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Plus de crédibilité pour les associations via un compte satellite à la Banque nationale en 2004

La thèse de doctorat en économie récemment défendue avec brio par Sybille Mertens1 à l’Université de Liège (Centre d’économiesociale) souffle un petit vent de reconnaissance pour le « non-marchand ». Ce secteur rassemble principalement les services publics et les associations actives dans le domaine de lasanté, de l’éducation, de l’action sociale, de la culture…

01-08-2005 Alter Échos n° 136

La thèse de doctorat en économie récemment défendue avec brio par Sybille Mertens1 à l’Université de Liège (Centre d’économiesociale) souffle un petit vent de reconnaissance pour le « non-marchand ». Ce secteur rassemble principalement les services publics et les associations actives dans le domaine de lasanté, de l’éducation, de l’action sociale, de la culture…

Aujourd’hui, les débats autour du non-marchand sont nombreux : coût de financement, modalité de subsidiation du monde associatif, qualité des services, politiquesalariale, emplois… Des débats souvent caduques car en manque d’inventaires sérieux. Comment imprimer une politique cohérente pour le non-marchand sans chiffressérieux sur le financement, la production ou l’utilisation de la production ? D’où le travail de la chercheuse sur la création d’un compte satellite pour la composanteprivée du secteur non marchand, à l’instar de ce qui existe déjà dans d’autres pays, pour des réalités économiques mal appréhendées parles comptes nationaux (comptes de l’environnement, comptes de la protection sociale, etc.). Jusque là les associations étaient inventoriées partiellement dans plusieurs comptesexistants. Mais le flou restait de mise et la complexité en décourageait plus d’un.

Preuve de ce déficit de structures chiffrées adéquates pour le secteur, à peine terminée, la thèse, inspirée et réalisée enconcertation avec les travaux de l’Institut Johns Hopkins2 aux Etats-Unis, a été présentée à Luxembourg lors d’une réunion d’Eurostat sur lescomptes nationaux. La Belgique y a été citée en exemple pour son avancement en ce domaine.
Quel avancement ?

L’idée est de créer un compte satellite spécifique au non marchand afin de comptabiliser les données sur ce secteur (en détails par branche d’activité– culture, sport et loisirs, éducation, santé, service sociaux…). Un travail d’implémentation, financé par les services scientifiques fédéraux,que la chercheuse réalise en ce moment en collaboration avec la Banque nationale de Belgique (BNB)3, sous la houlette de l’Institut des Comptes nationaux (ICN). « Le compte satellite estune méthodologie appropriée qui sans bousculer l’existant offre une meilleure structure de l’information, outille les décideurs politiques et améliore les comptesnationaux », explique Sybille Mertens. « En Belgique le partenariat, Université de Liège, SSTC 4 et ICN est le terreau idéal pour se lancer dans ce travail. D’icidébut 2004, tous le secteur associatif bénéficiera de chiffres clairs. » Par exemple : on pourra voir que le secteur associatif réalise la moitié desprestations en service d’éducation… Le nombre d’emploi par secteur, le financement. « Les modèles d’organisation de la société pourront être comparables surune base solide avec une évaluation monétaire de la production », conclut la chercheuse. Soit un travail méthodique et théorique aux applications directes etconcrètes qui pourrait encore pour être parfait être compléter d’un volet « utilisation » avec plus d’information sur les bénéficiaires de cesservices. Une autre thèse en soi.

1. Sybille Mertens (Centre d’économie sociale – ULg) – smertens@ulg.ac.be; 04 366 27 51.

2. Institut Johns Hopkins : http://www.jhu.edu/~gnisp
3. Banque nationale de Belgique : http://www.nbb.be
4. Service fédéraux des Affaires scientifiques, techniques et culturelles – http://www.sstc.be

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