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Regard critique · Justice sociale

Santé

Plan canicule pour les plus vulnérables

Acteurs de terrain, villes et régions ont mis en place des plans canicule pour protéger les populations les plus vulnérables face aux risques engendrés par lachaleur.

16-07-2010 Alter Échos n° 299

Acteurs de terrain, villes et Régions ont mis en place des plans canicule pour protéger les populations les plus vulnérables face aux risques engendrés par lachaleur.

Crampes musculaires, vertiges, insomnies, palpitations, nausées, comas… Chaleur ne rime pas qu’avec bronzette au parc et verres en terrasse. Certains groupes de population sontparticulièrement vulnérables face aux dangers de la canicule. On cite souvent les seniors et les jeunes enfants. Mais il ne faudrait pas oublier les personnes isolées, mallogées, handicapées, malades.

Depuis les vagues de chaleur qui ont frappé l’Europe en 2003, le SPF Santé publique met en place un plan national prévoyant des mesures graduelles à mettre en place enfonction de la température affichée sur le thermomètre : campagne médiatique, communication vers les associations de patients, vers les maisons de repos, etc.Au-delà du plan fédéral, Régions, communes et acteurs de terrains mettent en place des solutions pour répondre plus spécifiquement aux besoins des publicsfragilisés. Dans les grandes villes, comme Liège ou Bruxelles, une attention particulière est portée aux sans-abri et aux personnes isolées. En Régionwallonne, l’accent a été mis sur la diffusion de l’information de façon coordonnée.

Allo, allo ?

Chaque hiver, les médias rivalisent de reportages poignants sur les sans-abri livrés au vent et au froid, pour les oublier dès que le thermomètre grimpe. Pourtant,ceux-ci sont tout aussi dépourvus face aux grandes chaleurs. Au-delà du manque d’accès aux espaces frais, aux sanitaires et à l’eau potable, peuvents’ajouter les risques de déshydratation liés à l’alcool.

À Bruxelles, les Infirmiers de rue1 ont dessiné une carte mise à jour des fontaines et des sanitaires publics qu’elles distribuent lors de leurtournée. Le Samu social2, qui a reçu 30 000 bouteilles d’eau à distribuer d’une chaîne de grandes surfaces, se montre aussi très vigilant durant sesmaraudes. « Il faut convaincre les personnes à la rue de venir à l’ombre, boire de l’eau. Certains sont dans un état second, parce qu’ils sont imbibés ou prennentdes médicaments, ils n’ont même plus conscience de la chaleur », explique Christophe Thielens, chargé de communication. À Namur aussi le monde associatifs’est mobilisé pour mettre en place un plan chaleur. Outre les bons conseils, le relais social et ses partenaires3 distribuent bouteilles et casquettes.

Autre phénomène prégnant dans les villes, la solitude pose également question durant les vagues de chaleur. Pour maintenir un contact minimum avec ceux qui nereçoivent ni la visite de proches, ni des services sociaux, la Ville de Liège a mis en place un numéro vert (0800 94 000). Des initiatives similaires ontété prises par certaines communes bruxelloises, comme Bruxelles-Ville (0800 35 550) ou Anderlecht (0800 98 990).

La Wallonie a un plan

Chaque été, quand le mercure grimpe, les ministres chargés de l’Action sociale à Bruxelles font envoyer une liste de conseils aux professionnels en contact avecle public vulnérable aux dangers de la chaleur : les maisons d’accueil, les maisons de repos, les centres d’urgence, les services d’aide à domicile… Une procédure en placedepuis 1993 et désormais bien rodée. En dehors de cette information, il n’existe pas à proprement parler de plan canicule coordonné au niveau régional.

La Région wallonne de son côté tente d’avancer sur la question. Ainsi, le gouvernement wallon, à l’initiative des ministres de la Santé, ÉlianeTillieux (PS), et de l’Environnement, Philippe Henry (Écolo), vient d’inaugurer « le plan vagues de chaleur et pics d’ozone » qui complète le plan Air-climat.Ici aussi l’objectif est d’informer les professionnels (infirmières, médecins, pharmaciens, aides ménagères), qui entrent en contact avec les publics plus fragiles.À terme, l’idée est de mettre en place un guichet d’information unique pour permettre au citoyen de se renseigner tant sur les risques en cas de fortes chaleurs que de pics d’ozone, devagues de froid, de pollution, d’ondes électromagnétiques…

1. Infirmiers de rue :
– adresse : rue d’Artois, 46 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 0477 483 150
– site : www.infirmiersderue.be
2. Samu social :
– adresse : rue du Petit Rempart, 5 à 1000 Bruxelles
– tél.  : 02 551 12 20
– site : www.samusocial.be
3. Relais social urbain namurois :
– adresse : rue d’Harscamp, 9 B à 5000 Namur
– tél.  : 081 33 74 57
– courriel : info@rsunamurois.be
– site : http://rsun.jimdo.com

Sandrine Warsztacki

Sandrine Warsztacki

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