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Environnement/territoire

Le réchauffement climatique aggrave la pauvreté

La progression de la pauvreté dans le monde est-elle liée au réchauffement climatique ? C’est ce qu’affirme un rapport de la Banque Mondiale, réalisé en collaboration avec l’Institut de recherches sur l’impact climatique de Potsdam, en Allemagne.

25-11-2014
© Banque Mondiale

Alors qu’un réchauffement de 1,5°C apparaît déjà inéluctable, les risques climatiques vont « considérablement » aggraver la pauvreté sur le globe en asséchant les récoltes agricoles et en menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes. Ce cri d’alarme est issu d’un rapport de la Banque mondiale (BM) publié dimanche 23 novembre. Selon le rapport, l’éradication de l’extrême pauvreté – objectif que la BM s’est fixé à l’horizon 2030 – s’annonce déjà « compliquée » dans un monde à +2°C, mais pourrait s’avérér totalement « hors de portée » en cas de hausse de 4°C du thermomètre mondial. Dans l’hypothèse de ce scénario noir, les événements climatiques « extrêmes » pourraient devenir la « nouvelle norme », affirme l’institution, qui sonne particulièrement l’alarme sur l’Amérique latine, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est.

Sécheresse, canicule, acidification des océans, raréfaction de l’accès à l’eau… « Les conséquences pour le développement seraient graves avec un recul des ressources aquatiques, une montée des eaux, un déclin des récoltes et la vie de millions de personnes mises en danger », explique l’institution, en ajoutant que « les populations les plus pauvres et les plus exclues socialement en seront les premières victimes. » Au risque d’accentuer les vastes mouvements de migration, déjà à l’œuvre, ajoute le document.

Taxe sur la pollution

Parmi les nombreuses conséquences évoquées, le rendement des cultures de soja par exemple, pourrait chuter de 30 à 70 % au Brésil tandis celui du blé risquerait d’être amputé de moitié en Amérique centrale ou en Tunisie, avance l’étude. Afin d’inverser la tendance, la Banque, qui a elle-même été critiquée pour avoir financé des projets basés sur des énergies fossiles, défend depuis plusieurs mois un système de taxe sur la pollution, à l’image de la taxe carbone. Mais si elle appelle à une action « urgente », la Banque estime néanmoins que la marge de manœuvre de la communauté internationale se rétrécit, un an avant la conférence de Paris sur le climat et à quelques jours d’une réunion préparatoire début décembre à Lima (Pérou).

 

En savoir + :

Le rapport « Baissons la chaleur : Face à la nouvelle norme climatique » : http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2014/11/23/climate-report-finds-temperature-rise-locked-in-risks-rising

Le site web du rapport (en anglais) : http://www.worldbank.org/en/topic/climatechange/publication/turn-down-the-heat

Infographie : L’impact du changement climatique en Amérique latine, dans la région MENA et en Asie centrale

© Banque Mondiale
© Banque Mondiale

Rafal Naczyk

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