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Migrations

Mineurs étrangers non accompagnés : l’urgence humanitaire

Le gouvernement fédéral a ouvert des milliers de places pour accueillir les réfugiés. Une partie de ce public risque de passer à travers les mailles du filet. Il s’agit des plus vulnérables: les mineurs étrangers non-accompagnés.

21-10-2015
© Flickrcc michel discart

Le gouvernement fédéral a ouvert des milliers de places pour accueillir les réfugiés. Une partie de ce public risque de passer à travers les mailles du filet. Il s’agit des plus vulnérables : les mineurs étrangers non accompagnés.

La crise de l’accueil des réfugiés continue. Elle s’apprête à toucher de plein fouet des personnes particulièrement vulnérables : les mineurs étrangers non accompagnés (Mena). Le dernier numéro d’Alter Échos, qui consacre un dossier aux réfugiés, s’est penché sur la question épineuse de l’accueil des Mena.

Aujourd’hui, la Ligue des droits de l’homme et la Plate-forme mineurs en exil tirent la sonnette d’alarme lors d’une conférence de presse. Ces deux organisations mettent en garde contre le « drame humain » qui s’annonce.

Le constat est simple : les Mena qui arrivent chaque jour en Belgique sont de plus en plus nombreux. « 25 à 30 mineurs se présentent quotidiennement au dispatching de Fédasil », peut-on lire dans le communiqué des associations. « Le 9 octobre, il ne restait plus que 16 places spécifiques pour ce public », ajoutent-elles.

À ce rythme, des enfants demandeurs d’asile « dont l’état de vulnérabilité n’a jamais été aussi alarmant », se retrouveront à la rue ou hébergés dans des hôtels, sans véritable accompagnement. Une situation qui n’est pas nouvelle. En 2012, en pleine vague de froid, ces mêmes associations tentaient de réveiller les consciences alors que des dizaines de Mena n’étaient pas hébergés.

Car derrière l’accueil des Mena se cache un enjeu dont la Belgique a le secret : un ping-pong institutionnel. Le Fédéral et la Fédération Wallonie-Bruxelles se renvoyant la balle quant à leurs responsabilités au regard de ces mineurs.

Un protocole de coopération entre le Fédéral et la Communauté devait alors voir le jour. Le flux des Mena s’étant tari, la mise en place de ce protocole est restée en veilleuse.

Aujourd’hui, les deux entités s’apprêtent à se lancer dans une nouvelle partie… de ping-pong, qui pourrait être longue. Et pourtant, l’urgence est réelle : « Pour pouvoir accueillir tous ces enfants, les autorités belges devront créer 120 places supplémentaires chaque mois », affirment les associations.

Cédric Vallet

Cédric Vallet

Journaliste (jeunesse, aide à la jeunesse et migrations)

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