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Petites Mains : l’insertion de femmes immigrées dans les métiers de la confection industrielle

Petites Mains1 est une entreprise d’insertion québécoise (l’équivalent des entreprises de formation par le travail) qui forme des femmes à 98 %immigrantes, exclues du marché du travail. Créée en 1994 par une religieuse dans le quartier le plus ethnique de Montréal, Côte-des-Neiges, et reconnue commeentreprise d’insertion en 2000, ce projet d’atelier de couture a été choisi par les femmes fréquentant le comptoir alimentaire et désireuses de travailler.Equipée de quatre machines à coudre domestiques, l’asbl compte aujourd’hui une soixantaine de machines professionnelles, forme entre 50 et 60 participantes par an enprovenance de 65 pays depuis sa fondation, avec un taux de réussite de plus de 80 % (placement en emploi ou retour aux études). Mais nous avons du travail pour tout le monde, assureNahid Aboumansour, directrice.

27-07-2005 Alter Échos n° 155

Petites Mains1 est une entreprise d’insertion québécoise (l’équivalent des entreprises de formation par le travail) qui forme des femmes à 98 %immigrantes, exclues du marché du travail. Créée en 1994 par une religieuse dans le quartier le plus ethnique de Montréal, Côte-des-Neiges, et reconnue commeentreprise d’insertion en 2000, ce projet d’atelier de couture a été choisi par les femmes fréquentant le comptoir alimentaire et désireuses de travailler.Equipée de quatre machines à coudre domestiques, l’asbl compte aujourd’hui une soixantaine de machines professionnelles, forme entre 50 et 60 participantes par an enprovenance de 65 pays depuis sa fondation, avec un taux de réussite de plus de 80 % (placement en emploi ou retour aux études). Mais nous avons du travail pour tout le monde, assureNahid Aboumansour, directrice.

Les facteurs de ce succès : une demande de main-d’œuvre qualifiée dans les manufactures montréalaises, un manuel technique adapté aux besoins desentreprises et bâti avec elles, des produits de qualité livrés dans les délais, la recherche de nouveaux créneaux et l’apport de designers, ladextérité manuelle des candidates et leurs chances de réussite détectées à leur entrée en formation, un suivi serré par les intervenantessociales pendant et après la formation, la construction d’un lien d’appartenance à l’association, la place accordée au volet formation sociale et ouverture aumilieu, la collaboration avec les ressources vives du quartier (police, hôpitaux, centre de développement économique local, autres associations) et le Collectif des entreprisesd’insertion du Québec, l’information en termes de droits, la mise en contact avec d’autres professionnels, l’invitation des conjoints lors de la séanced’information initiale. La présence d’un ou deux hommes dans la formation et de personnel masculin facilite l’intégration à l’emploi des femmes. Il y aaussi quelques Québécoises de « souche ». C’est ce qui permet de briser les murs entre les communautés, les cultures et les religions, déclare AliAbdali, coordinateur et agent de développement. Lors de toute commande, c’est lui qui veille à maintenir le fragile équilibre entre les trois pôles sicaractéristiques des entreprises de formation par le travail : la formation, l’insertion et l’intégration sociale, le volet économique.

L’emploi est la clé de l’intégration

Les femmes sont le noyau de la famille. Souvent, elles passent après enfants et mari. Il est essentiel de préserver ce statut de mère tout en leur offrantl’opportunité de penser à elles et d’améliorer leur vie. Les activités qui favorisent l’insertion et l’intégration (prendre le métro,visiter la ville de Québec ou une galerie d’art, participer à la journée de lutte contre la pauvreté, apprendre le français…) sont « obligatoires». Toutes les femmes restent membres actives de l’asbl. Elles reçoivent le bulletin de Petites Mains et sont invitées aux trois événements festifs annuels, aumême titre que les partenaires de l’asbl et les élus, qui viennent. « Tu n’as peur de personne quand tu es sûre de ce que tu fais. » On fait un travailextraordinaire, confie la directrice. Le lien est gardé tant qu’il y a un numéro de téléphone. Les intervenantes sociales contactent les 200 anciennes participantesdeux fois par mois. Le suivi se fait après 17 h puisqu’elles sont au travail. Ces femmes ont besoin de support, il n’y a pas de formule magique d’autonomie en six mois deformation. Le contact humain compte beaucoup. Pas de boîte vocale qui risque de décourager la personne qui ose appeler. « C’est un travail qui demande de donner de soi.»

Aujourd’hui, les commandes viennent d’elles-mêmes. Un deuxième contrat avec la Ville de Montréal assure la fabrication de 5 000 tee-shirts. L’entreprised’insertion dispose de son étiquette, qu’elle voudrait plus commerciale, et de sacs en plastique à son nom. Parmi les marchés à développer : des sacsà main en matières recyclées, des sets de draps dans une enveloppe en tissu, le travail de la fourrure naturelle et artificielle (dont la main-d’œuvre devient rare).En négociation avec le ministère de la Santé, une collection de vêtements pour le personnel. Un comptoir de vente permet d’écouler les surplus, lesvêtements et tissus reçus. Un comptoir de l’économie sociale qui deviendra un plateau de travail avec une filière vente et service à la clientèle. Unepremière manière de répondre aux 500 demandes en attente.

1. Site : www.petitesmains.com, courriel : info@petitesmains.com,tél. : 001 (514) 738-8989.

Nathalie Cobbaut

Nathalie Cobbaut

Rédactrice en chef Échos du crédit et de l'endettement

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