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Economie

L’allocation universelle fait à nouveau parler d’elle

Pas un jour sans qu’on entende parler de l’allocation universelle ou revenu de base, principe qui vise à octroyer à chaque citoyen, inconditionnellement, un revenu fixe. Ce lundi, Philippe Defeyt, économiste et président du CPAS de Namur (jusqu’à la fin du mois de juin) a fait part d’une proposition concrète pour instaurer une allocation universelle en Belgique.

16-06-2016

Ce lundi, Philippe Defeyt, économiste et président du CPAS de Namur (jusqu’à la fin du mois de juin) a fait part d’une proposition concrète pour instaurer une allocation universelle en Belgique.

Pas un jour sans qu’on entende parler de l’allocation universelle ou revenu de base, principe qui vise à octroyer à chaque citoyen, inconditionnellement, un revenu fixe. Début juin, elle faisait l’objet d’une votation en Suisse, mais le peuple a massivement rejeté cette idée. La Finlande y pense. Les Pays-Bas la testent. En Belgique aussi, l’idée d’un revenu universel est réfléchie, tant à gauche qu’à droite, avec des intentions bien différentes. Le jeune Georges-Louis Bouchez, ancien député wallon (MR), s’est montré favorable à l’idée d’une allocation de 1.000 euros (en remplacement des aides sociales actuelles), Paul Magnette a déclaré qu’elle allait « dans le sens de l’histoire » tandis que Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, s’y oppose considérant qu’elle détracterait la sécurité sociale et menacerait la concertation sociale…

En Belgique, l’un des fers de lance de l’allocation universelle est Philipe Defeyt. Cet économiste et président du CPAS (jusqu’à la fin du mois) défend cette idée depuis 30 ans. Pour lui, il s’agit une mesure solidaire, un rempart contre la pauvreté et l’aliénation au travail. Début de semaine, il donnait des contours plus concrets à ce projet. Sur les ondes de la Première, il a défini l’allocation universelle comme « une véritable assurance sociale pour ceux qui perdent leur emploi, qui passent à la retraite ou tombent malade, couplé avec une solidarité universelle qui se traduit par un revenu de base accordé à chacun de 600 euros par mois pour les adultes et de 300 euros par mois pour les moins de 18 ans. » Pourquoi ce montant ? « C’est le montant qui réussit aujourd’hui le meilleur équilibre possible entre des considérations budgétaires, avec la volonté d’introduire un changement significatif de comportement », c’est-à-dire « permettre à chacun d’affecter 600 euros librement sans contraintes à des activités, des changements qu’il souhaite porter. » 

Nous l’avions interviewé en face-à-face avec le sociologue Mateo Alaluf, pour qui « l’allocation universelle et la sécurité sociale sont deux principes antagonistes aussi bien dans leurs principes – la manière dont on conçoit la solidarité – que dans la pratique pour les groupes bénéficiaires ». Une rencontre en deux temps à relire : ils ont débattu de la réalisation concrète de l’allocation universelle, et se sont aussi affrontés sur le concept.

 

 

Manon Legrand

Manon Legrand

Coordinatrice Alter Échos, journaliste (social, logement, environnement)

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