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"La CSC Hainaut occidental se penche sur l'intérim"

10-06-2002 Alter Échos n° 122

Porte d’accès au marché du travail pour certains, maintien dans la précarité pour d’autres, l’intérim est une réalité multiformequi n’échappe pas aux clichés ou aux idées reçues.
Des études statistiques ont été réalisées pour tenter de cerner cette évolution, notamment les enquêtes du SERV1, le Conseil économique etsocial flamand, et surtout celle d’Idea Consult2 réalisée pour l’Union Professionnelle des Entreprises d’Intérim. Malgré ces enquêtes, desquestions essentielles pour les travailleurs concernés restent en suspens. La CSC du Hainaut occidental, qui compte de plus en plus d’affiliés intérimaires, adécidé de prendre au sérieux ces interpellations et a construit un sondage avec l’aide de travailleurs concernés. Le questionnaire n’a pas la prétentiond’être une enquête exhaustive sur l’intérim. Il fait le choix de limiter son analyse aux intérimaires des régions d’Ath, Tournai etMouscron-Comines. L’enquête, réalisée en 2001, a été publiée en février dernier3.
Les conclusions
> Dans leur grande majorité, les travailleurs intérimaires espèrent décrocher un emploi à durée indéterminée grâce à leurpassage dans l’entreprise utilisatrice.
> Pour certains, l’emploi intérimaire a servi de rampe de lancement pour la vie professionnelle, et même familiale. Ces travailleurs, qui sont passés à un contratplus stable et dans des délais raisonnables, ont gardé une opinion favorable de l’intérim. Le sondage montre toutefois que ces travailleurs ne constituent pas lamajorité, du moins pour le Hainaut occidental. La situation la plus fréquente reste l’installation dans une incertitude et une instabilité pesantes.
> Certains secteurs disent manquer de main-d’œuvre qualifiée. On voit pourtant que la main-d’œuvre relativement qualifiée engagée dansl’intérim est confinée à des travaux à caractère répétitif. Il semble illusoire de considérer les contrats d’intérim commeun moyen de requalification en tant que tel.
> D’autre part les employeurs comptent sur la flexibilité permise par le travail intérimaire pour s’adapter à l’évolution du marché pour lecourt terme. C’est alors l’intérimaire qui endosse le poids de l’incertitude. À long terme, la banalisation de l’intérim longue durée et del’instabilité qui l’accompagne amènent une baisse de la consommation4 et donc un manque à gagner pour les entreprises.
> L’attente des intérimaires, relayée par la CSC HO, est donc que l’entreprise utilisatrice doit respecter le cadre légal, réduire les nuisances inutilessur le plan des conditions de travail et créer les conditions pour transformer le contrat intérimaire en embauches fixes dans des délais rapides. «Dans un cadre plusgénéral, il serait temps d’étudier les conséquences sociales des incertitudes et instabilités imposées par la flexibilitéprofessionnelle», conclit-elle.
1 «Le travail intérimaire dans l’industrie flamande», SERV 2000.
2 «À la recherche d’un emploi (fixe) par l’intérim», IDEA Consult 1999.
3 CSC Hainaut occidental, av. des États-Unis, 10, bte 1 à 7500 Tournai, tél. : 069 88 07 07, fax : 069 88 07 90, courriel : hainautoccidental@acv-csc.be.
4 Pas de possibilité d’emprunt significatif pour les biens de consommations durables.

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