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Politique locale et culture : l’exemple des centres culturels

Depuis de très nombreuses années, les villes et communes représentent un des axes majeurs d’initiative et de financement en matière culturelle. Que ce soient lesbibliothèques, les théâtres, les centres culturels, les académies… les communes constituent un acteur incontournable des politiques culturelles. Les centres culturelsreprésentent à cet égard une des pièces maîtresses de la politique culturelle au niveau local. Interface avec le monde associatif, l’éducation permanente, lesartistes, les centres culturels sont financés pour moitié par les communes. L’enjeu revient alors à naviguer entre particularisme local et les objectifs d’undécret.

18-10-2006 Alter Échos n° 217

Depuis de très nombreuses années, les villes et communes représentent un des axes majeurs d’initiative et de financement en matière culturelle. Que ce soient lesbibliothèques, les théâtres, les centres culturels, les académies… les communes constituent un acteur incontournable des politiques culturelles. Les centres culturelsreprésentent à cet égard une des pièces maîtresses de la politique culturelle au niveau local. Interface avec le monde associatif, l’éducation permanente, lesartistes, les centres culturels sont financés pour moitié par les communes. L’enjeu revient alors à naviguer entre particularisme local et les objectifs d’undécret.

Les centres culturels : définition

Le terme de centre culturel n’est pas une appellation d’origine contrôlée. Un certain nombre, 115, sont reconnus et subventionnés par la Direction générale de laculture du ministère de la Communauté française dans le cadre d’un décret datant de 1995.
Issue de la mouvance post-68 qui voulait démocratiser la culture, en rendant la culture plus accessible à toutes les populations, la majorité des centres développe uneaction au niveau d’une commune ou d’une association de communes. Quinze centres ont une assise régionale.
C’est formellement par la commune que passe la demande de création. Ensuite, les centres prennent la forme d’asbl. Leur conseil d’administration est composé paritairement dereprésentants des pouvoirs publics (villes, communes, provinces et Cocof à Bruxelles) et d’associations locales (culturelle, d’éducation permanente, socioculturelle etartistique). La composition est réglée par les principes du Pacte culturel et de la clé D’Hondt (une représentation des différentes tendances politiques selon lesrésultats des dernières élections communales). Chaque centre comprend également un conseil culturel de 10 membres au moins qui rend un avis consultatif sur laprogrammation. La coordination du centre est assurée par un animateur-directeur. Selon la catégorie du centre, celui-ci est entouré d’une équipe professionnelled’animation et de programmation plus ou moins importante.
Les pouvoirs publics associés apportent un soutien financier et sous forme de service. Officiellement, le financement est paritaire entre la Communauté et les pouvoirs locaux. Mais dansla pratique, les communes mettent à disposition des locaux, les ouvriers communaux pour déplacer du matériel par ex. Le soutien de la Communauté française prend laforme, depuis 1995, d’un contrat programme renouvelable tous les quatre ans, voilà pour la majorité d’entre eux.
D’autres centres sont reconnus dans le cadre de l’éducation permanente, d’autres, toujours au niveau local, ne sont pas gérés paritairement mais dépendent uniquementde la commune. Il existe aussi des centres émanant d’associations d’artiste.
Plus d’infos sur www.centres-culturels.be

L’enjeu d’une politique globale

Pour Alain de Wasseige, auteur de Refonder les politiques culturelles1, certains secteurs culturels se sont bien développés au niveau local. Il cite en particulierle réseau des bibliothèques. « On a là un véritable service culturel de proximité ». Pourtant, la présence de lieux de diffusion et decréation, par exemple, une des fonctions principales des centres culturels, reste problématique parce que mal répartie sur l’ensemble du territoire de la Communautéfrançaise. En cause, le principe de subsidiarité, c’est-à-dire le fait que la Communauté française n’a pas à intervenir directement dans les politiquesen tant qu’opérateur mais à reconnaître et à susciter l’action des opérateurs locaux. D’où, selon A. de Wasseige, des activités culturellesétroitement, voire uniquement, orientées par les réalités locales et des incohérences en matière de programmation d’infrastructures.

Pour notre interlocuteur, les villes et communes ne sont pas en mesure d’assurer cette vision programmatique d’ensemble. Il dénonce les pièges du particularisme, défendant unepolitique culturelle d’ensemble, en collaboration avec les pouvoirs locaux, compte tenu de leur poids actuel dans les investissements culturels (voir l’encadré ci-dessous), mais àcoordonner à une échelle supra-locale. « Un des manques aujourd’hui, c’est une politique d’atelier, de studio et de lieu de répétition au niveau local. On avalorisé des micro-situations sans être attentif à les relier à des enjeux globaux. Résultat, chacun reste campé dans sa réalité locale avec denombreux effets pervers : vu les spécificités revendiquées, les collaborations sont difficiles, voire impossibles. Du point de vue des objectifs de démocratie culturelle,par exemple, elles tendent à figer les référents identitaires sur lesquels se construisent ces politiques excluant ceux qu’on prétend inclure ».

