Transkids : grandir libre

par Julie Luong

Transkids : grandir libre

Transkids : grandir libre

Julie Luong
Photos : Illustrations: Ma Tête est pleine d'endroits
11 juillet 2019

On considère aujourd’hui que 1 à 3 % de la population adulte est transgenre. Ces personnes, souvent, le savent depuis leur plus tendre enfance : le genre qui leur a été assigné à la naissance n’est pas le bon. Ils ont un corps de garçon mais se sentent filles, ou inversement. Ils le disent en général et souvent avec force, parfois jusqu’au désespoir, car encore faut-il qu’on les écoute, quand leur existence même dynamite la dichotomie sur laquelle est érigée la société tout entière.

Toute jeune association, Transkids a pour vocation de créer un espace de rencontres pour les enfants transgenres et leurs parents, tout en menant des actions de formation, d’information et de plaidoyer politique.

 

Transkids : grandir libre

Fondée par quelques militants issus de l’association Genres Pluriels, l’asbl Transkids a publié ses statuts le 31 mars 2019, à l’occasion de la Journée internationale de la visibilité transgenre. En gestation depuis deux ans, l’association est la première en Belgique francophone à oeuvrer à la reconnaissance des enfants transgenres et au respect de leurs droits. Véhiculant un message positif et bienveillant, elle entend montrer qu’être transgenre n’a rien d’une destinée tragique pour qui est écouté, soutenu par son entourage et respecté par la société.

« Genres Pluriels a été créé par des adultes trans pour des adultes trans. Les jeunes n’étaient pas leur cible initiale, or il y avait une demande. C’est comme ça qu’est née l’idée de créer Transkids » Daphné Coquelle, Genres Pluriels.

Daphné Coquelle milite depuis sept ans au sein de Genres Pluriels, une association de soutien aux personnes aux genres fluides, trans et intersexes. Au fil du temps, elle s’est aperçue que beaucoup de demandes émanaient en réalité de très jeunes gens, voire de leurs parents, et qu’il n’existait en Belgique francophone aucune structure dédiée, au contraire de la Flandre où intervient l’association T-jong. « Genres Pluriels a été créé par des adultes trans pour des adultes trans. Les jeunes n’étaient pas leur cible initiale, or il y avait une demande. C’est comme ça qu’est née l’idée de créer Transkids », explique-t-elle. Louis, un sympathisant lui aussi venu de Genres Pluriels, a beaucoup milité pour la reconnaissance des personnes trans dans l’enseignement supérieur. Très sensibilisé à la question de la non-discrimination en milieu scolaire, il pointe l’importance d’accompagner spécifiquement les mineurs. « Ils sont dans un moment charnière car ils vivent encore chez leurs parents et en sont encore dépendants, notamment du point de vue de la question de la transition médicale », explique-t-il.

 

