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"Marie Arena : "Il ne faut plus voir les choses en référence avec le Forem d'aujourd'hui.""

12-02-2001 Alter Échos n° 91

Pour ne pas nous contenter des informations ci-dessus, essentiellement tirées des deux notes approuvées par le gouvernement le 25 janvier, nous avons tenu à poser quelquesquestions à la ministre de l’Emploi1, qu’on a surtout jusqu’ici entendue dans la presse quotidienne et hebdomadaire.
Alter Echos – Les propositions que vous avez soumises à l’approbation du gouvernement créent de nouvelles zones d’incertitude pour tous les opérateurs d’insertion et deformation. De fait ils sont tous en rapport avec le Forem. Qu’est-ce qui va changer dans ces rapports ?
Marie Arena – Ce que je veux, c’est donner une légitimité et une utilité du SPE pour tous les acteurs du marché de l’emploi, que ce soient les utilisateurs finaux ou lesopérateurs. Je me situe donc à l’opposé d’un schéma où un organisme public travaille pour lui-même, pour le développement privilégié deson offre de service propre. Ce positionnement de “régisseur-ensemblier” vise autant les opérateurs de placement privé commercial que les autres partenaires. D’où leregroupement des activités payantes dans une entité séparée du SPE. D’où aussi la réorganisation de l’insertion socioprofessionnelle, qui va certesêtre progressive, mais qui commence par ses organes de coordination.
AE – Mettre fin aux situations de “double casquette”, ça se joue autant en termes de missions, etc., que de modalités d’organisation interne.
MA – La création des services à gestion séparée au sein du SPE va dans ce sens. Nous avons trois parties d’un service public (le “régisseur-ensemblier”,l’opérateur public de formation et les services communs) : chacune est dirigée par un responsable qui répond directement de son travail devant l’administrateurdélégué qui est à la tête du SPE. Il ne faut plus voir les choses en référence avec le Forem d’aujourd’hui. Pour la réorganisation de lapréqualification, on est clairement dans la coopération : le SPE met les gens autour de la table, tous, y compris l’opérateur public de formation.
AE – Où est l’administration dans votre schéma ?
MA – Le rôle du gouvernement est de définir les règles, celle du SPE de les appliquer, et celle de l’administration de les contrôler. Elle reste dans sa fonction normative.Par exemple, elle va créer une plate-forme avec les opérateurs de la sphère concurrentielle et le SPE pour définir quelles données vont devoir êtreéchangées pour appliquer le prochain décret sur le placement, processus qu’elle aura ensuite à contrôler. Elle suivra aussi les agréments, que ce soit pourl’insertion ou pour le placement privé, etc.
AE – Pourquoi est-ce la préformation que vous avez pris le parti d’externaliser, et pas un autre pan des activités du Forem ?
MA – Je veux clarifier les rapports avec les opérateurs d’insertion socioprofessionnelle. Donc jouer au maximum la reconnaissance. Or, c’est dans les deux premières étapes duparcours d’insertion qu’est le plus ressentie la concurrence avec le Forem, et c’est aussi là que le Forem manque de stagiaires.
AE – Pour ce qui est de l’orientation, on est plutôt dans la sphère publique que dans celle de la coopération. Vous parlez plutôt de sous-traitance avec lesopérateurs que de partenariat ?
MA – Le SPE va centraliser les fonctions d’orientation, de bilan, d’accompagnement, etc. Il pourra les confier aux maisons de l’emploi et à d’autres opérateurs. Tous auront descritères minimaux de qualité à respecter.
AE – La réelle ampleur de tous ces changements se visibilisera notamment à travers des choix budgétaires. Quand est-ce qu’on commence à en parler ?
MA – Le contrat de gestion contient deux choses : les orientations du SPE de demain et ses objectifs de production. Tout le reste, ce sont des modalités pour lesquelles le Comité degestion doit faire ses propositions au gouvernement. Pour l’année 2001, cette négociation se déroule en avril. Pour la suite, on en reparle en septembre quand le gouvernementaura fixé des objectifs de production pour 2002-2005.
1 Cab. Arena, Christian Laurent : rue Moulin de Meuse 4 à 5000 Namur, tél. : 081 23 47 11, fax : 081 23 47 78.

Thomas Lemaigre

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