Pour Alain de Wasseige, on doit compléter les exigences de besoins précis par une confrontation aux enjeux globaux et communs à la Communauté française. «Il manque un schéma, au niveau des territoires, de développement des services et des infrastructures selon des critères objectifs : taille du territoire, nombre d’habitants,présence et type d’infrastructures ». Et de citer l’exemple de la Flandre qui conditionne l’octroi de moyens à la formalisation d’un projet culturel à l’échelle dela commune. Celle-ci met des experts à disposition des villes et communes afin de les aider à formuler leur projet.

Une programmation entre demande et découverte

Pour Toni Santocono, animateur-directeur du centre culturel de Chapelle-lez-Herlaimont2, l’importance que les communes peuvent prendre dans les politiques culturelles estévidente vu les moyens qu’elles y investissent. Il relève d’emblée qu’à Chapelle, il ne rencontre pas de problème avec son échevin de tutelle tout enprécisant que ce n’est pas toujours le cas. « Tout ce qui est réalisé dans le cadre du centre culturel, je le fais avec le conseil culturel et l’échevin de laCulture ». Pour lui, le problème serait plutôt du côté de la Communauté française qui ne tient pas compte des enjeux locaux. « Ici, nous avons unepopulation d’origine italienne qui ne participe à aucune manifestation culturelle en dehors de ce qui touche à sa propre identité ».

Et plus loin de constater : « Il était fréquent d’organiser des événements qui ramenaient 15 à 20 personnes alors qu’on avait investi autant d’argent dansles cachets des artistes que dans la publicité de l’événement. On s’est dit qu’on ratait quelque chose, qu’il fallait réorienter notre travail. A certains endroits, cesévénements ramènent 150 ou 200 personnes, mais pas à Chapelle. Ceux qui s’intéressent à la culture, la bourgeoisie du coin, elle va à Charleroi ou LaLouvière même si parfois on a la même programmation sur Chapelle. » Pour Toni Santocono, c’est l’orientation des politiques qui pose problème. « Ils se trompentau niveau de la Communauté française. Je pense qu’ils ne réalisent pas dans quel monde sont implantés leurs centres culturels. C’est l’impérialisme des villes quidomine. A Chapelle, on est dans un environnement qui s’est construit avec le mouvement ouvrier. Et ce monde s’est petit à petit liquéfié. Les gens ont tout perdu. Sans compterles nouvelles vagues d’immigration. 40 % de la population sont d’origine étrangère. Il faut donc reconstruire une tradition culturelle. Or la population a, qu’on le veuille ou non, latélé comme seule référence culturelle. La programmation doit proposer des spectacles qu’ils n’iraient a priori pas voir mais aussi des spectacles qu’ils demandent.C’est d’ailleurs le point de vue de la commune pour qui l’argent investi dans le centre culturel doit profiter à tous les habitants et pas uniquement à certaines catégories».

Une logique pluriculturelle

A Saint-Gilles, le Centre culturel Jacques Franck3 est dirigé par Thierry Van Campenhoudt, qui tient d’emblée à préciser qu’il est conseiller communal depuis12 ans dans la majorité. « La programmation est le fait de l’équipe du centre culturel. Elle est étroitement liée à la réalité sociale etculturelle de la commune : de nombreux allocataires sociaux, plusieurs centaines d’associations, de nombreux artistes résidant sur la commune… » Déterminer le programme ne sefait pas sans tension. « On a de nombreuses associations organisées sur une base identitaire et il y a 143 nationalités sur la commune. Or il n’y a que 365 jours par an. On estvite dans une impasse. On a donc décidé de travailler selon une approche pluriculturelle ».

Pour Thierry Van Campenhoudt, l’enjeu d’un centre comme le Jacques Franck, implanté en milieu urbain, est de trouver sa spécificité dans une offre surabondante. « Nousavons choisi de ne pas renoncer à des événements plus pointus tout en ne pratiquant pas la logique du grand écart avec une programmation qui serait jugée plusaccessible. On travaille avec des fils rouges dans la programmation sur fond de décloisonnement des pratiques ». Un exemple ? « Un des axes, cette saison, c’est la dansecontemporaine. Il y a des spectacles de danse, mais aussi des films pour les cinéphiles, des stages de danse pour les enfants et des animations dans les écoles. On propose alorsplusieurs styles : classique, hip hop, danse africaine et les enfants vont s’essayer à toutes les pratiques ».