Culpabilité parentale

Mais Transkids, c’est aussi et surtout un espace d’accueil pour ces parents qui s’interrogent par rapport au parcours de leur enfant, encore très jeune parfois, et qui tentent de l’accompagner au mieux. Sylvie a connu l’association par l’intermédiaire d’un ami homosexuel, familier du monde associatif, au moment où sa plus jeune fille a commencé à manifester très explicitement son besoin d’être reconnu comme garçon. « Lors de son entrée en secondaire, ma gamine a commencé à aller vraiment mal. Elle voulait s’habiller en garçon, porter les cheveux courts et elle refusait d’aller à la piscine. Elle était fâchée sur tout le monde. J’ai pensé que c’était lié aux difficultés de l’adolescence, mais un jour, elle nous a dit : ‘Papa, maman, il faut que je vous parle : je suis un garçon, je me suis renseignée sur Internet, je suis trans.’ » Trans ? Sylvie ne comprend pas très bien ce que ça signifie. Fille de biologistes, elle est de ceux qui ont lu dans les manuels savants de l’époque que les homosexuels étaient des personnes qui désiraient être de l’autre sexe. « Au départ, j’ai réagi comme ça : comme quelqu’un qui n’y connaît rien, qui mélange tout ! » Pendant quinze jours, cette mère de trois enfants – « une fille, un garçon et un trans », comme elle aime désormais à le dire – se renferme. Le temps du « deuil », un  terme qui fait bondir Louis : « C’est terrible, ce mot de deuil, comme si votre enfant était mort parce qu’il est trans ! » « Non, tempère Sylvie, mais c’est le deuil des projections qu’on avait faites sur lui en tant que fille ou en tant que garçon. » Un sentiment auquel s’ajoute souvent une grande culpabilité, aux ressorts multiples. L’hypothèse pseudo-psychanalytique du transgendérisme – les parents voudraient inconsciemment que leur enfant soit de l’autre sexe – continue par exemple de rôder dans l’esprit de certains, bien que les études actuelles penchent pour une inscription du transgendérisme dans le cerveau dès la vie foetale, ainsi que le montrent par exemple les travaux de la chercheuse Julie Bakker (ULg). « D’un point de vue intellectuel, je trouve très intéressant d’en savoir plus sur les causes, mais pas du point de vue de l’intérêt des individus », commente Louis qui se méfie d’une médicalisation ou d’une psychologisation de la question trans.

« Beaucoup de parents se sentent coupables, pas parce que leur enfant est trans, mais parce que leur enfant ne se sent pas bien et qu’ils se disent que ce n’est pas passager, qu’il va devoir porter ça toute sa vie » Sylvie

La culpabilité des parents, du reste, a surtout partie liée avec la peur de l’avenir. « Beaucoup de parents se sentent coupables, mais pas parce que leur enfant est trans. Ils se sentent coupables parce que leur enfant ne se sent pas bien et qu’ils se disent que ce n’est pas passager, qu’il va devoir porter ça toute sa vie », poursuit Sylvie. « Ça », c’est la difficulté de s’affirmer dans une société qui demeure extrêmement normative sur ces questions, sans même parler des violences physiques dont sont régulièrement victimes les personnes trans. « Après ces quinze jours d’abattement total, j’ai commencé à me renseigner. J’ai laissé ma gamine se choisir un nouveau prénom avec sa grande soeur et, de mon côté, j’ai fait la demande auprès de l’école afin qu’elle puisse être appelée par ce nouveau prénom. Le centre PMS s’est montré super : ils nous ont félicités, moi et son papa, de soutenir notre enfant. Puis Transkids est venu faire une animation en classe, pour expliquer ce que c’était d’être transgenre. Depuis, ça se passe très bien. Mon enfant a beaucoup changé ! Il n’est plus cette boule de stress, il n’a plus cette rage permanente. »

Un vide législatif

L’information au sein des écoles fait partie des missions principales de Transkids. « Il s’agit d’informer sur les personnes transgenres mais pas seulement. La mission parallèle de Transkids, c’est la lutte contre les stéréotypes de genre. S’il n’y avait pas les cases de genres, les transidentités n’existeraient pas », commente Daphné Coquelle. L’association souhaite par ailleurs développer sa mission de formation auprès des professionnels de l’enfance (directions, corps enseignant) mais aussi auprès du corps médical (pédiatres, endocrinologues). Car aujourd’hui beaucoup de parents rapportent des épisodes plus ou moins traumatiques vécus par leur enfant à l’occasion d’un stage, d’un camp scout ou d’une visite médicale. « Au sein de Transkids, les parents s’échangent d’ailleurs les noms des médecins jugés ‘safe’ », explique Daphné Coquelle. Entendez : qui ne porteront pas un regard normalisant et culpabilisateur sur la situation, mais se montreront au contraire capables de l’accompagner. L’association organise également des rencontres mensuelles, où se retrouvent une trentaine de familles, mais aussi des week-ends pour les enfants, encadrés par des personnes trans ou non binaires (qui ne se définissent ni en tant qu’hommes ni en tant que femmes). « Cela permet aux enfants de se retrouver entre eux, mais aussi de se projeter dans l’âge adulte. »

« Le problème est que, d’un point de vue législatif, les enfants trans n’existent pas avant 12 ans » Daphné Coquelle.

