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Projet Arcada : Coup de pouce à la formation des demandeurs d’asile

C’est à l’initiative du Ciré1 que le projet Arcada de formation adaptée aux demandeurs d’asile a vu le jour. Soutenue par le ministère desAffaires sociales et le Fonds européen des réfugiés, la formation se veut un lieu d’expression et d’écoute des attentes professionnelles des résidentsdes centres Croix-Rouge et de la structure d’accueil du Ciré.

21-01-2007 Alter Échos n° 221

C’est à l’initiative du Ciré1 que le projet Arcada de formation adaptée aux demandeurs d’asile a vu le jour. Soutenue par le ministère desAffaires sociales et le Fonds européen des réfugiés, la formation se veut un lieu d’expression et d’écoute des attentes professionnelles des résidentsdes centres Croix-Rouge et de la structure d’accueil du Ciré.

« En Belgique, environ 33 000 personnes sont en attente d’un statut leur octroyant le droit de séjourner sur le sol national. Certaines sont victimes d’une erreur deprocédure de la part du gouvernement et attendent la réouverture de leur dossier par l’Office des étrangers ou le CGRA après un recours au Conseild’État. D’autres n’ont pas encore obtenu le droit de séjour provisoire, la carte dite “orange”, et sont hébergées dans les centres », commente AnneVan Den Bosschelle, l’une des deux formatrices du projet Arcada. Pour la travailleuse sociale, il n’est pas étonnant de rencontrer des situations où l’attente perduredepuis parfois plusieurs années. La tentation de sortir du circuit officiel est dès lors grande.

De l’estime de soi au projet professionnel

La formation donnée dans les centres Croix-Rouge et la structure d’accueil du Ciré – 600 logements – prend la forme de neuf rencontres collectives et troisentretiens individuels. L’un des postulats de départ est que l’intégration des résidents des centres à l’offre de formation (promotion sociale,apprentissage, formation à distance) participe à l’équilibre général de la personne. « L’offre en formation existe déjà et plusieurscours ne sont pas remplis. L’objectif premier est d’amener la personne à formuler ses attentes professionnelles et élaborer un projet de vie, qu’il soit en Belgique ouailleurs ». Jusqu’à présent, un peu plus de 80 personnes ont suivi la formation Arcada ; 60 % du public cible ont répondu favorablement àl’initiative.

Chaque participant reçoit une sorte de carnet de bord qui l’accompagne tout au long du projet Arcada. Partant d’une analyse des compétences acquises ou àacquérir par le participant, l’outil proposé énumère ensuite plusieurs profils de métiers et les formations disponibles. De nombreuses adresses utilespermettent de s’y retrouver dans le dédale des associations qui peuvent venir en aide aux demandeurs d’asile ou personnes en attente de régularisation. Une dernièresection est réservée à l’élaboration du cv et à la préparation d’un entretien d’embauche.

Vers un droit systématique ?

« Les cours de promotion sociale et les apprentissages de type Ifapme n’ont pas toujours été accessibles aux demandeurs d’asile. Des différences detraitement sont encore observées dans certaines régions entre des apprentis belges et des personnes issues des centres », poursuit la formatrice. Un autre frein est le financementdes formations suivies à l’extérieur qui doit couvrir, outre les frais d’inscription, les frais de transport. « Seuls 10 % des personnes dans les centres Croix-Rougesuivent une formation, et les critères d’octroi ne sont pas toujours clairement définis. Certains centres mettent la motivation en avant, d’autres la durée duséjour dans le centre. » En outre, pour certaines régions comme en province de Luxembourg, la distance entre le centre d’accueil et le lieu de formation agit commerepoussoir. Tandis qu’à Bruxelles où la promotion sociale est saturée, les demandeurs d’asile ne constituent pas le public prioritaire.

Le projet Arcada revêt donc un enjeu politique à savoir, sortir les demandeurs d’asile et autres résidents des centres de la marginalisation à travers un pleinaccès à l’offre de formation mais aussi au marché du travail. « En Flandre, les demandeurs d’asile ne sont pas considérés comme citoyens belges etdes formations spécifiques leur sont offertes. Ce sont souvent des formations non qualifiantes et à très court terme. »

Le Ciré peut compter sur l’appui de ses nombreux partenaires et membres pour relayer la revendication au sein des centres. Anne Van Den Bosschelle insiste sur lanécessité du travail en réseau pour faire écho au projet et espère que le ministère des Affaires sociales permettra à ce dernier de perdurer.Cependant, avec la nouvelle législation sur la procédure d’asile qui vise notamment la réduction de la phase de recevabilité des dossiers, nombre debénéficiaires du projet Arcada risquent de ne pas mener le processus à terme. « Pour être profitable, Arcada devrait pouvoir se mettre en place dèsl’arrivée de la personne dans un centre ».

1. Ciré, rue du Vivier 80/82 à 1050 Bruxelles – tél. : 02 629 77 10 – contact : Anne Van DenBosschelle – courriel : avandenbosschelle@cire.irisnet.be.

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