Pour ce directeur, la définition des fils rouges se fait en toute autonomie. Même si, reconnaît-il, il arrive que le politique intervienne dans la programmation. Et de citerl’exemple récent de l’exposition d’art contemporain « A(rt)ctivisme ». Cette dernière proposait de se pencher sur la relation que les artistes entretiennent dans leurœuvre avec la société et le monde environnant, dans des démarches artistiques en partie liées à un engagement citoyen. Elle s’est arrêtée avantle terme, à la suite d’un incident avec la firme d’affichage Decaux. « En organisant cette exposition qui explorait les rapports entre art et politique, nous avonsexpérimenté les limites de l’exercice. Il me semble qu’un pouvoir public peut financer le questionnement de la société, mais pas la remise en cause totale de sesinstitutions. A partir du moment où le bourgmestre est directement visé, il y a un parti pris. Or le centre culturel ne prend par essence pas parti puisque toutes lessensibilités politiques sont représentées dans son conseil d’administration ». Plus globalement, Thierry Van Campenhoudt estime que l’enjeu du rapport entre les pouvoirslocaux et les centres culturels se situe dans la nature même assignée aux centres par le décret. « Le rapport du centre culturel à la commune trouve ses racines dansla parité imposée. La commune investit au niveau culturel dans son centre, mais ce n’est finalement pas son centre, du moins ce n’est pas censé l’être… ».

Culture, éducation permanente et soutien aux associations

Les Chiroux est l’un des quatre centres culturels sur le territoire de la ville de Liège. Particularité, explique Lucien Barel, son animateur-directeur4, les centresne sont pas de la compétence de l’échevinat de la Culture mais bien de la Jeunesse et des Sports. « Cela traduit la volonté de voir les centres culturels comme desstructures de proximité avec les associations et les quartiers. On est dans une logique d’éducation permanente, d’aide à la vie associative et aux artistes locaux». Quant à l’échevinat de la Culture, il s’occupe des grandes infrastructures culturelles. Lucien Barel parle également d’une autonomie complètepar rapport au niveau politique local. « Des élus locaux sont dans le CA, ils défendent leur avis. Les centres ne sont pas instrumentalisés par le politique. Il me sembleque c’est plus la réalité des petits centres ». Du point de vue des relations avec l’associatif, les trois centres de la périphérie travaillent beaucoupavec les associations locales. Les Chiroux travaillent davantage avec les grandes organisations d’éducation permanente comme le MOC Liège, des organisations de jeunesse telles laFédération des maisons de jeunes ou les syndicats. Par ailleurs, la taille de la salle impose une dynamique de partenariat. Les activités ont lieu de manièredécentralisée dans la ville.

Une affaire de compromis ?

Le centre culturel de Silly est un « petit » centre, dans une commune de 9 000 habitants. Il emploie deux personnes dont Christophe Haesevoets, l’animateur-directeur5. « Nous n’avons pas de salle, on travaille donc avec des chapiteaux, dans les écoles… Par rapport à d’autres centres, on n’a pas lesmêmes missions ni les mêmes centres d’intérêt ». Tout en annonçant que les relations avec la commune sont bonnes, Christophe Haesevoets soulignel’importance de la personnalité et la vision du directeur pour asseoir son indépendance. « Le tout c’est de bien préparer sa programmation. Quand dans uneréunion on vient avec un document préparatoire, on sait où l’on va, et on ne subit pas une quelconque influence de la part des autres participants à laréunion ». Il se réfère au décret pour souligner l’équilibre entre l’apport des pouvoirs publics et celui du monde associatif et culturel. Lagestion d’un centre culturel est donc affaire de compromis.

Vers une transcommunalité ?

Le centre culturel du Brabant wallon6 fait partie des 13 centres régionaux et travaille avec les 11 centres culturels situés sur son territoire. A ce titre, il travaillesur 27 communes sans posséder en propre d’infrastructures pour héberger des spectacles ou des activités. « La particularité de notre centre, explique Olivier VanHee, animateur-directeur, c’est qu’il n’y a pas de métropole forte sur le territoire. Nous nous efforçons donc de mettre en place une logique de développement territorial surl’ensemble des 27 communes. »
Autre spécificité, liée aux centres régionaux, le partenariat ne se noue qu’à la marge avec les communes. Elles participent financièrement au prorata dunombre d’habitants de la commune (0,1 euro par habitant). En revanche, c’est la province qui amène le gros du complément aux subsides de la Communauté française. «C’est un avantage par rapport à la philosophie du projet poursuit Olivier Van Hee. Nous ne sommes pas directement en relation avec les communes. Si elles demandent un retour sur leur’investissement’, ce dernier est tellement minime que l’on peut facilement justifier notre approche. »

