprise ». Le ministre a contacté ce service qui assure… n’avoir « rien contre les CEFA » ; et P.Hazette rappelle que « la commission d’homologation exerce un contrôle systématique lors de la mise en place d’une nouvelle organisation »…

Enfin, les normes de création et de maintien des filières, calquées sur celles du plein exercice, ne conviennent pas aux CEFA qui désirent ouvrir des sections correspondant à des demandes tant du marché de l’emploi que des jeunes, sans attendre que cette section accueille autant de jeunes que dans l’enseignement « classique » (les conditions d’enseignement étant de toute manière différentes). P. Hazette veut, sur ce plan, élargir les normes en prenant en compte des « secteurs économiques » plus vastes que les sections actuelles. Il évoque aussi une action générale de promotion de l’alternance, proposée par les coordonnateurs qui veulent que cela se fasse en inter réseaux.

Ces réponses ne satisfont pas nécessairement les coordonnateurs et, surtout, ne correspondent qu’à une part de leurs problèmes (pour lesquels l’évaluation réclame des « réponses politiquement décidées » et « des personnes de référence »). Philippe Blanchard, du CEFA de la Communauté à Morlanwelz, souligne notamment le problème d’encadrement des jeunes qui n’ont pas de stages (de près de 40 % des jeunes à quasiment aucun, selon les CEFA) : « Les critères d’octroi d’éducateurs, secrétaires, etc. devraient être identiques à ceux du plein exercice ». Il cite également le financement du Fonds social européen après 2006, le manque d’autonomie par rapport au plein exercice, la lourdeur administrative… Pource qui concerne l’homologation, il craint que les dossiers des CEFA continuent à être refusés. Patrick Beaudelot, son collègue du CEFA d’Anderlecht4,trouve sur ce plan « inacceptable que les critères inadaptés de la commission cassent un décret ». La rétroactivité des profils des articles 45 et l’élargissement des normes de maintien ont été, quant à elles déjà évoquées depuis longtemps mais P. Beaudelot attend les circulaires avant d’y croire… Et ce dernier de regretter que les coordonnateurs n’aient pas soutenu plus fortement que « les avantages supposés de la réforme sont occultés par les difficultés de mise en œuvre ».

1. Service de Pédagogie théorique et expérimentale, bd du Rectorat (bât. B32), 5 à 4000 Liège – tél. : 04 366 94 26.
2. Boulevard du Régent, 37-40 à 1000 Bruxelles – tél. : 02 213 17 00.
3. Rue Warocqué, 46 à 7140 Morlanwelz – tél. : 064 43 21 87.
4. Rue Brogniez, 170 à 1070 Bruxelles – tél. : 02 523 21 79.

Donat Carlier

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