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Petite enfance / Jeunesse

Querelles autour du service citoyen

Suite aux attentats parisiens, on reparle du service citoyen. Ou plutôt des services citoyens.

03-03-2015
© Shutterstock

Suite aux attentats parisiens, on reparle du service citoyen. Ou plutôt des services citoyens.

Depuis les attentats parisiens du mois de janvier, la citoyenneté est au cœur des débats. Et ceux-ci ne semble pas prêts de s’arrêter.

À côté des discussions au sujet des cours de citoyenneté à l’école, des réflexions sont émises au sujet du service citoyen.

Le 2 mars, la Libre Belgique publiait une carte blanche de la Plate-forme pour un service citoyen et de Solidarcité, deux organisations que l’on croise souvent dans nos colonnes.

Elles y évoquent « l’évidence du service citoyen ». Rappelons que l’idée de ce service est d’offrir à un jeune la possibilité de s’engager quelques mois dans des « projets utiles à la collectivité tout en participant à des modules de formation civique et à des temps de maturation personnelle ».

Selon les auteurs de ce plaidoyer, un tel service permettrait la rencontre de cette « jeunesse fragmentée ». Brassage social, expérience pour le jeune, effets sociétaux positifs font partie des vertus qui lui sont attribuées par ces deux organisations, qui demandent aux mandataires politiques de s’emparer rapidement de ce thème et de le « mettre à l’agenda ».

Côté politique, le débat a été animé par le député Philippe Goffin (MR). Ce dernier a proposé un « service citoyen » de deux semaines, obligatoire pour tous les rhétoriciens pendant leurs « jours blancs » (les jours d’attente entre la fin des examens et les résultats). Ces fameux jours de liberté qui inquiètent tant les parents et certains responsables politiques ou associatifs. Son idée est que les jeunes y découvrent, pendant ces deux semaines, certaines tâches dans des services publics.

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Côté Conseil de la jeunesse, on estime qu’il pourrait s’agir d’un « one shot peu efficace ». Le Conseil de la jeunesse rappelle qu’il existe déjà des organisations de jeunesse qui proposent de tels services citoyens aux jeunes, sur base volontaire. « Imposer un tel stage aux jeunes reviendrait à court-circuiter le travail de ces organisations pour livrer les jeunes rhétoriciens à des services publics peu informés et mal formés à les accueillir », estime l’organe d’avis des jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais surtout, le Conseil de la jeunesse s’inquiète que cette mise au travail représente une « concurrence déloyale pour les travailleurs assumant un rôle similaire ».

À la plateforme pour le service citoyen on estime que la proposition de Philippe Goffin est « une excellente idée » car cela pourrait s’inscrire dans la continuité d’un « parcours citoyen » qui pourrait être complémentaire au service citoyen. Celui-ci ne peut être réalisé en 15 jours, car, selon l’organisation, il s’agit « d’une tranche de vie expérientielle au cours de laquelle le temps long permet d’ancrer de manière durable chez les jeunes un ‘être au monde’ plus solidaire ».

C’est pourquoi la plateforme regrette que monsieur Goffin « récupère le terme service citoyen », non approprié à son projet. Elle propose à ce dernier de poursuivre la discussion.

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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