Transkids entend par ailleurs mener un plaidoyer politique afin de faire reconnaître les droits des enfants transgenres. Rappelons que la loi Geens, entrée en vigueur le 1er janvier 2018, prévoit que les personnes transgenres peuvent désormais faire modifier l’enregistrement du sexe sur leur carte d’identité sans passer par une intervention chirurgicale, ce qui était jusqu’alors la condition. Quant aux mineurs, leurs droits sont restreints et soumis à des critères d’âge. À partir de 12 ans, un ado peut décider de changer son prénom sur sa carte d’identité avec l’aval de ses parents et d’un psychiatre. À partir de 16 ans, il peut changer le marqueur de genre sur cette même pièce d’identité (M/F) et à ces mêmes conditions. « Le problème est que, d’un point de vue législatif, les enfants trans n’existent pas avant 12 ans, pointe Daphné Coquelle. La conséquence est qu’en milieu scolaire, les moins de 12 ans dépendent du bon vouloir du pouvoir organisateur qui décide s’il accède à la demande de l’enfant d’être genré fille ou garçon. » Au quotidien, la question des toilettes ou des vestiaires confronte sempiternellement les enfants au « outing », qui désigne le fait de dévoiler, intentionnellement ou pas, la transidentité d’une personne contre son gré, en disant par exemple d’une fille trans qu’elle est « en réalité » un garçon. Transkids souhaiterait donc à l’avenir faire signer une charge d’inclusivité aux écoles. « Certaines écoles estiment qu’elles ne sont pas concernées ! s’indigne Louis. Mais c’est tout simplement parce qu’elles ne l’ont pas vu ou n’ont pas voulu le voir. Quand on sait que 1 à 3 % de la population adulte est transgenre, c’est tout simplement impossible. »

« Je n’en peux plus d’être une fille »

Nicolas, 11 ans et demi, a exprimé son identité de genre dès qu’il a commencé à parler. « Il accordait tout au masculin : ‘je suis joli’ ; ‘je suis beau’, raconte sa maman, Caroline. À 4 ans, il a demandé quand son zizi allait pousser. Aujourd’hui encore, il se souvient du choc que cela a été quand il a compris que ça n’allait pas arriver… » Vers 8 ou 9 ans, celui qui s’appelait encore Léa continue de répéter tous les jours qu’il est un garçon. Enfant sociable et joyeux, il sombre à son entrée en cinquième primaire dans un état dépressif inquiétant. « Il pleurait tous les soirs ! Il m’a dit : ‘Moi, je n’en peux plus d’être une fille’. » Sa demande principale est limpide : changer de prénom. « À l’école, ça n’a pas été très compliqué parce qu’au fond, ses copains le considéraient déjà davantage comme un garçon. » À la maison, Caroline a juste réclamé un peu de temps : « Au début, il m’arrivait encore de l’appeler Léa. Dans ces cas-là, il ne me répondait plus. On lui a dit : ‘On respecte ton parcours, mais tu dois nous laisser un peu de temps.’ »

La lucidité et l’authenticité de ces enfants, capables de regarder au fond d’eux-mêmes très tôt, ne peuvent d’ailleurs qu’inspirer.

Caroline prend ensuite rendez-vous avec une psychologue spécialisée dans le genre. « À l’issue de la consultation, elle m’a dit : ‘Votre enfant n’a pas de problème. Il va super bien.’ » C’est elle qui orientera Caroline vers Transkids. « Je dois dire qu’au début, j’avais des réticences par rapport au milieu militant : je ne voudrais surtout pas que la vie de Nicolas devienne un combat. Mais c’est justement ce que j’ai tout de suite aimé chez Transkids : c’est pétillant, léger. » Un positionnement revendiqué par les fondateurs de l’association qui, par exemple, ont fait le choix de ne pas relayer les informations relatives aux agressions subies par des personnes transgenres sur leur page Facebook. « On préfère partager des good vibes, même si en dessous il y a des luttes. C’est de la militance en sous-main », résume Daphné Coquelle.