En Brabant wallon, Olivier Van Hee fait le constat que les populations sont très mobiles au niveau de leur consommation culturelle, ce qui oblige les communes àréfléchir à une autre échelle. Il cite l’exemple de Wavre qui souhaite créer une nouvelle salle. « Nous avons attiré leur attention sur l’importance detenir compte de ce qui existait déjà au niveau de l’infrastructure mais aussi de la programmation. Par exemple, 30 % des abonnés aux programmes du centre culturel d’Ottigniesviennent de Wavre. Si on ramène ce public à Wavre par une programmation similaire, Ottignies perd 30 % et Wavre doit encore trouver 70 % de son public. On cherche donc à ce quechaque centre propose une offre différenciée en privilégiant une logique partenariale de programmation plutôt qu’une vision limitée à son territoire communal». Cet interlocuteur concède toutefois que l’enjeu n’est jamais gagné. « Il est parfois difficile de dépasser l’esprit de clocher, en travaillant dans une logiqued’intercommunalité, on dépasse l’intérêt d’une commune. (…) Cela n’est jamais été simple. On a des réflexes de survie de la part de certains.Instaurer cette dynamique de complémentarité prend du temps. Il faut notamment être attentif à ce que tout le monde s’y retrouve et que ce ne soient pas toujours lesmêmes qui doivent se déplacer dans les autres centres ».

Les chiffres de la culture

Le Bilan de la culture en Belgique 1995-2003 fournit quelques données concernant le poids des pouvoirs locaux dans le financement de la culture1. Il apparaît que les communesreprésentent un des principaux contributeurs en matière culturelle. En 2003, elles mettaient 37 % des 3,2 milliards d’euros consacrés à la culture et au sport pourl’ensemble des pouvoirs publics belges (il n’existe pas de statistiques plus précises pour distinguer ces matières). A titre de comparaison, les Communautés qui ont la tutellesur cette matière pèsent pour 48 % du total des investissements publics.
Les chiffres montrent de fortes disparités régionales. Ainsi les communes flamandes investissent davantage que les autres. Toujours pour 2003, en moyenne les communes flamandes ontdépensé 134 euros par habitant contre 88 en Wallonie et 113 à Bruxelles.
Les chiffres varient évidemment d’une commune à l’autre. Et les réputées plus riches ne sont pas forcément celles qui investissent le plus dans cettematière. En Wallonie, pour l’année 2001, trois communes investissent plus de 500 euros par habitant : Beaumont et Vaux-sur-Sure (586 euros/habitant) ou Saint-Vith (565 euros/habitant).A l’opposé, on trouve trois communes ayant dépensé moins de 10 euros par habitant (Jurbise, Meix-devant-Virton et Lens). Mais d’une manière générale, sur les262 communes wallonnes, 135 ont dépensé plus de 100 euros par habitant.
Si des différences importantes existent entre communes, les raisons invoquées sont diverses et variées. Elles tiennent parfois à de graves difficultésfinancières mais plus souvent à des choix politiques. Cependant, depuis cette législature, la tutelle des communes exercées par les Régions discute de ne plusconsidérer les dépenses culturelles comme facultatives. Confirmation que la culture est aussi un enjeu communal.
1. Bilan de la culture en Belgique 1995-2003, ministère de la Communauté française, Service de la recherche du secrétariat général, 2005.

1.Alain de Wasseige, Refonder les politiques culturelles ; Sans titre – 100 Titres, Bruxelles, 2006.
2. Centre culturel de Chapelle-lez-Herlaimont, Place de l’Hôtel de Ville, 17 à 7160Chapelle-lez-Herlaimont – tél. :. 064 43 13 35 – contact : Toni Santocono (animateur directeur).
3. Centre culturel Jacques Franck, chaussée de Waterloo, 90 à 1060 Bruxelles – tél. : 02 538 90 20 -courriel : ccjf01@brutele.be – contact : Thierry Van Campenhoudt (animateur-directeur).
4. Centre culturel Les Chiroux, rue des Carmes, 8 à 4000 Liège – tél. : 04 223 19 60 – courriel :barel@chiroux.be – contact : Lucien Barel (animateur-directeur).
5. Centre culturel de Silly, rue Saint-Pierre, 4 à 7830 Silly – tél. : 068 55 27 23 – Contact : Christophe Haesevoets (animateur-directeur).
6. Centre culturel du Brabant wallon, rue Belotte, 3 à 1490 Court saint Etienne – tél. : 010 62 10 30 – courriel :info@ccbw.net – contact : Olivier Van Hee (animateur-directeur).

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