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Personnes précaires cherchent occupations temporaires

La Fébul lance son Agence pour l’occupation temporaire

Une Agence pour l’occupation temporaire de logements est en projet à Bruxelles. La Fébul souhaite ainsi soutenir et développer les occupations de logements vides comme réponse à la crise du logement.

La Fédération bruxelloise de l’Union pour le logement (Fébul)1 est en passe d’ouvrir une agence immobilière. Mais pas n’importe laquelle. L’idée est de se spécialiser dans « l’occupation temporaire ». Il s’agirait d’aider des groupes souhaitant investir des appartements ou bâtiments inoccupés de Bruxelles, en les conseillant ou en gérant le lieu aux côtés des occupants.

Pour Chille Deman, conseiller et ancien coordinateur de la Fébul, « L’occupation temporaire est une piste à explorer pour répondre à la crise du logement. Beaucoup de gens cherchent un logement et vivent dans une insalubrité incroyable. En organisant un logement pour un an, deux ans, voire plus, cela peut les aider à se reconstruire, à vivre dans un logement décent et à mettre un peu d’argent de côté pour aller vers un mieux. »

L’Agence pour l’occupation temporaire n’existe pas officiellement. Elle n’a pas de locaux propres ni vraiment de visibilité. Par contre, ses activités ont déjà commencé… dans les locaux de la Fébul. Cette dernière est impliquée dans plusieurs occupations.

Au 123 rue Royale, bien sûr. La Fébul est partenaire de l’initiative depuis ses débuts et siège au Conseil d’administration de l’asbl Woningen 123 logement. La Fébul gère aussi deux projets-pilotes dans des logements sociaux qui étaient inoccupés à Forest et à Evere. « Dans un monde idéal, il ne devrait pas y avoir de vide dans le logement social, justifie Chille Deman. » Le conseiller estime que Bruxelles compte près de 600 logements sociaux inoccupés. Si l’on ajoute les habitations vides du parc privé ou les bâtiments publics plus ou moins à l’abandon, cela fait beaucoup de logements temporaires potentiels.

« Soutenir et développer des dynamiques d’occupation »

Vu le contexte bruxellois où les bâtiments vides sont légion, tout comme la précarité, l’Agence pour l’occupation temporaire prend tout son sens. « C’est pour accompagner, soutenir et développer les dynamiques d’occupation que nous souhaitons la créer », affirme Chille Deman.

Pour ce faire, il faut une équipe. Celle-ci est constituée de trois personnes : un travailleur social et communautaire, un comptable et un coordinateur technique, pour toutes les réparations et opérations de maintenance. Ces trois personnes, avec l’aide du coordinateur et de la secrétaire de la Fébul, interviennent dans les occupations mentionnées ci-dessus et répondent, lorsqu’elles le peuvent, aux nouvelles demandes.

Cet embryon d’agence a deux possibilités. « Soit prendre en gestion et organiser les occupations. Soit nous pouvons jouer le rôle de conseillers pour un groupe qui souhaite occuper », explique Chille Deman. L’aide peut concerner la négociation avec la Société du logement de la Région de Bruxelles-capitale en ce qui concerne l’autorisation d’occuper. Une fois sur place, la Fébul peut aider à l’organisation de la vie collective.
Aujourd’hui, l’Agence a des activités limitées. « Mais notre but est de nous développer », affirme Chille Deman. Donc d’embaucher du personnel. Pour cela, il faut des moyens supplémentaires. Qui pourraient arriver très bientôt, après décision du gouvernement. Peut-être même que l’Agence volera un jour de ses propres ailes et acquerra son autonomie. C’était l’idée initiale, concède Chille Deman. Mais ce n’est pas d’actualité.

 

Aller plus loin

Alter Échos n° 308 du 23.01.2011 : Les logements vides sont habitables… temporairement

 

En savoir plus

Fébul :

  • adresse : rue du progrès, 333 boîte 1 à 1030 Bruxelles
  • tél. : 02 201 03 60
  • site : http://www.febul.be

 

Cédric Vallet

Cédric Vallet

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