La lucidité et l’authenticité de ces enfants, capables de regarder au fond d’eux-mêmes très tôt, ne peuvent d’ailleurs qu’inspirer. « Nicolas m’a demandé un jour : ‘Toi, maman, tu t’es déjà posé des questions sur ton genre ?’ Je lui ai répondu que non, jamais. Et là il m’a dit : ‘C’est exactement comme moi. J’ai toujours été sûr à 100 % que j’étais un garçon’ », raconte Caroline. « Beaucoup d’enfants s’identifient à l’autre sexe dès l’âge de 2 ans et demi ou de 3 ans. Mais tout dépend de l’exprimabilité de la chose », rappelle la fondatrice de Transkids. Une exprimabilité qui dépend à la fois des capacités propres de l’enfant, mais aussi de son entourage : pour être vraiment dite, une vérité doit en effet pouvoir être entendue. Le rôle des parents est alors primordial. « Dès qu’on a permis à Nicolas de s’appeler Nicolas, il s’est métamorphosé. Il a commencé à aller très bien, alors qu’il était très très mal », se souvient Caroline.

Liant et communicatif, Nicolas a aussi de la suite dans les idées. Plus tard, il voudrait des enfants, même s’il a toujours dit qu’il désirait que ses enfants « aillent dans le ventre de sa femme ». Il s’imagine en père moderne, qui fera à manger et ira rechercher les petits à l’école. Si son don pour la guitare pouvait l’orienter vers une carrière de musicien, il penche aujourd’hui pour un métier plus rémunérateur « car mes traitements coûteront cher et mes parents ne seraient pas toujours là ». Cet été – le rendez-vous a été pris depuis de très longs mois –, Nicolas a d’ailleurs rendez-vous à l’hôpital universitaire de Gand, spécialisé dans la prise en charge des enfants transgenres et notamment dans les traitements hormonaux qui permettent de retarder la puberté. En mettant la puberté en « pause », ces traitements permettent aux enfants transgenres de ne pas développer de caractères sexuels secondaires (pilosité, mue de la voix, poitrine…), ce qui rendra leur apparence plus conforme à leur genre si leur demande se confirme. Du reste, comme le rappelle Daphné Coquelle, nulle obligation d’avoir le corps « conforme » à son identité de genre : certains ne feront pas ce choix. Pour Cybèle, maman d’un garçon transgenre de 10 ans, il est important de distinguer le corps et le genre. « Moi, j’aimerais qu’il puisse se définir comme un garçon tout en ne se sentant pas gêné d’avoir de la poitrine. Dans certaines tribus d’Amérique latine, on décide du genre de l’enfant selon sa place dans la fratrie. »

Caroline, elle, attend d’en savoir plus pour décider avec son fils Nicolas de la direction à prendre. « Ces traitements bloquent aussi la croissance. Or, pour un garçon, ce n’est pas toujours évident d’être petit. Mais je dois dire qu’aujourd’hui, je redoute le moment où ses règles vont arriver. Aujourd’hui déjà, ça devient difficile pour lui car il voit son corps changer. Il a des hanches, et c’est compliqué de lui trouver des pantalons de garçon. On a aussi acheté des binders sur Internet, des brassières qui permettent de camoufler la poitrine. » À l’aube de l’adolescence, Nicolas aimerait surtout se trouver une amoureuse. Une amie de sa maman lui a appris que, pour draguer les filles, il fallait les écouter et montrer que ce qu’elles disent est passionnant… La technique s’est pour l’heure révélée relativement inefficace avec la fille de ses rêves. « Je croyais que c’était chouette d’être amoureux, mais, en fait, c’est horrible. Je souffre ! », a-t-il dit à sa maman, la main sur le coeur.

