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L'actualité sociale avec le décodeur

En 2001, 7.700 dossiers “prêts jeunes” ont été approuvés. Le 17 janvier 2002, le gouvernement wallon approuvait, sur proposition du ministre du Logement, MichelDaerden1, un arrêté qui portait la garantie de la Région pour un “prêt jeunes” à 125 % de la valeur vénale de l’habitation, contre 100 % initialement.Aujourd’hui, certains parlementaires s’interrogent sur l’impact budgétaire de cette mesure.
Le 6 mars, dans une question orale adressée au ministre, le député wallon Edmund Stoffels (PS)2 estime opportun d’évaluer cette mesure : “Quel est le montant moyen decrédit pour lequel les demandeurs ont sollicité l’intervention de la Région ? Y a-t-il, par arrondissement ou par canton, une corrélation entre la fréquence desdemandes acceptées et le niveau moyen des revenus par habitant ? En d’autres termes, est-il correct de supposer que le nombre de demandes diminue là où le nombre deménages à revenu moyen est moins important ?” Par ailleurs, il remarque que “la valeur vénale d’un immeuble du même type et du même ordre de grandeur varie selonl’endroit où il se trouve.” Enfin, Edmund Stoffels reconnaît le succès de la mesure qui s’avère utile pour beaucoup de jeunes ne disposant pas des montants suffisants : “Ilest donc correct de porter la garantie de la Région à 125 % pour les prêts accordés, pour autant que la solvabilité des candidats ait étévérifiée.”
Signalons que des remarques similaires avaient déjà été soulevées par la députée Monique Vlaminck (Écolo)3 lors d’une conférence depresse, le 28 janvier dernier. Tout en saluant la mesure prise par Michel Daerden de porter la garantie régionale à 125 %, elle estime qu’il s’agit d’une “arme à double tranchantpour tous ceux qui ne maîtriseraient pas leur budget. En effet, les banques ne proposent pas d’accompagnement social et il y a un risque de surendettement pour certains d’entre eux.”
Par ailleurs, Monique Vlaminck se référait à l’avis de l’Inspection des finances, lequel insiste sur la nécessité d’évaluer le dispositif, notamment entermes d’effet d’aubaine. De plus, au rythme actuel des demandes introduites et acceptées, l’impact budgétaire atteindrait quelque 18,59 millions d’euros (750.000.000 FB) entre 2005 et2009, tandis que les engagements régionaux correspondraient à environ 37,18 millions d’euros (1,5 milliard de francs) par an. Et de rappeler que le budget de la compétenceLogement était de 163,61 millions d’euros (6,6 milliards de francs) en 2000. Enfin, la députée déclarait que son parti voyait “un risque réel d’une emballéebudgétaire au niveau du prêt jeunes” et craignait de voir cette mesure davantage financée, au détriment des autres mesures relatives au logement (logements sociaux,etc.).
Une évaluation est en cours
Michel Daerden, dans sa réponse à Edmund Stoffels, reconnaît que la “formule du prêt jeunes a connu un succès important, lequel (…) risque encore d’êtreamplifié.” Il signale qu’une évaluation a été confiée à la société Comase en janvier 2002 : “Elle porte sur de multiples facettes du prêtjeunes, à savoir, notamment, la problématique des effets directs et indirects, ainsi que l’effet d’aubaine. Les résultats de cette étude sont attendus pour juin ou juillet2002. (…) Nous devons en tirer les enseignements nécessaires.” Le ministre reconnaît en effet qu'”il y a une limite budgétaire au dispositif. Nous devrons appréciersi le mécanisme peut continuer tel qu’il existe aujourd’hui, ou s’il faut le recibler en fonction de revenus ou de critères de localisation. Je ne préjuge bien évidemmentpas des résultats de l’étude. Il me paraît cependant intéressant de développer parallèlement un concept de zone d’intervention prioritaire.”
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Baudouin Massart

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