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Le Crioc s’intéresse à l’argent des jeunes… Dexia aussi

Le site du Crioc1 (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs : www.crioc.be) présente une nouvelle étude intitulée : « Jeunes etargent : recommandations du Crioc aux parents et aux pouvoirs publics ». Elle constitue le résultat de 1035 interviews quantitatives réalisées auprès de jeunes et deparents au printemps 2003.

28-07-2005 Alter Échos n° 149

Le site du Crioc1 (Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs : www.crioc.be) présente une nouvelle étude intitulée : « Jeunes etargent : recommandations du Crioc aux parents et aux pouvoirs publics ». Elle constitue le résultat de 1035 interviews quantitatives réalisées auprès de jeunes et deparents au printemps 2003.

Résultats

Environ 6 jeunes sur 10 reçoivent de l’argent de poche de leurs parents entre 7 à 18 ans. Le montant moyen perçu évolue de 10,50 euros mensuels pour les plus jeunesà 37 euros pour la tranche d’âge supérieure. Bien que l’évolution à la hausse de ces montants soit indéniable – une augmentation de 50 à100 %, selon les tranches d’âge, par rapport à 1993 – la Belgique s’inscrit dans la moyenne européenne en termes de niveau. On signalera par ailleurs que la marged’erreur est de 3 % pour l’ensemble des résultats obtenus, et que, si l’étude donne également les chiffres pour la tranche des 18-24 ans, le Crioc apréféré porter l’essentiel de sa communication et de ses recommandations sur les tranches d’âge inférieures.

Parmi les curiosités, relevons les différences en termes de genre : si, à 11-12 ans les garçons reçoivent en moyenne 10 euros – mensuels – de plusque les filles (29,5 contre 18,4), la tendance s’inverse définitivement à partir de 15 ans.

Parmi les regrets : l’absence de chiffres concernant l’écart-type qui auraient permis de ventiler les moyennes obtenues selon les situations socio-économiques desfamilles.

Conclusions et recommandations

Le Crioc insiste sur le rôle éducatif de l’argent de poche : il s’agit de l’envisager comme un moyen de former les jeunes à la gestion d’un budget plutôt qu’une fin ensoi. Si la famille constitue le terrain privilégié de cet apprentissage financier, le Crioc souhaiterait également voir se renforcer le rôle de l’école en lamatière. Une première approche pourrait avoir lieu dès la fin des primaires : plus de la moitié des enfants y reçoivent déjà de l’argent de poche.Ensuite, vers la deuxième année du secondaire, une nouvelle action pourrait être menée sur la base des expériences bancaires et informatiques de gestion de l’argent ; pourraient également être abordés les aspects plus juridiques des droits et devoirs du jeune consommateur. Une dernière séance d’information sur les dangersdu crédit à la consommation et du surendettement serait salutaire lors de l’arrivée en classes terminales.

Le Crioc souhaiterait également que l’abondante information sur les revenus, bourses et jobs d’étudiant soit complétée par une information sur les critères dechoix de produit, leur mode d’utilisation, la gestion des déchets et les dépôts de plainte.

Lecture clinique et lecture cynique

Les risques d’une enquête de ce type ne sont cependant pas négligeables dans la mesure où elle permet les comparaisons interfamiliales et la culpabilisation des parentsmoins « généreux » que la moyenne. Pour contrer ce danger – particulièrement prégnant dans les couches socio-économiquementdéfavorisées – le Crioc rappelle que l’argent de poche ne constitue ni un salaire, ni un droit acquis, mais bien un outil dans l’apprentissage individuel de la gestiond’un budget.

À cette lecture clinique (ou critique) des données recueillies, l’actualité se charge cependant de fournir le contrepoint cynique avec l’enquête de Dexia,« Les jeunes et l’argent de poche », partiellement consultable sur le site www.dexia.be. Si les chiffres des deux études sont assez proches, les conclusions sont en revanchediamétralement opposées : appel à la responsabilisation d’un côté, à la consommation de l’autre. Le Crioc a d’ailleurs annoncé sonintention de porter plainte contre Dexia dont le site Web destiné aux jeunes (www. axionweb. be) contreviendrait aux « bonnes pratiques du commerce et usages honnêtes ». Encause : le ton agressif et les raisonnements douteux d’un argumentaire destiné aux jeunes pour inciter les parents à « favoriser la croissance de ton argent de poche »L’entrée en matière peut à elle seule instiller quelques doutes quant à la véracité du slogan du site (« Respecting youth ») : « Nousn’aimons pas te voir déambuler en rue sans un euro en poche mais nous préférons aussi nous charger nous-mêmes du nettoyage de nos pare-brise aux feux rouges ».La Ligue des familles a également marqué son désaccord quant au contenu du site. Poussée dans le dos, Dexia a promis de modifier le site et a présenté sesexcuses.

1. Crioc, rue des Chevaliers 18 à 1050 Bruxelles – tél. 02/547 06 11 – courriel : info@crioc.be

Edgar Szoc

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