Mi-rose mi-bleu

Harry fête ses 9 ans demain. Avec ses leggings étoilés, son pull orné d’un coeur rose vif en fourrure et sa coupe au carré, ce petit blond a fini journée quand nous le retrouvons autour d’une crêpe à une terrasse bruxelloise, avec sa maman Sarah et son petit frère. « Harry a demandé sa première robe à 2 ans et demi. Il a tout de suite adoré le vernis, les écharpes… On a mis ça sur le compte de sa personnalité très créative. » Enfant à haut potentiel, souffrant de dyslexie et sujet à des crises d’angoisse, Harry a commencé à aller très mal au début des primaires. Un soir, il tend à sa maman un dessin. Sur celui-ci, deux Harry : l’un en pantalon, l’autre en jupe. Au-dessus, une spirale gribouillée intitulée  TROU NOIR. Et une flèche qui envoie le Harry en pantalon vers ce néant.

« Harry s’est autodéfini comme ‘non binaire’. Un jour, il m’a dit : ‘C’est comme si on avait pris de la plasticine bleue et de la plasticine rose et qu’on les avait mélangées pour me faire.’ » Sarah

Dans le coin inférieur de la feuille, un coeur divisé en deux parties avec à gauche un pantalon  et à droite une jupe. La détresse est claire : Harry ne supporte plus de ne pas pouvoir s’habiller comme il l’entend et son coeur est autant celui d’une fille que d’un garçon… Sarah entreprend dès lors de potasser la question du genre de A à Z. Elle tente de proposer à Harry des grilles de lecture adaptées, un vocabulaire. Elle lui montre « Gingenre », la figurine qui explique aux enfants les différences entre l’identité de genre, son expression, le sexe biologique et l’attirance. « Harry s’est autodéfini comme ‘non binaire’. Un jour, il m’a dit : ‘C’est comme si on avait pris de la plasticine bleue et de la plasticine rose et qu’on les avait mélangées pour me faire.’ » Harry veut s’habiller en fille, mais il n’a pas demandé pour le moment à changer de prénom. Quand on lui demande s’il est une fille ou un garçon, il répond alternativement par l’un ou l’autre. « Je veux juste qu’on cesse de me poser la question », nous explique-t-il entre deux gorgées de soda.

Sarah le confirme : il faut de la volonté et du courage non seulement pour entendre la parole de son enfant mais aussi pour le soutenir aux yeux de l’entourage. Même dans les milieux progressistes où elle évolue, elle a tout entendu : qu’elle « ne devrait pas le laisser faire », qu’elle « l’encourageait ». « Il suffit de lire les chiffres du suicide chez les personnes transgenres et les études qui montrent l’importance du soutien de l’entourage pour ne plus hésiter et être convaincu qu’il faut se montrer soutenant ! », résume-t-elle. Selon une étude canadienne, 77 % des personnes transgenres ont eu des pensées suicidaires et 43 % ont fait une tentative de suicide ; 36 % avaient moins de 15 ans lors de leur première tentative. Mais le mal-être, montrent d’autres données, n’est pas intrinsèque : il est essentiellement lié au déni qui est opposé par l’entourage, au manque de soutien, à la stigmatisation et à l’absence de modèles d’identification positifs. Le parcours d’Harry le confirme une nouvelle fois : à partir du moment où sa maman Sarah a accepté de l’accompagner dans une première virée shopping au rayon filles, qu’elle a parlé à la direction de son école, qu’elle a informé ses amis, son malaise a décru de manière spectaculaire. Passionné de danse, accro aux déguisements et au maquillage, Harry rêve plus tard de devenir acteur. Des rôles masculins ou féminins ? Les deux, pardi, comme les comédiens de l’Antiquité grecque qui jouaient tous les personnages. Et tant qu’à faire : sans masque.•

* Les prénoms des enfants ont été modifiés.