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La Wallonie compte les sans-abri et sur les Relais sociaux

En Wallonie, on n’a pas encore lancé l’assaut contre le sans-abrisme mais on fourbit les armes. Un plan de lutte contre la pauvreté est en préparation, il va mobiliser l’ensemble du gouvernement wallon. La ministre chargée de l’Emploi et de l’Action sociale, Christie Morreale (PS), est sur le front. 

© Fanny Monier

En Wallonie, on n’a pas encore lancé l’assaut contre le sans-abrisme mais on fourbit les armes. Un plan de lutte contre la pauvreté est en préparation, il va mobiliser l’ensemble du gouvernement wallon. La ministre chargée de l’Emploi et de l’Action sociale, Christie Morreale (PS), est sur le front.

Alter Échos : Plus de 4.000 sans-abri à Bruxelles. Où en est-on dans les grandes villes wallonnes ?

Christie Morreale : Les Relais sociaux ont été chargés de faire un comptage pour objectiver la situation. Je n’ai pas encore de retour. Mais il est certain qu’il y a une paupérisation accrue, et donc plus de sans-abri. Il est tout aussi évident qu’il existe dans chaque ville des situations spécifiques. Bruxelles connaît une situation particulière avec les sans-papiers, ce qui ne semble pas être le cas en Wallonie. À Liège, on me dit que beaucoup de sans-abri sont dans une situation de toxicomanie. Les détracteurs de la salle de consommation à Liège (Tadam) évoquent un déplacement de populations depuis d’autres villes wallonnes vers Liège. J’ai demandé à l’Université de Liège de vérifier.

AÉ : Où en est la Wallonie dans la lutte contre le sans-abrisme ?

CM : La déclaration de politique régionale fait de la lutte contre la pauvreté une priorité. Un plan stratégique est en préparation et c’est le ministre-président qui le chapeaute. Le gouvernement wallon s’est mis en place plus tard qu’à Bruxelles mais, dans les trois semaines qui ont suivi son installation, plutôt que de faire un budget 2020 technique, on a défini des priorités et rencontré les Relais sociaux. Ceux-ci ont insisté sur l’utilité des dispositifs Housing First et des capteurs de logement pour ceux qui « arrivent » dans la rue et pour accompagner les plus fragilisés.

AÉ : Vous misez donc aussi sur le Housing First et son objectif de réinsertion sociale ?

CM : Ces dispositifs sont présents à Liège et à Charleroi et ils fonctionnent bien. Nous allons lancer un appel à projets pour élargir l’expérience et augmenter les moyens mis à disposition. Pour l’Action sociale, j’ai un budget annuel de 200 millions d’euros dont 9 millions concernent les Relais sociaux, qui sont des structures qui permettent à toutes les associations de lutte contre la pauvreté de se réunir, d’apporter leur expérience et d’avoir une stratégie commune sur un territoire donné. La déclaration de politique régionale s’appuie sur ces Relais sociaux comme coordinateurs. C’est auprès d’eux que j’ai lancé l’appel pour les projets Housing First et j’attends des réponses pour les prochaines semaines.

AÉ : Quelles sont, pour vous, les priorités dans la lutte contre le sans-abrisme ?

CM : Les discussions sont en cours avec le ministre-président et le secteur, mais j’attache beaucoup d’importance à la question du genre. Je voudrais étudier aussi les mécanismes qui font que les personnes se retrouvent régulièrement dans les maisons d’accueil. Ces maisons peuvent accueillir pendant neuf mois puis, par dérogation, deux fois trois mois mais il n’y a pas de suivi pour le post-accueil, pour le logement. Les personnes, surtout celles qui ont des problèmes de santé mentale, se retrouvent dans des structures qui ne sont pas adaptées à leur situation. Pas suffisamment dépendantes pour être dans des institutions psychiatriques mais pas suffisamment autonomes pour vivre seules non plus. Il faut donc des formules « entre les deux » et je prévois d’accorder deux millions pour ouvrir des places dans le logement supervisé.

Martine Vandemeulebroucke

Martine Vandemeulebroucke

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