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Regard critique · Justice sociale

Maastricht capitale culturelle de l’Europe 2018 ?

Maastricht postule au titre de capitale culturelle de l’Europe en 2018. Habitants et associations culturelles sont invités à définir les grandes orientations de lacandidature.

09-10-2011 Alter Échos n° 324

Maastricht postule au titre de capitale culturelle de l’Europe en 2018. Habitants et associations culturelles sont invités à définir les grandes orientations de lacandidature.

2018, c’est encore loin, et Maastricht ce n’est pas vraiment en Belgique… Détrompez-vous ! Si l’échéance finale est effectivement lointaine, lesprojets foisonnent, bouillonnent et circulent depuis un an déjà. Et surtout, le projet présente deux autres caractéristiques intéressantes : il sedéveloppe dans le cadre d’un partenariat européen – l’Eurégio Meuse-Rhin – et la ville a d’ores et déjà mis en place desmécanismes de participation citoyenne qui créent une dynamique locale intéressante.

Trois régions, un projet

L’Eurégio Meuse-Rhin, c’est d’abord 3,9 millions d’habitants répartis sur un territoire au confluent des langues romane et germanique. C’est aussi unpartenariat entre cinq régions réparties sur trois pays : le Limbourg néerlandais, le Limbourg belge et la communauté germanophone, ainsi que la régiond’Aix-la-Chapelle.

L’idée émane d’un groupe de travail réuni en 1976 et s’est concrétisée un an plus tard. En 1991, l’Euregio s’est doté dustatut juridique de fondation et s’est vu octroyer un budget européen Interreg de 144 millions d’euros pour la période 2007-2013.

Ce projet s’articule selon huit thématiques : développement économique, institution du savoir, Emploi, soins de santé, mobilité etinfrastructures, sécurité, climat/énergie et enfin, culture et tourisme.
C’est dans le cadre de ce dernier thème qu’en 2009, les villes de Maastricht, Heerlen et Sittard aux Pays-Bas, Liège et Hasselt en Belgique et Aix-la-Chapelle en Allemagnese sont jointes aux précédents partenaires pour signer une « déclaration d’ambition » en vue de participer au titre de capitale culturelleeuropéenne en 2018.1

Un directeur artistique belge

La coordination de l’ensemble a été confiée à « Stichting Maastricht culturele hoofdstad 2018 », une fondation dotée d’unbudget de 80 millions d’euros. C’est un Belge qui en assure la direction artistique : Guido Wevers, né à Maasmechelen en 1952, a terminé des études dethéâtre à la Toneelacademie de Maastricht et y a accompli l’essentiel de sa carrière de metteur en scène, même s’il a dirigé un temps leThéâtre de Frise à Leeuwarden ainsi que celui de l’Arsenal à Malines. Il participe également à diverses commissions culturelles, notamment celle duParlement européen.

On parle aussi bien de théâtre que d’arts plastiques, de pratique des langues étrangères que de musique pop, de collections que d’opéra… Mais leplus intéressant dans cette initiative, c’est sans doute l’implication des partenaires de l’Euregio et des habitants dans la définition, la mise en œuvre et lesuivi du projet. Un appel a été lancé sur le site de la ville de Maastricht. Il ne s’agit pas d’un appel à projets, mais d’un appel àidées, la ville demandant aux habitants et aux associations culturelles d’apporter leur contribution à la définition des grandes orientations de la candidature2.Elle a reçu des milliers de réponses.

Maastricht organise chaque dimanche matin un « cultuur frühshoppen », en référence à une ancienne tradition partagée aussi bien parl’Allemagne que par le Limbourg : après la messe, on allait manger une pâtisserie en écoutant de la musique. Maastricht culturele hoofdstad 2018 a remis cette pratiqueau goût du jour, mais ici ce sont les avancées du projet que l’on découvre, que l’on discute. Ce sont les actions des partenaires que l’on met àl’honneur comme, ce 18 septembre, le groupe pop flamand Lili Grace, actuellement en résidence au Muziekodroom de Hasselt3, une pépinière qui aide les jeunesmusiciens à se professionnaliser et qui travaille en partenariat avec deux centres néerlandais. C’est aussi un club de foot et une association d’artistes amateurs qui ontlancé un projet art-sport dans la commune de Sittard. C’est un professeur d’économie de l’université de Maastricht qui vient parler de son inquiétudequant à l’avenir de l’Europe et de son patrimoine culturel. C’est un compositeur contemporain qui effectue un travail à partir des dialectes de la région…

La ville remettra sa candidature officielle à la fin octobre. Qu’elle obtienne le titre ou non en fin de parcours, la dynamique enclenchée laissera des traces : lacertitude qu’ici aussi on peut faire des choses de qualité en partageant avec le voisin au-delà de la frontière, par exemple…

Crédit : Marco Bertolini

1. www.via2018.eu
2. http://muziekodroom.be/#/start/

Marco Bertolini

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