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La pauvreté des Belges : une étude multifactorielle

Douze pour cent, c’est la proportion des Belges confrontés à la pauvreté… C’est en tout cas le résultat d’une étude de l’Universitéd’Anvers, relayé par le quotidien flamand De Morgen dans son édition du 14 août. Soit 6 % en Flandre, 8 % en Wallonie et jusqu’à 28 % de la population àBruxelles, soit près d’un habitant sur trois dans la capitale.

28-08-2007 Alter Échos n° 233

Douze pour cent, c’est la proportion des Belges confrontés à la pauvreté… C’est en tout cas le résultat d’une étude de l’Universitéd’Anvers, relayé par le quotidien flamand De Morgen dans son édition du 14 août. Soit 6 % en Flandre, 8 % en Wallonie et jusqu’à 28 % de la population àBruxelles, soit près d’un habitant sur trois dans la capitale.

Ce qui est nouveau dans l’étude1 menée par Caroline Dewilde et Peter Raeymaeckers de l’OASeS (Onderzoeksgroep Armoede, Sociale Uitsluiting en de Stad) del’Université d’Anvers2, c’est le fait que la pauvreté n’est pas uniquement basée sur un revenu inférieur à la moyenne. Les chercheursse sont en effet basés sur une multitude de critères : “Les gens peuvent disposer à première vue de bons revenus mais néanmoins ne pas être en mesure de payerleur facture d’hôpital ou un ordinateur pour les études de leur enfant”, indique le sociologue Peter Raeymaeckers. “C’est pourquoi nous ne nous sommes pas seulementintéressés aux revenus mais aussi au fait que quelqu’un éprouve des difficultés à payer un prêt hypothécaire, une facture de téléphone,des soins de santé, des amendes ou d’effectuer de nouveaux achats. Si une situation imprévue se présente, toute une série de ménages risque de se retrouverenfoncé dans les difficultés, accumulant tout d’abord les dettes avant de sombrer dans la pauvreté et cela parce qu’ils ne disposent pas d’économies.”

Répartition inégale

6 % en Flandre, 8 % en Wallonie et 28 % à Bruxelles. Selon le professeur anversois, la pauvreté est principalement un problème urbain et même un problème de “grandeville”, voire de capitale, voilà pourquoi Bruxelles arrive en tête. L’étude précise également que 15 % des Belges sont confrontés à un manque demoyens. Chez la moitié d’entre eux, c’est à mettre sur le compte de revenus insuffisants. Mais dans le groupe qui manque de moyens, un quart (26 %) des personnes n’est pas enmesure de faire une petite acquisition, trois-quarts (78 %) doivent se passer de grosses acquisitions et plus d’un tiers (37 %) ne sont pas en mesure d’acheter des outils technologiques comme unordinateur.

« À l’intérieur du groupe de Belges considérés comme pauvres, soit 12 %, nous constatons que pour plus des deux tiers, le manque de moyens est un facteurdéterminant, suivi par le stress financier. Les deux sont évidemment liés »,
déclare Peter Raeymaeckers.

Alors que le manque de moyens concerne principalement le financement des achats, Dewilde et Raymaeckers mesurent le stress financier par la capacité des gens à pouvoirs’acquitter de leurs factures (coût du logement, dépenses régulières et irrégulières).

8 % des Belges peuvent difficilement s’acquitter de leurs factures. À l’intérieur de ce groupe, 40 % n’ont pas réussi à payer dans l’annéeleur loyer ou leur crédit hypothécaire dans les temps. Trois quarts de cette même population n’ont pas toujours pu payer leurs factures d’eau, leurs impôts ouleurs crédits. Et la moitié (46 %) n’a pas pu payer les amendes ou les factures médicales.

Impossible d’économiser

Le manque de moyens et le stress financier ramènent les chercheurs au même problème : un manque de capital de réserve. Les explications possibles sont les coûts dulogement qui augmentent sans cesse et engloutissent une grosse partie du budget, ce qui laisse peu d’espace pour les économies. La surconsommation, c’est-à-dire la tendanceà faire des achats à crédit, peut également jouer un rôle.

Rappelons qu’en février 2007, l’Institut national de statistiques rendait publique une enquête menée au niveau européen sur la pauvreté. Avec 15 % de lapopulation en dessous du seuil de pauvreté, la Belgique se situait juste en deçà de la moyenne européenne.

D’après cette enquête et sur la base d’un critère strict fixé en fonction du revenu moyen et variant de pays en pays, une personne était considéréecomme pauvre en Belgique lorsque son revenu disponible ne dépassait pas 882 euros par mois pour une personne isolée ou 1 726 euros pour une famille de quatre personnes.

Source : De Morgen du 14/08/07.

1. De multi-dimentionele meting van armoede in Europa : een longitudinale en comparatieve analyse. Chercheurs : Caroline Dewilde et Peter Raeymaeckers. Recherche en cours (jusqu’au31/12/2007).
2. OASeS (en français : Unité de Recherche Pauvreté, Exclusion Sociale et la Ville) de l’Université d’Anvers
– site : http://www.ua.ac.be/main.aspx?c=*OASES&n=365

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