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"Plan d'action de la Commission européenne pour fluidifier le marché de l'emploi continental"

04-03-2002 Alter Échos n° 115

Mi février, la Commissaire européenne Diamantopoulou en charge de l’Emploi et des Affaires sociales, a proposé un plan d’action en matière de compétences et demobilité d’ici à 20051. Il sera transmis pour approbation au Conseil des ministres de l’Emploi qui se tiendra à Barcelone les 15 et 16 mars prochains.
Pour la Commission “l’amélioration quantitative et qualitative de l’emploi, le renforcement de la cohésion sociale et la création d’une économie de la connaissancedynamique, qui constituent les objectifs fixés à Lisbonne, nécessitent une main-d’œuvre qualifiée et flexible”. Le plan distingue trois défis à releverpour améliorer l’ouverture et l’accessibilité des marchés européens du travail :
> renforcer la mobilité professionnelle et le développement des compétences en améliorant la réponse des systèmes d’éducation et de formation auxbesoins du marché. La Commission pointe plusieurs mesures parmi lesquelles l’acquisition des compétences essentielles comme la lecture et l’écriture, mais aussi decompétences mathématiques, scientifiques et technologiques ; la reconnaissance de formations “non formelles” comme l’expérience professionnelle, la formation offerte par uneentreprise ou tout autre environnement de travail sur la base d’échanges systématiques d’expériences ; un accroissement des investissements dans les ressources humaines dans lesrégions moins avancées de l’UE.
> Améliorer la mobilité géographique par la suppression des obstacles administratifs et juridiques. Le plan prône par exemple l’introduction d’une carte universelled’assurance-maladie (remplaçant le fameux formulaire “E111”), l’amélioration des compétences linguistiques au niveau de l’enseignement obligatoire et de la vie professionnelle,ou encore la mise en œuvre d’une politique commune d’immigration pour les ressortissants de pays tiers. Cette dernière reposerait sur “le principe selon lequel les personnes qui ontété admises à travailler dans l’UE doivent bénéficier de droits comparables à ceux des citoyens de l’UE et proportionnels à la durée de leurséjour”.
> Dernier défi, l’amélioration de la diffusion de l’information.
Le plan est largement inspiré d’un rapport réalisé par “une task-force de haut niveau sur les compétences et la mobilité”, remis à la Commission endécembre 2001. Le rôle de cette dernière était “d’identifier les principaux moteurs et les principales caractéristiques des marchés européens del’emploi, d’examiner les obstacles à la mobilité professionnelle et géographique et de formuler une série de recommandations”. Ce groupe de travail a produit sesconclusions en six mois : il était composé “de chefs d’entreprise européens, d’experts de haut niveau du marché du travail et de l’éducation, de personnespossédant une grande expérience de l’action des pouvoirs publics et d’experts de haut niveau liés aux organisations syndicales”. Ses recommandations sont nettement plusdirectives que celles de la Commission, dans le sens d’un aplanissement de tous les obstacles à une rencontre fluide de l’offre et de la demande de travail sur le marché européenet à un accroissement de la concurrence entre les travailleurs (entre eux et avec les demandeurs d’emploi). Il faut noter (voir la bibliographie du rapport de la task-force) que les sourcesqui ont été utilisées proviennent, au-delà des incontournables administrations et partenaires sociaux, nationaux et internationaux (OCDE, ONU, OIT, OMC, etc.), des bureauxinternationaux d’audit et des multinationales des nouvelles technologies (IBM, Price Waterhouse, European Services Forum, Cisco Systems, etc.)2.
1 Le rapport est disponible dans son intégralité sur le site de la Commission : http://europa.eu.int/rapid/start/cgi/guesten.ksh
2 Voir le rapport sur Internet : http://www.europa.eu.int/comm/employment_ social/fundamri/movement/index_fr.htm

Thomas Lemaigre

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