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Liège : 25 ans de lutte contre les violences conjugales

Après Marie Trintignant, le meurtre récent à Liège d’une jeune femme de 35 ans par son conjoint a remis à la Une de l’actualité les violencesau sein du couple. Le Collectif contre les violences conjugales et l’exclusion1 (anciennement Collectif femmes battues) tient une permanence d’accueil, une ligned’écoute téléphonique, un refuge pour l’hébergement des victimes et un service d’aide à l’emploi. En 2002, 4 999 nuitées de femmes(et 5 759 pour les enfants !) ont été acceptées par le centre liégeois – qui souffle 25 bougies… sans euphorie : en Europe, une femme est tuée chaquesemaine par son conjoint, mais le combat contre la violence conjugale dispose de peu de statistiques et aucune enquête récente n’existe en Belgique. Claire Gavroix, directriceadjointe du Collectif, explique toutefois que « les mentalités ont évolué. Il y a 25 ans, le terme “femmes battues” était un tabou. Aujourd’hui, laviolence conjugale est reconnue comme une réalité sociale grave. Les femmes hésitent encore à porter plainte, nous disposons de peu de chiffres, mais le refuge accueilledes femmes de plus en plus jeunes (parfois moins de 18 ans) : nous concluons qu’elles ont pris conscience du problème et de l’aide potentielle des associations ».

28-07-2005 Alter Échos n° 151

Après Marie Trintignant, le meurtre récent à Liège d’une jeune femme de 35 ans par son conjoint a remis à la Une de l’actualité les violencesau sein du couple. Le Collectif contre les violences conjugales et l’exclusion1 (anciennement Collectif femmes battues) tient une permanence d’accueil, une ligned’écoute téléphonique, un refuge pour l’hébergement des victimes et un service d’aide à l’emploi. En 2002, 4 999 nuitées de femmes(et 5 759 pour les enfants !) ont été acceptées par le centre liégeois – qui souffle 25 bougies… sans euphorie : en Europe, une femme est tuée chaquesemaine par son conjoint, mais le combat contre la violence conjugale dispose de peu de statistiques et aucune enquête récente n’existe en Belgique. Claire Gavroix, directriceadjointe du Collectif, explique toutefois que « les mentalités ont évolué. Il y a 25 ans, le terme “femmes battues” était un tabou. Aujourd’hui, laviolence conjugale est reconnue comme une réalité sociale grave. Les femmes hésitent encore à porter plainte, nous disposons de peu de chiffres, mais le refuge accueilledes femmes de plus en plus jeunes (parfois moins de 18 ans) : nous concluons qu’elles ont pris conscience du problème et de l’aide potentielle des associations ».

« Trop de sel dans les patates »

Le prototype de l’homme violent ? « Il est coincé dans les stéréotypes masculins », répond le Collectif. L’alcool ou le chômage sontparfois des facteurs déclencheurs, mais sans être la cause. Les coups partent sur un simple prétexte – comme trop de sel dans les patates. L’acte violent est une pertede contrôle du partenaire, mais le processus est insidieux, car il s’installe dans une relation amoureuse et il est difficile de repérer les signaux déclencheurs. Laviolence commence par des insultes, des injures, des critiques (“Tu es nulle”), un dénigrement de la personnalité, une culpabilisation, un isolement vis-à-vis desproches et de l’activité professionnelle. Progressivement, la victime perd confiance en soi et ses capacités à réagir, tandis que l’auteur des violencess’assure, parfois non intentionnellement, de la perte d’autonomie de sa conjointe. Et de souligner que « les femmes battues qui poursuivent la liaison ou entament une nouvellerelation violente ne sont pas masochistes : elles ont été déstabilisées psychologiquement et elles n’ont pas eu l’occasion de souffler, de faire une mise aupoint, ni de reprendre confiance en leurs potentialités ».

Sensibilisation

Une étude, réalisée à Huy entre 1993 et 95, atteste que tous les trois jours, un fait de violence à domicile est porté à la connaissance de lapolice : 12 % font l’objet d’un PV et seulement 2,4 % sont transmis au juge d’instruction : « La violence conjugale est mal répertoriée par la police,déplore Claire Gavroix, et les plaintes ont longtemps été classées sans suite – avec simple conseil du Parquet de surveiller la situation. Nous espérons que leschoses vont bouger. À Anvers, une coordination provinciale a permis qu’il n’y ait plus de classement sans suite pour les coups et blessures par le conjoint. Bientôt àLiège ? »

Il existe trois centres d’hébergement d’urgence en Belgique : La Louvière, Bruxelles et Liège. Celui de Liège dispose de 100 lits : il signifie 31 % derefus… pour manque de place. Selon Claire Gavroix, « la solution ne consiste toutefois pas à augmenter le nombre de lits ». Le Collectif espère une sensibilisation etune collaboration du pouvoir politique, des magistrats, des policiers, des médecins… et des travailleurs sociaux « qui n’ont pas une connaissance suffisante dumécanisme pour le détecter, tandis que les médecins se sentent désarmés et ne savent parfois pas que proposer à leur patiente ».

Formations

L’arrondissement liégeois compte 6 912 demandeurs d’emploi inoccupés depuis 5 à 10 ans : 2 628 hommes et 4 284 femmes. Des modules d’orientationprofessionnelle (taux d’insertion de 19/27 en 2001) et informatique (17/28) sont organisés pour les demandeuses d’emploi et des ateliers de réflexion, relaxation et dialogue(16/24) s’adressent spécifiquement aux femmes battues « souvent victimes également de violences sexuelles », selon le Collectif. Après la diffusion du film ElBola au cinéma Le Parc de Droixhe, deux colloques sont prévus, le 6 novembre (« Femmes et nouvelles technologies ») et le 16 février 2004 (« Regardscroisés sur les violences »). Une brochure « Tant qu’il y aura des femmes » recense aussi les activités de l’association. Entre mars et décembre2002, le Collectif a enregistré 1 455 appels téléphoniques à Liège.

1. Permanence les mardi et jeudi de 10 à 17 heures ou sur rendez-vous au 9, rue Sœurs de Hasque à 4000 Liège, tél. : 04 221 60 69, site : www.cvfe.be, courriel :cvfe@cvfe.be. L’adresse du refuge n’est évidemment pas révélée. Pour les urgences, 24h/24 : 04 223 45 67, courriel : refuge@cvfe.be. Organismed’insertion professionnelle Sofft : 23, En Féronstrée à 4000 Liège, tél. : 04 250 96 96, courriel : sofft@cvfe.be.

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