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"Les initiatives de rénovation de la Société wallonne du logement"

07-05-2001 Alter Échos n° 97

La Société wallonne du logement (SWL)1 travaille actuellement à requalifier en profondeur les grands ensembles de logements sociaux. “Pendant longtemps, les opérationsde rénovation ont consisté à sauver les meubles”, explique Jean-Michel Degraeve, directeur du développement à la SWL. “Puis, avec le temps, les problèmes sesont aggravés. Il a donc fallu prendre des mesures plus importantes. Nous avions le choix entre une visée globale radicale, c’est-à-dire ‘on rase tout et on reconstruit’, commeen France ; ou alors un plan global de rénovation auquel on réfléchit tout d’abord, avant de trouver les moyens financiers pour le mettre en œuvre.” C’est la deuxièmesolution qui l’a emporté. “Si aujourd’hui, on détruisait ces ensembles, on ferait la même erreur que ceux qui les ont construits, observe notre interlocuteur. Àl’époque, cela apparaissait comme la solution idéale. Ainsi, à Liège, les tours de Droixhe étaient un lieu recherché.”
Au niveau politique, deux axes ont été privilégiés sur la base du Contrat d’avenir : la rénovation des parcs de logements sociaux existants et larevitalisation des quartiers délaissés. Le ministre wallon du Logement, Michel Daerden, a décidé de débloquer 1,115 milliard de francs par an pour requalifier lesquartiers dégradés. Dans ce cadre, la SWL a fait des propositions de quartiers pour les parcs de logements sociaux, qui ont donc été reprises dans les zones d’initiativesprivilégiées. En tout, 50 quartiers en difficultés ont été retenus (± 20.000 logements sociaux). Parmi ceux-ci, nous en avons sélectionné 20(± 11.000 logements), où des travaux sont programmés. En tout, les besoins sont estimés à quelque 8 milliards. Ces budgets ne concernent que la brique. D’autresbudgets plus spécifiques devraient concerner les projets de cohésion sociale.
“Actuellement, la cohésion sociale est très difficile à établir dans les grands ensembles. De plus, les problèmes sociaux y sont importants (surendettement,chômage, etc.), commente Jean-Michel Degraeve. On a mis ces gens dans des quartiers mal construits, dans de grands ensembles (de 500 à 2.000 logements) construits en série.Aujourd’hui, outre les problèmes techniques, ces sites sont confrontés à des déficits culturel, social, économique, etc. On court le risque d’une explosion sociale.La résolution des problèmes techniques ne suffit donc pas, il faut aussi agir sur les gens, requalifier les quartiers de manière durable et réaliser des travaux visiblespour redonner une nouvelle image au quartier. A côté de cette dynamique, il faut que se crée une richesse collective et culturelle. Il faut que les gens n’aient plus honte devivre là où ils sont. Si on en arrive à cacher le lieu où on vit, où est la dignité ?”
Le projet relatif au site du Quartier des Bruyères à Tubize (“Cages à poules”) s’inscrit dans cette optique qui compte 518 logements. Un montant de plus d’undemi-milliard de francs est prévu pour la requalification de l’ensemble : en moyenne cela représente 1 million par logement. “Dans ce cadre, nous avons lancé un appeleuropéen pour un marché de services pour l’étude et le management du projet et du chantier. Il y a neuf candidats. En plus du chantier, l’architecte devra égalements’occuper, entre autres, du dialogue avec les habitants.”
1. Rue de l’Écluse 21 à 6000 Charleroi, tél. : 071 20 02 11, fax : 071 30 27 75, site : http://www.swl.be

Baudouin Massart

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